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Le Comité des affaires étrangères du Sénat en visite en Inde : ce que j’ai appris à Hyderabad

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Publié par la sénatrice Mobina Jaffer le 13 septembre 2010

La mission d’étude du Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international en Inde se poursuit. C’est fascinant tout ce que j’apprends sur ce pays et son incroyable croissance! Si nous, les Canadiens, ne nouons ni ne tissons des liens avec les Indiens, je crois que nous aurons raté une occasion commerciale de taille, au détriment de nos propres intérêts. En fait, je suis profondément convaincue que le Canada a de loin plus besoin de l’Inde que l’inverse.

Après une séance d’information très complète, je me sentais bien préparée pour notre journée à Hyderabad. Celle-ci s’est amorcée par la visite du LV Prasad Eye Institute, ainsi nommé en l’honneur de l’un de ses fondateurs. Peu de temps après notre arrivée à l’Institut, nous avons fait la connaissance de Dr Rao et de sa femme Pratihba, Américains d’ascendance indienne. Ils nous ont énoncé les objectifs de cet institut et expliqué que leur travail profitait tant à la population indienne qu’à tous ceux qui souffraient de problèmes de vision dans d’autres pays en développement. Nous avons ensuite été chaleureusement accueillis par Dr Geeta Vemuganti, qui nous a décrit l’approche « à la carte » des services, à partir des soins courants jusqu’aux soins tertiaires spécialisés. Forts de ces éclaircissements, nous avons ensuite pu visiter les lieux. Le caractère spécial de l’endroit s’impose dès l’abord. En effet, l’Institut, un centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la Santé en prévention de la cécité, offre des services très complets : soins aux patients, amélioration de la vue, réadaptation visuelle ainsi que programmes ruraux de santé visuelle aux effets significatifs. En outre, on y poursuit des recherches de pointe et offre de la formation en ressources humaines à tout le personnel d’ophtalmologie.

En ce qui a trait à la prévention, les techniciens, après une formation d’un an, partent dans les villages pour y aider la population de nombreuses façons : bien sûr, ils fournissent des lunettes à ceux qui en ont besoin, mais, de plus, ils détectent les personnes atteintes d’une maladie de l’œil et leur permettent d’obtenir un traitement à l’Institut. Si je comprends bien, quelque 70 pour cent des soins primaires sont exécutés par ces techniciens. Pendant ma visite de l’Institut, j’ai traversé une salle d’attente pour patients recevant des soins gratuitement. J’ai été frappée du respect avec lequel on les traitait; une fois les questions administratives réglées, on leur accordait les mêmes soins que les patients qui paient. On trouve également des aides qui soutiennent les patients au cours de cette période difficile et exigeante. Voilà un concept que je voudrais approfondir pour en faire profiter nos hôpitaux canadiens.

Je suis également impressionnée par le rôle que jouent les femmes au sein de l’Institut (je pense à Dr Geeta Vemuganti et à ses nombreuses collègues). On perçoit un désir d’autonomisation qui passe par « l’égalité des sexes et la santé de l’œil »; en effet, les femmes comptent pour 49 % des patients externes et 53 % des patients en chirurgie. Il me semble évident que cette mission de santé visuelle s’insère dans un effort important d’autonomisation des femmes.

Comme britanno-colombienne, j’étais très fière d’entendre les éloges dithyrambiques de Dr Rao sur les travaux de Dr Paul Dubord de l’Université de la Colombie-Britannique, à l’Institut. D’autres organismes canadiens travaillent en partenariat ici, notamment l’Agence canadienne de développement international, Eyesight Universal, Eyesight International, l’Université de Waterloo, le Service d'assistance canadienne aux organismes et l’Université d’Ottawa. Dr  Rao prie instamment la population canadienne de convaincre son gouvernement de consacrer une somme d’argent et de cibler une région dans le monde où lutter contre la cécité, à l’instar de l’Australie, qui a attribué 45 millions de dollars à la prévention de la cécité en Asie. Selon Dr  Rao, « la cécité peut devenir chose du passé » et à voir le travail extraordinaire de l’Institut, je n’en doute pas du tout. Nous pouvons tous contribuer d’une quelconque façon à la réalisation de cet espoir.

En quittant le LV Prasad Eye Institute, nous nous sommes rendus aux Infotech Enterprises, société qui travaille avec bon nombre d’entreprises canadiennes, comme Bombardier, et a des bureaux à Montréal. Visant à « créer de l’impact commercial », comme le dit son slogan, cette compagnie d’ingénierie offre des solutions durables aux besoins de la chaîne de valeur d’une entreprise pour accélérer la croissance de cette dernière. Elle travaille notamment de concert avec London Underground et d’autres réseaux pour les aider à accroître efficacité et efficience.

De là, nous nous sommes dirigés vers l’Indian School of Business. Cet établissement occupe le douzième rang à l’échelle internationale comme école d’administration autonome axée sur la recherche. Nous avons eu l’occasion de rencontrer tant des membres du corps professoral que des étudiants. Tous très impressionnants, ces derniers viennent de partout dans le monde pour étudier à cet endroit réputé. À toutes les autres écoles de ce type auxquelles ils auraient pu se joindre, ils ont préféré celle-ci, dans leur désir de travailler et de tisser des réseaux en Inde. À leurs dires, leur pays offre de nombreuses ouvertures aux jeunes, situation dont ils nous ont invités à faire part aux étudiants canadiens!

Enfin, nous sommes allés rencontrer le président de l’Assemblée d’Andra Pradesh ainsi que d’autres hauts fonctionnaires. Ils nous ont décrit les progrès accomplis par l’État et les difficultés auxquelles la population est toujours confrontée. La ministre d’État du Tourisme, de la Culture et des Relations publiques, Mme Geeta Reddy, nous a chaleureusement invités à revenir à Andra Pradesh pour un plus long séjour, pour pouvoir profiter des nombreux sites d’intérêt. Quant à moi, j’espère bien pouvoir y amener ma famille en voyage, un jour!

Parmi les nombreuses réflexions que m’inspire ma journée à Hyderabad, je retiens que chacun peut contribuer à changer les choses, que ce soit en construisant un institut pour lutter contre la cécité,  une entreprise d’ingénierie de classe internationale pour apporter des solutions profitables, ou encore une école d’administration reconnue mondialement pour permettre plus tard à ses diplômés de travailler et de tisser des réseaux d’affaires en Inde.

Oui, chacun peut trouver un geste concret à faire.

 


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