Publié par le sénateur Grant Mitchell le 16 décembre 2010
J’ai déjà mentionné dans un autre blogue qu’en tant que membre du Comité sénatorial de la défense, j’ai passé deux jours dans la garnison de Nameo, tout près d’Edmonton.
J’ai été touché à maintes reprises par ce que j’ai vu et vécu là-bas, mais l’expérience qui m’a le plus marqué est la conversation que j’ai eue avec un soldat atteint de troubles de stress post-traumatique (TSPT) en Afghanistan.
Nous sommes entrés dans une grande pièce où se trouvaient environ 70 soldats blessés en Afghanistan ou au Canada pendant leur entraînement ou dans l’exercice de leurs fonctions militaires.
Au fond de la pièce, dos au mur, se tenait un soldat. Je me suis approché et je lui ai parlé. Il était infirmier et était rentré d’Afghanistan récemment. Je lui ai demandé comment il allait. Il m’a dit que selon « eux », il souffrait de TSPT, mais qu’il n’en était pas convaincu, que selon lui, toutes les personnes reviennent d’Afghanistan changées et qu’il n’était pas différent des autres. Un diagnostic de TSPT signifiait peut-être qu’il devait quitter l’armée, ce qu’il redoutait. Au fil de la conversation, il a admis être en colère parce qu’il avait dû sauver la vie d’ennemis blessés qui venaient juste d’essayer de le tuer, lui et ses camarades. Il a parlé de sa phobie des foules et dit que même pendant que nous parlions au sein de ce groupe de 70 personnes, il craignait sans cesse que quelqu’un sorte des rangs pour l’attaquer, parce que c’est ce qui se passait en Afghanistan. Par cette journée froide d’hiver à Edmonton, il était debout devant moi dans une chambre fraîche et a essuyé la sueur qui coulait sur son front.
Les blessures morales de cet homme sont aussi douloureuses que les blessures physiques des soldats qui reviennent d’Afghanistan. Il a besoin d’aide et la reçoit d’un militaire qui comprend ses souffrances et qui fait un travail remarquable pour lui prodiguer les soins et l’appui dont il a besoin pour reprendre une vie sans douleur, ou pour apprendre à gérer la douleur.
Cette expérience m’a beaucoup touché. Je tiens à le remercier, lui et toutes les personnes qui se sont battus pour nous en Afghanistan.