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Dennis Dawson

L Le sénateur Dennis Dawson a été élu comme l'un des plus jeunes membres du Parlement dans l'histoire du Canada où il a servi ses électeurs de Louis-Hébert pendant trois mandats consécutifs. Il a été nommé au Sénat le 2 août 2005, et représente la province de Québec et la division sénatoriale de Lauzon.

Le refus de comprendre

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Publié par le sénateur Grant Mitchell le 08 décembre 2011

Il y a bien des années, un ancien joueur de football des Eskimos d'Edmonton (comme par hasard, j'écris ces lignes le jour même du match de la Coupe Grey) qui vendait un programme de développement personnel m'a approché. Je ne me souviens pas en quoi consistait son programme, mais je me souviens de la technique qu'il a utilisée pour capter mon intérêt.

Il m'a remis une carte sur laquelle était écrit un texte de quelques lignes. Il m'a demandé de le lire et de compter le nombre de « f ». Après avoir entendu ma réponse, il m'a dit que j'en avais oublié trois ou quatre. Il m'a offert de recommencer, j'ai relu le texte, mais je n'arrivais pas à trouver les « f » manquants. Il m'a alors montré pourquoi je ne les voyais pas. C'étaient les « f » du mot « of », qui revenait trois ou quatre fois dans le texte. Le mot s'écrit « of », mais on le prononce « ov ». Étrangement, la majorité des gens qui font le test omettent ces « f », même après plusieurs tentatives. Ils voient « f », mais ils entendent « v ».

Cette anecdote montre que nous pouvons être tellement limités par les jugements préconçus et les idées reçues, et par notre façon de les traiter, que l'évidence nous échappe.

Je me suis dit récemment que cette observation pourrait expliquer en partie certaines idées fausses qui circulent à propos des changements climatiques et qui freinent la lutte contre ce problème. Faut-il rappeler les risques que l'on court et les occasions que l'on perdra si on ne fait rien?

1. Les opposants à la lutte contre les changements climatiques disent qu'on fera disparaître les emplois créés par les industries des combustibles fossiles. Mais comment les investissements dans les énergies de remplacement pourraient-ils faire disparaître ces emplois? Comment, au juste? Si la demande d'énergie projetée de l'Inde et de la Chine, pour ne prendre que cet exemple, s'approche seulement de la réalité, nous aurons besoin de toutes les sources disponibles, et le Canada pourra certainement vendre tout le pétrole qu'il sera capable de produire. Pourquoi donc ne pas profiter des marchés nouveaux et émergents pour diversifier notre économie? Est-ce qu'on s'empêcherait de fabriquer des BlackBerry parce que ce n'est pas du pétrole? Serait-ce que le gouvernement ne peut tout simplement pas imaginer une économie qui produit quoi que ce soit en plus du pétrole?

2. Selon une idée reçue très répandue (ou devrais-je dire une idée « politiquement correcte »), le gouvernement ne devrait pas investir dans les énergies de remplacement parce que cela ferait augmenter les impôts. On entend aussi dire que l'intervention étatique est inacceptable et que les carburants de remplacement ne sont pas viables commercialement.

Et pourtant, si les sables bitumineux ont pris leur essor dans les années 1970, c'est parce que le gouvernement est intervenu directement en entrant dans le capital de Syncrude et qu'il a, dans les années 1990, accordé des avantages fiscaux particuliers à l'industrie. Celle-ci a aussi profité des fonds considérables que le gouvernement a consacrés au développement de la technologie.

Je me souviens d'avoir visité un champ de sables bitumineux vers 1990. On m'avait alors dit que la production d'un baril de pétrole provenant des sables bitumineux coûtait 25 $. À l'époque, le baril se vendait 10 $. L'industrie était prête à perdre 15 $ le baril parce que quelqu'un avait prévu que, grâce aux progrès technologiques, aux économies d'échelle et à la hausse des prix, les sables bitumineux deviendraient un jour le moteur de notre économie.

Pourquoi le développement des carburants de remplacement et les initiatives de conservation sérieuses ne bénéficient-ils pas d'autant de patience, d'engagement gouvernemental ainsi que d'esprit de leadership et de vision?

3. C'est immanquable : chaque fois qu'on parle de ce dossier, les défenseurs des grandes sociétés pétrolières ressortent l'argument de l'emploi. Mais qu'en est-il des emplois qui disparaîtront – ou qui sont déjà disparus – en raison des changements climatiques? Pourquoi ne pas protéger à la fois les emplois du secteur de l'énergie et ceux des industries touchées par les changements climatiques, comme la foresterie, l'agriculture et les pêches?

4. L'économiste Jeffrey Rubin a démontré que c'est la hausse rapide du prix du baril, qui a atteint les 150 $, qui a vraiment précipité la crise de 2008. Quand on le place dans le contexte du pic pétrolier, cet argument est plein de bon sens. Comment l'économie, mondiale ou autre, peut-elle supporter des coûts énergétiques de ce niveau? Pour que notre économie reste concurrentielle, il faut limiter les prix, cela va de soi. Pourtant, le gouvernement actuel refuse de comprendre que les carburants de remplacement et les initiatives de conservation stimuleraient notre compétitivité et réduiraient la demande en combustibles fossiles, ce qui ferait baisser les prix. Finira-t-on par comprendre que le système mondial actuel de production d'énergie est difficilement viable lorsqu'on considère le coût des facteurs de production?

5. De son financement visant à stimuler l'économie, le gouvernement n'a presque rien donné aux projets de lutte contre les changements climatiques. Pourquoi voit-on la construction d'un pont comme un projet stimulant, et pas le développement de stations de ravitaillement en gaz naturel liquéfié pour le transport des marchandises?

6. Les conservateurs disent implicitement (et parfois explicitement) que, compte tenu de l'essor économique de la Chine et de l'Inde, il est inutile que le Canada essaie de contrer les changements climatiques, et qu'il est même impossible de susciter un changement de comportement dans l'espoir de régler ou de réduire le problème. Quelle attitude défaitiste! Le Canada a très souvent joué un rôle de premier plan sur la scène internationale. Notre victoire à Vimy et nos efforts qui ont mené au développement du maintien de la paix, dans les années 1950, et à la création du G20, par exemple, montrent que nous pouvons être des chefs de file. Pourquoi ne pas faire de même dans le dossier des changements climatiques? Voulons-nous vraiment dire aux générations futures que « nous n'avons pas corrigé le problème parce que cela semblait trop dur »? Depuis quand disons-nous à nos enfants que ce n'est pas grave d'abandonner avant d'avoir essayé? Est-ce vraiment une valeur à leur inculquer?

Il n'est pas facile de répondre à ces questions, mais il y a sans doute de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi certaines vérités ont du mal à éclater au grand jour.

1. Tout changement est vu comme une menace à l'ordre des choses. Dans ce cas-ci, la menace est perçue comme telle par certains des intérêts économiques les plus puissants de notre société.

2. Tout changement est accompagné d'un risque pour le monde des affaires.

J'aimerais pouvoir dire pourquoi, malgré toutes les preuves qui existent, le gouvernement actuel refuse de comprendre et se cantonne dans ses vieux modes de pensée, qui datent d'un autre temps et qui présentent de sérieux dangers. Il devrait plutôt guider le Canada vers un avenir rempli de possibilités, de perspectives d'emploi, de bienfaits pour la santé et d'autres avantages.

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