Publié par la sénatrice Jane Cordy le 15 février 2012
En 2006, l’ancien ministre de la Santé, Tony Clement, a mis sur pied un groupe d’étude sur les graisses trans. Le groupe d’étude a recommandé que la loi limite la teneur en gras trans à deux pour cent de la teneur totale en gras dans la margarine et à cinq pour cent dans tous les autres aliments au Canada. Le ministre avait donné à l’industrie deux ans pour réduire volontairement les niveaux de gras trans dans ses produits.
Les gras trans, qui rehaussent la saveur des aliments et qui prolongent leur durée de conservation, ne constituent un ingrédient nécessaire dans aucun aliment. De nombreux gouvernements, partout dans le monde, ont réglementé les niveaux de gras trans et, dans nombre de cas, les ont complètement interdits dans les restaurants.
Des études ont révélé que les gras trans jouent un rôle considérable dans les maladies du cœur et, selon la Fondation des maladies du cœur du Canada, qu’ils sont la cause de 3 000 à 5 000 décès prématurés chaque année au Canada.
Quatre années se sont écoulées depuis les recommandations du Groupe d’étude sur les graisses trans et l’industrie n’a toujours pas réduit volontairement les niveaux de gras trans afin d’atteindre les objectifs fédéraux et ce gouvernement n’a toujours pas présenté les règlements promis. Pourquoi? Il s’est avéré qu’en 2009, le ministre de la Santé Aglukkaq a discrètement supprimé le plan qui aurait réglementé les niveaux de gras trans dans les aliments au Canada.
Ce scénario se répète beaucoup trop fréquemment avec ce gouvernement : un ministère met sur pied un groupe de travail, comme celui sur les gras trans ou celui sur le sodium; des fonctionnaires consacrent de précieuses ressources, en temps et en argent, sur une question donnée, puis produisent des notes de synthèse à l’intention du ministre pour lui expliquer pourquoi il faut agir. Puis, à la dernière minute, après tous ces efforts, le ministre cède aux pressions de l’industrie et rejette les données et les conseils des experts.
Il est temps que ce gouvernement se rende compte que les petites économies que réalise l’industrie se font au détriment de la santé des Canadiens. Il est temps que la santé des Canadiens devienne une priorité pour ce gouvernement. Trop souvent, ce gouvernement ne tient aucun compte de la santé des Canadiens et des recommandations de Santé Canada, pour favoriser les grandes entreprises.