Publié par le sénateur Grant Mitchell le 17 mai 2012
Je ne sais pas si les conservateurs s’en rendent compte, mais c’est la peur d’un déversement de pétrole qui constitue l’un des plus gros obstacles au projet de pipeline Northern Gateway. On pourrait donc s’attendre à ce que les conservateurs veuillent démontrer à la population qu’ils prennent cette préoccupation au sérieux. Que non! Dans une décision défiant toute logique, ils ont plutôt décidé de fermer les bureaux du Programme des urgences environnementales de Vancouver et presque tous les autres bureaux du Canada et de les fusionner en deux bureaux, tous les deux au Québec.
Le Programme des urgences environnementales (PUE) est chargé de diriger et de coordonner les interventions dans les grandes urgences environnementales. Par exemple, si le déversement de pétrole du golfe était survenu au Canada, c’est le PUE qui en aurait chapeauté les opérations. Si un navire déverse du pétrole au large de Kitimat, il faudrait que le PUE puisse diriger les opérations, mais les responsables seront au Québec, à des milliers de kilomètres de là.
Personne n’est assez fou pour croire que le gouvernement prend ses préoccupations au sérieux quand il décide de déplacer à des milliers de kilomètres les intervenants qui devraient s’occuper des déversements. Ce n’est pas de cette façon que le gouvernement convaincra les opposants d’accepter le projet de pipeline. Je dirais plutôt qu’il leur fait un pied de nez. Peut-être que les conservateurs savent qu’ils peuvent le faire en toute impunité parce qu’ils sont en train de modifier le processus d’évaluation environnementale de manière à pouvoir forcer les décisions sans tenir compte de ce que dit ou pense la population.