Restez en contact

facebook Forum des idées youtube flickr

Rencontrez

Paul Massicotte

L Le sénateur Paul Massicotte a été nommé au Sénat le 26 juin 2003 par le Premier ministre Jean Chrétien. Il représente la province de Québec et la Division sénatoriale de De Lanaudière.

Une idéologie hypocrite

Plus sur...

Partager

Commentaires

Lisez les commentaires sur cette page ou ajoutez-en un.
Publié par le sénateur Grant Mitchell le 07 juin 2012

J’ai été frappé par le manque flagrant de cohérence des conservateurs qui, d’un côté, veulent à tout prix faire l’acquisition de F-35, des avions utiles pour les pays belliqueux, mais qui, de l’autre, ne prennent aucune action concrète pour freiner les changements climatiques.

Les deux paramètres sur lesquels semblent se fonder les conservateurs pour justifier l’achat de F-35, sont les menaces à la sécurité et les retombées économiques. Il me semble qu’ils devraient, au moins, se montrer aussi préoccupés par les changements climatiques :

1. Pour justifier l’acquisition des F-35, les conservateurs se fondent sur les menaces à la sécurité. Ils invoquent, selon leur convenance, le terrorisme, les bombardiers russes, la guerre au tiers monde, etc., pour justifier l’achat des aéronefs.

Bien qu’on ne puisse manifestement pas faire fi des menaces militaires auxquelles nous sommes confrontés, il importe de souligner que les F-35 ne feront pas grand-chose pour empêcher un kamikaze de déclencher sa bombe au cœur d’une ville canadienne. De plus, les bombardiers russes que les conservateurs évoquent, de temps à autre, ont été construits dans les 1950 et ils sont munis d’hélices, alors que les avions de combat à réaction ne peuvent guèree voler assez lentement pour se maintenir à leur niveau sans tomber en panne. Et pourquoi cette soudaine méfiance envers les Russes?Nous jouons au hockey avec eux après tout.

Cela ne signifie en rien que nous ne serons plus jamais confrontés à un conflit comme ceux qui sévissent en Libye ou en Afghanistan (j’espère que ce ne sera jamais le cas). Dans des cas comme ceux-là, nous avons le devoir de jouer notre rôle du citoyen du monde et d’aider nos alliés. Nous devons être bien équipés pour cela. D’une certaine manière, nous avons l’obligation morale d’aider nos alliés et nous avons avantage, sur le plan du prestige et de l’envergure internationale, à être un partenaire fiable.

Par conséquent, pourquoi ne pas appliquer ce genre d’analyse aux mesures visant à freiner les changements climatiques. Si l’on en croit les scientifiques, et les conservateurs affirment que c’est leur cas, les changements climatiques constituent une menace pour r les économies, les emplois, la qualité de vie et même la paix et l’ordre mondial. Bref, ils constituent une menace pour la vie humaine et on doit donc en mesurer l’ampleur.

Déjà, au Canada, nous constatons les impacts économiques que les changements climatiques ont sur les pêches des côtes est et ouest, sur les ressources forestières et même sur l’agriculture, tous des secteurs aux prises avec des changements extrêmes de température, des inondations et des sécheresses. Quels sont les coûts liés à la destruction de l’infrastructure du Nord causée par le dégel du pergélisol? Combien d’emplois ont déjà été perdus au Canada? Les changements climatiques précipiteront les guerres, ce qu’ils font sans doute déjà à l’heure actuelle.

J’estime qu’en fait de risque, d’intensité et de conséquences, les menaces entraînées par les changements climatiques sont au moins aussi importantes que les menaces militaires auxquelles le Canada et le monde sont confrontés. Par conséquent, comment peut-on justifier des dépenses de plus de 25 milliards de dollars pour des avions à réaction sans sourciller, sans analyse approfondie et sans appel d’offres ouvert, et ne rien consacrer à des stratégies pour freiner les changements climatiques.

Les risques entraînés par les changements climatiques sont infinis. Je dis souvent à ceux qui conviennent que le climat change, mais pas que nous en sommes la cause, qu’ils devraient peut-être avoir peur, à moins qu’ils pensent que le réchauffement de la planète s’arrêtera miraculeusement à une température confortable et vivable. Selon moi, nous devrions tous prier pour être la cause des changements climatiques, parce que si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons rien y faire.

2. Pour répondre à ma comparaison des menaces, les conservateurs affirmeraient sans doute que les mesures adoptées pour freiner les changements climatiques causeront un tort énorme à l’économie. Sur quelle logique se fondent-ils pour affirmer que les dépenses liées aux changements climatiques nuiront à l’économie, tandis que celles liées à l’achat d’avions à réaction extrêmement chers ne le feront pas?

Pour faire l’acquisition des F-35, il faudra surtout dépenser à l’extérieur du Canada, tandis que dans le cas des changements climatiques, on gardera l’argent au pays. Les plans d’action et les mesures de soutien en matière de changements climatiques comprendraient des programmes pour favoriser la production décentralisée d’énergie par district, ce qui viendrait en aide aux exploitants agricoles et aux communautés rurales. Les mesures de conservation auraient pour résultat de réduire le coût des intrants dans notre économie et, par le fait même, de répondre à un des grands enjeux de l’économie canadienne, soit la productivité. Une taxe sur le carbone favoriserait l’innovation et la créativité, et apporterait une certaine stabilité au secteur industriel, qui ne cesse de la demander.

En outre, si le niveau des menaces est proportionnel et si les retombées économiques sont plus prometteuses en adoptant des mesures visant à freiner les changements climatiques, pourquoi le gouvernement s’entête-t-il à investir de façon obsessive dans un domaine et pas du tout dans l’autre. C’est une idéologie hypocrite.


Textes récents

Les Autochtones du Canada: la terminologie

24 mars, 2014 | Par le sénateur Charlie Watt | Les différents termes utilisés pour désigner les Autochtones du Canada peuvent porter à confusion chez certains.

La souveraineté de l'Arctique : Partie quatre

7 mars, 2014 | Par le sénateur Charlie Watt | Le Dr Dalee Sambo Dorough, membre experte et vice-présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, partage mon opinion et estime « qu’aucun État ne devrait pouvoir se servir du régime de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et de dispositions des traités pour réclamer des portions du territoire de l’océan Arctique et du fond marin qu’occupent les Inuits et auquel ils ont droit, sauf s’ils sont consultés et s’ils y consentent ».

30e anniversaire

3 mars, 2014 | Par le sénateur Charlie Watt | Je viens de célébrer un anniversaire au Sénat et j’aimerais remercier mes collègues pour leurs aimables paroles.

La souveraineté dans l'Arctique : Partie trois

28 févr., 2014 | Par le sénateur Charlie Watt | L’an dernier, le Dr Claudio Aporta de l’Université de Dalhousie a rédigé un rapport intitulé Inuit Trails and Arctic Occupancy. Son travail est unique. En effet, il est le premier à compiler et à analyser clairement les cartes historiques de l’occupation par les Inuits de l’Arctique. Le Dr Aporta s’est servi de récits écrits, souvent basés sur d’autres documents historiques, et sur l’histoire orale pour écrire son rapport.

La souveraineté dans l’Arctique : Partie deux

21 févr., 2014 | Par le sénateur Charlie Watt | À l’automne 2012, le caucus libéral du Sénat a chargé Hutchins Legal Inc. de produire un rapport, lequel s’intitule Les Inuits : Partenaires de traités du Canada ou agents libres? Argument en faveur d’une approche concertée entre les Inuits et le Canada en vue de régler les conflits de souveraineté dans l’Arctique.
« 1 2 3 4 5  ... »