Publié par la sénatrice Lorna Milne (retraité) le 25 novembre 2008
Je reviens d’Östersund, en Suède, où je dirigeais la délégation canadienne à la réunion des Parlementaires de la région arctique. Nous avons discuté des sujets suivants:
- Le développement démographique dans la région arctique : comment les pressions croissantes causées par l’exploitation minière et l’industrialisation alliées à l’arrivée de gens provenant du Sud touchent les habitants dont les ancêtres se sont installés dans la région il y a des siècles. Les pays nordiques s’inquiètent particulièrement de la survie des Lapons.
- L’initiative de la Dimension septentrionale : mise en place l’an dernier seulement, elle favorise la coopération entre l’Islande, l’Union européenne, la Norvège et la Russie et a comme observateurs les États-Unis et le Canada. Ce groupe est si nouveau que je ne sais pas encore comment le Canada participera à la prise de décisions, ou même si on nous permettra d’y participer. Il semble que des questions vitales à l’avenir du Canada sont de plus en plus réglées en Europe sans que nous puissions intervenir.
- Les changements climatiques dans la région d’Östersund : ils ont fait l’objet d’un exposé, dans lequel on utilisait une carte du Nord où apparemment aucun climat n’existe au-delà de la frontière septentrionale des États-Unis!
- Un exposé sur les espèces en voie de disparition dans lequel on justifiait la chasse aux phoques en Alaska, en Norvège et au Groenland par le fait que les phoques ne sont pas en voie de disparaître. Si je n’avais pas été là, ils auraient passé sous silence la plus grande chasse au phoque au monde, qui se tient chaque printemps dans le golfe du Saint-Laurent, au large de la côte nord-est de Terre-Neuve. Cet événement est ciblé par des groupes opposés à la chasse au phoque qui engrangent des millions de dollars de bénéfices de plus que les chasseurs, et ce, au détriment de ces derniers. À cette occasion, plusieurs ONG qui ne rendent aucun compte au public mènent une campagne de financement très lucrative.
- Je m’inquiète grandement que la Russie insiste pour discuter des frontières internationales, ce qui semble être leur façon détournée de revendiquer des zones septentrionales du plateau continental canadien ainsi que le passage du Nord-Ouest.
Je trouve stupéfiant à quel point on ne fait pas de cas du Canada dans presque toutes les tribunes internationales auxquelles j’assiste en votre nom. On continuera à nous ignorer à moins d’être toujours présents et d’intervenir lorsqu’on discute des questions qui nous touchent. C’est d’ailleurs, ce même groupe qui a fait pression pour obtenir l’Année polaire internationale, durant laquelle les scientifiques des quatre coins du monde étudient maintenant l’Arctique et qui nous aidera à comprendre les conséquences des changements climatiques, notamment l’accès aux ressources, la fonte du pergélisol et l’ouverture du passage du Nord-Ouest. Les résultats qu’ils obtiendront nous donneront des données de base afin d’évaluer les changements climatiques et de commencer à comprendre leurs conséquences futures pour nous tous.
J’ai honte de dire que notre gouvernement conservateur nouvellement élu n’a pas daigné envoyer un seul délégué à cette importante tribune. Seuls les libéraux étaient présents.