Publié par le sénateur James Cowan le 14 janvier 2009
Nous avons tous hâte que la législature reprenne à la fin du mois.
En décembre, la gouverneure générale a accédé à la demande du premier ministre de proroger la session de manière à éviter au gouvernement une défaite quasi certaine au vote sur une motion de défiance à l'endroit du gouvernement. Le risque d’une coalition entre les Libéraux et les Néo-démocrates a forcé M. Harper à renoncer à certaines des pires parties de l’énoncé économique de son gouvernement.
Il est à espérer que le premier ministre aura profité de ce répit pour écouter les Canadiens et qu’il présentera au Parlement un budget qui réponde à leurs besoins en cette période de tourmente économique hors du commun.
Ce n'est pas le temps de recourir à la stratégie de la corde raide ni de se livrer à des manœuvres partisanes. Les Canadiens attendent de leurs parlementaires qu’ils placent l’intérêt national au-dessus de leurs intérêts partisans.
L’heure est mal choisie pour donner dans le dogmatisme buté et la provocation fantasque. La nation attend du premier ministre qu’il s’élève au-dessus de sa charge de chef de parti et qu’il devienne le guide de tous les Canadiens, quelles que soient leur orientation politique et la partie du pays où ils vivent.
En déclenchant inutilement des élections au mépris de sa propre loi sur les élections fédérales à date fixe, en minimisant la gravité de la situation économique de la nation pendant la campagne électorale et en évitant le vote de confiance qu’il avait promis de tenir le 29 novembre en persuadant la gouverneure générale de proroger la législature, le premier ministre a perdu beaucoup de sa crédibilité et a violé la confiance qu’un premier ministre doit cultiver entre lui et l’électorat.
Espérons qu’il aura changé lorsqu’il reviendra au Parlement et qu'il sera prêt à faire ce qu'il faudra pour que la législature fonctionne, c'est-à-dire travailler avec tous les parlementaires – tant à la Chambre qu’au Sénat – pour atténuer les effets de la récession sur tous les Canadiens et permettre à notre magnifique pays de connaître de nouveau une croissance positive et de retrouver la prospérité le plus rapidement possible.
Notre nouveau chef, Michael Ignatieff, a dit sans ambages que les Libéraux appuieront le prochain budget s’il respecte les trois critères suivants :
- s’il vient en aide aux Canadiens les plus vulnérables;
- s’il permet de dépenser les fonds destinés aux travaux d’infrastructure rapidement et dans les domaines stratégiques; et
- si ces dépenses nous permettent de sortir de la récession avec une main-d’œuvre plus compétitive et hautement spécialisée.
Il incombe maintenant au premier ministre de livrer la marchandise!