Publié par le sénateur Grant Mitchell le 25 mars 2009
Le Comité sénatorial des finances nationales s'est réuni mardi dans le cadre de l'examen régulier du projet de loi budgétaire annuel, c'est-à-dire le projet de loi qui autorise les fonds pour les dépenses gouvernementales de la prochaine année. Le Comité doit examiner tous les projets de loi budgétaires.
Nous avons reçu des représentants de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Nous leur avons demandé quelles seraient les répercussions de la crise du crédit et de la crise économique sur leur portefeuille d'hypothèques. Selon eux, sur les 334 milliards de dollars qu'ils ont assurés, seul un très faible pourcentage des prêts présente des risques et ils ne s'inquiètent pas outre mesure pour leur portefeuille. La SCHL a acheté pour 53 milliards de dollars d'hypothèques auprès des banques pour qu’elles aient suffisamment d'argent comptant pour fonctionner. Il nous a semblé surprenant, pour ne pas dire inquiétant, de constater qu'ils ne faisaient pas grand cas de la crise économique.
Nous avons ensuite rencontré des représentants de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Le principal représentant n'a pas fait la moindre allusion à la listériose dans ses remarques d'introduction. Pourquoi pas ? Il s'agit pourtant du plus gros problème auquel l'Agence a été confrontée depuis l'encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle), puisque 21 personnes sont mortes de la listériose alors que personne n'a succombé à la maladie de la vache folle.
J'ai voulu savoir comment il se faisait qu’une usine de transformation comme Drake Meat Processors en Saskatchewan pouvait respecter les normes provinciales d'inspection mais devait quand même se conformer à d’autres normes fédérales pour avoir le droit d’exporter ses délicieuses saucisses vers d'autres provinces et sur les marchés internationaux. Cela semble faire beaucoup de dédoublement et de paperasse administrative. Je me demande si les gens de la Saskatchewan tombent plus souvent malades aujourd'hui que si leurs aliments, comme les saucisses, étaient réglementés par le fédéral. J'en doute. Pourquoi personne ne peut éliminer ce dédoublement ? Je n'ai pas vraiment obtenu de réponse à cette question. Il faudrait que le fédéral et les provinces consentent à desserrer un peu de leur emprise pour qu'on puisse éliminer les barrières au commerce dans notre pays.
Si nous voulons conserver un seul jeu de normes pour l'inspection des aliments, il vaudrait sans doute mieux choisir les plus rigoureuses. Il s'agit apparemment des normes fédérales, mais les entreprises doivent dépenser beaucoup d'argent pour arriver à les respecter. Peut-être qu'on pourrait élaborer un programme fédéral pour aider les petites usines à rendre leurs installations conformes? Elles pourraient ensuite faire de meilleures affaires en ayant accès aux marchés nationaux et internationaux.