Publié par le sénateur Grant Mitchell le 30 mars 2009
La sénatrice Mobina Jaffer me fait face maintenant que mon siège a été déplacé du côté libéral de la salle du Sénat.
La semaine dernière, elle a posé une série de questions fort intéressantes sur l’affaire « Khadr » durant la période des questions au Sénat. Les grandes lignes de ses questions portaient sur la raison pour laquelle le Canada est le seul pays occidental à ne pas avoir encore rapatrié ses ressortissants détenus dans la sinistre prison de Guantanamo. Compte tenu, notamment, que le président Obama a décidé de fermer celle-ci, cette décision rend le retour au pays d’Omar Khadr beaucoup plus impératif. La Leader du gouvernement au Sénat a répondu à cette question en disant qu’Omar Khadr sera jugé de façon appropriée par le système judiciaire américain.
Le sénateur Goldstein a ensuite posé ce que nous appelons une question supplémentaire. Il a demandé si la réponse de la Leader du gouvernement au Sénat voulait dire qu’elle n’avait pas suffisamment confiance dans notre système judiciaire pour lui confier Khadr afin qu’il soit jugé pour meurtre.
Khadr serait prétendument tombé sur les troupes américaines et aurait tué l’un des soldats. Oui, ce fut une terrible tragédie pour ce soldat, sa famille, ses amis et ses collègues. Cependant, n’empirons-nous pas cette tragédie si nous la laissons miner le sens de l’équité et de la justice pour lequel les Canadiens sont reconnus?
On ne peut oublier que, au moment de cet incident, il était un soldat, et encore, car à 15 ans, il était clairement un enfant soldat. Les Américains n’ont pas fait cette distinction en ce qui le concerne. Le Canada a été un chef de file en ce qui a trait aux efforts déployés à l’échelle internationale pour traiter de la question des enfants soldats qui se pose dans bien des conflits qui existent à l’échelle du globe.
Il est assez difficile de comprendre comment une personne a pu contraindre un enfant à faire la guerre. Il est d’autant plus difficile de le comprendre lorsque la personne qui exerce la contrainte ou, plus subtilement, qui socialise est un parent. Pouvez-vous réellement imaginer qu’un enfant souhaite prendre part à un conflit sanglant?
D'une part, il me semble que nous ne pouvons affirmer que les parents sont responsables de la façon dont ils élèvent leurs enfants pour, d’autre part, avancer que l’enfant, en l'espèce, est soumis à des critères criminels pour adultes.
Le Canada peut faire mieux. Bien que personne ne soutienne qu’Omar Khadr ne devrait pas faire face à son présumé acte criminel, nous pouvons certainement prendre des mesures à son égard qui sont compatibles avec les normes internationales tout en faisant preuve de compassion, une approche qui, je l'ai toujours cru, fait partie des valeurs fondamentales du Canada.