Publié par le sénateur Grant Mitchell le 01 avril 2009
Il est souvent avancé qu’il n’est véritablement d’aucune utilité de commencer à envisager des politiques en matière de changement climatique sans la participation de la Chine, de l'Inde et des États-Unis. Bien, cela présente un avantage. À tout le moins, si nous commençons avant les autres, nous aurons alors la chance de développer des technologies cruciales pour faire face aux changements climatiques avant que ces pays ne le fassent et, ainsi, nous pourrons leur vendre ces technologies. Si nous ne prenons pas l’initiative, ces pays le feront et nous raterons les occasions qui se présentent ainsi que les parts de marché que nous obtiendrions si nous étions les premiers à nous lancer dans l’action.
Par ailleurs, si nous attendons, il se peut que les autres pays en question créent des règles et des lois en matière de changement climatique qui auront de profondes répercussions sur notre capacité à concurrencer les autres pays ou même à participer aux marchés internationaux. Les États-Unis contribuent déjà beaucoup dans ce domaine. En effet, ils parlent sérieusement de ne pas acheter le pétrole provenant des sables bitumineux. Les sables bitumineux sont une condition nécessaire à la vigueur éventuelle de l’économie canadienne. Cela ne signifie pas pour autant que nous pouvons faire fi des pressions visant à résoudre le problème lié à leurs émissions de carbone. Nous devons le faire et, en fait, l’industrie a « compris cela », mais le gouvernement fédéral, moins.
Les Américains sont en bonne voie de mettre sur pied un système de plafonnement et d’échange qui nous forcera à échanger des crédits sur les marchés américains si nous n’avons pas créé nos propres marchés. En fait, les marchés boursiers au Canada attendent le feu vert pour offrir ce genre de marché. Ils sont évidemment en mesure d'utiliser leur expertise dans les marchés pour créer et gérer efficacement des marchés du carbone.
Il s’agirait d’une étape importante si nous commençions même par un marché de crédits de carbone volontaire et un système d’approbation de crédits compensatoires inspirés de ceux que l’on retrouve dans de nombreuses régions du monde. Les familles, par exemple, pourraient compter sur ces marchés pour devenir neutres en carbone en achetant des crédits compensatoires équivalant au volume de carbone attribuable à leurs activités. En moyenne, chaque Canadien produit environ 5,7 tonnes d'émissions de carbone par année. Sur les marchés du carbone européens, vous pouvez acheter des crédits pour environ 15 $ la tonne. Ainsi, une famille de cinq personnes pourrait être neutre en carbone pour environ 450 $ par année. Ce montant représenterait un investissement direct dans les entreprises canadiennes qui créent des compensations et des crédits; cette initiative attirerait aussi l’attention du public sur le fait qu’il existe des solutions au problème que nous pouvons individuellement mettre en place.
L’industrie ne cesse de nous répéter qu’elle aimerait simplement savoir avec certitude ce que l’on attend d’elle. Ce n'est pas difficile à faire, nous avons tout simplement besoin de leadership et nous en avons besoin rapidement.