Publié par le sénateur Grant Mitchell le 07 mai 2009
Il y a 35 ans, j’ai passé un an au Parlement comme interne parlementaire grâce à un programme de bourse qui permet chaque année à dix diplômés d’universités canadiennes de travailler au Parlement. Durant la moitié de l’année, nous travaillons pour un député de l’opposition et durant l’autre moitié, pour un député du parti au pouvoir.
Le groupe dont je faisais partie organisait des débats avec des politiciens et fonctionnaires. Le clou de ces rencontres a été un déjeuner au 24 de la promenade Sussex avec Pierre Trudeau. Je n’oublierai jamais ce moment. Il avait une telle présence et une intelligence vive. Il écoutait toutes nos questions avec la plus grande attention, et prenait soin de bien y répondre. Après cette rencontre, j’ai toujours été convaincu que sa réputation d’arrogance était grandement exagérée. Je l’avais trouvé plutôt timide, ce que certains prenaient peut-être pour de l’arrogance.
Nous avons également voyagé à Londres, Paris, Washington, Toronto, Québec, et nous avons été accueillis par chaque gouvernement pour étudier le parlement et le système politique du pays.
J’avais choisi de travailler avec deux députés francophones pour apprendre le français – et j’ai fait des progrès. J’ai ainsi côtoyé M. Eymard Corbin, député libéral du N.-B., et M. André Fortin, député créditiste du Québec. M. Fortin est malheureusement décédé quelques années plus tard dans un accident de voiture, en route vers sa circonscription.
Je vous disais que le monde est petit: M. Corbin est devenu sénateur, et je siège au Sénat moi aussi. Comme toute bonne chose à une fin, il prendra bientôt sa retraite, et c’est moi qui occuperai son siège. La boucle sera bel et bien bouclée.