Publié par la sénatrice Lorna Milne (retraité) le 11 mai 2009
En mars dernier, j’ai eu l’occasion de consacrer une matinée à la découverte de ce merveilleux nouveau centre de formation, de recherche et de rayonnement, et j’ai été stupéfaite de découvrir tout ce qui pouvait être produit à partir de déchets et de substances végétales extrêmement peu coûteux, et ce, grâce aux nanotechnologies.
Pour ceux qui le sauraient pas, comme moi jusqu’alors, « nano » signifie « extrêmement petit », de l’ordre du milliardième de mètre (1 nm = 0, 000 000 000 1 mètre). Un cheveu a un diamètre de 50 000 nanomètres. L’épaisseur d’une feuille de papier est d’environ 100 000 nanomètres. À cette échelle, des substances ordinaires acquièrent de nouvelles propriétés inattendues, et peuvent être utilisées de nombreuses façons non conventionnelles pour, par exemple, fabriquer des « plastiques » et d’autres matériaux de l’ère spatiale sans recourir à la pétrochimie. Ces nouveaux plastiques sont appelés nanoplastiques.
On m’a montré des échantillons de nanobioplastiques (entièrement produits à partir de substances végétales) qui permettent de produits des pièces automobiles ultralégères et plus résistantes que des pièces en acier. Des biomatériaux tels que de l’huile de soja ou des tiges de chanvre peuvent être utilisés pour produire tous les objets que nous fabriquons aujourd’hui en matières plastiques traditionnelles. Il est également possible de produire des matériaux de construction plus légers et plus solides que les matériaux conventionnels à partir de déchets tels que de la lignine, des céréales à distiller, et même du fumier de vache. Il est aussi possible de produire, à partir d’une combinaison d’éléments tels que des sacs plastiques usagés et du papier recyclé, des matériaux hybrides qui sont d’aussi bonne qualité, et même de meilleure qualité, que les plastiques pétrochimiques dont ils sont tirés, et qui sont de plus entièrement biodégradables. Il est ainsi possible de produire, à partir de produits naturels, tout un éventail de produits allant des panneaux de construction, aux tapis et aux meubles, en passant par les matériaux d’emballage, les lubrifiants et les peintures. Cette visite fut pour moi une véritable révélation.

Le Professeur Amar Mohanty et épouse, la Professeure Manju Misra, qui dirigent conjointement ce projet, ont réussi, grâce à leur réputation et à leur expertise, à convaincre certains des meilleurs spécialistes postdoctoraux mondiaux en nanotechnologie et en biorecherche de se joindre à cet excitant nouveau projet. Les retombées économiques de ces nanotechnologies pourraient atteindre, à l’échelle mondiale, mille milliards de dollars au cours des vingt prochaines années et les entreprises de ce secteur devront embaucher près de deux millions de nanotechniciens. Il s’agit bel et bien d’une nouvelle ruée vers l’or vert!
L’ouverture de ce Centre, à l’Université de Guelph, a été rendue possible en partie grâce à une bourse de trois millions de dollars de la province de l’Ontario, qui a permis à l’Université de créer une « Chaire en excellence du premier ministre » et d’attirer ainsi les meilleurs chercheurs du monde dans ce tout nouveau laboratoire qui fait ainsi du Canada l’un des chefs de file mondiaux en matière de nanotechnologies. La Fondation canadienne pour l’innovation a, quant à elle, accordé 463 796 $ au développement de Centre qui a ouvert ses portes en octobre 2008.
Investir dans des domaines de recherche tels que les nanotechnologies est indispensable pour réduire notre dépendance envers les ressources non renouvelables et contribuer à un meilleur avenir commun. Les gouvernements doivent absolument subventionner ce type de recherches. Je continuerai de m’efforcer de convaincre le gouvernement fédéral, et mes collègues en politique, à quel point il est important de financer de tels projets scientifiques, et je félicite le gouvernement de l’Ontario d’aborder l’avenir de façon si positive et si constructive.