Journée nationale de réconciliation

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Publié par la sénatrice Lillian Eva Dyck le 11 juin 2009

La journée d’aujourd’hui nous offre une occasion spéciale de réfléchir aux excuses que le Canada a présentées aux enfants, aux familles et aux collectivités des Premières nations et des peuples inuits et Métis. Ces excuses, que le premier ministre a prononcées sur le parquet de la Chambre des communes le 11 juin 2008, marquent un tournant dans l’histoire des peuples autochtones du Canada. La journée d’aujourd’hui commémore un triste chapitre de notre histoire, caractérisé par l’existence d’un grave préjudice, la destruction de cultures et de langues traditionnelles ainsi que la douleur et le désespoir ressentis par les nombreux enfants innocents qui ont résidé dans les pensionnats indiens.

La Journée nationale de réconciliation offre aussi à tous les Canadiens l’occasion de demander au gouvernement du Canada de poursuivre dans la voie de la guérison aux côtés des peuples autochtones. Pour ce faire, il faudra cultiver une nouvelle relation de nation à nation et de gouvernement à gouvernement fondée sur la confiance et la bienveillance mutuelle et dans le cadre de laquelle nous conclurons un solide partenariat, honorerons l’esprit et l’intention des droits autochtones, y compris ceux issus de traités, partagerons les ressources des terres ancestrales et forgerons des initiatives économiques visant à bâtir des collectivités fortes et autonomes.

Les peuples des Premières nations, les Inuits et les Métis ont de grands défis à relever. Les collectivités autochtones sont aux prises avec de nombreux problèmes sociaux, à savoir : une pauvreté systémique bien ancrée, la crise du financement dans le domaine de l’éducation, les 27 000 enfants à la charge de l’État, les 87 000 logements manquants dans les collectivités des Premières nations, les conditions de vie malsaines, les logis surpeuplés, la contamination de l’eau potable, les maladies, les mauvaises conditions d’hygiène, le suicide chez les jeunes, etc.

Le Canada et ses peuples autochtones devront absolument se réconcilier et guérir des injustices du passé s’ils veulent établir une relation de nation à nation fondée sur la confiance, la dignité, l’équité, le respect et le dialogue. Il ne faut pas oublier que la responsabilité de renouer des liens solides et de susciter l’espoir chez les peuples autochtones nous appartient également en tant que dirigeants du Canada.

Notre nouvelle relation sera fondée sur les principes que sont la réconciliation et le rétablissement progressif de certaines mesures, notamment : investir dans l’éducation des enfants autochtones, bâtir de nouvelles écoles, fournir des fonds d’infrastructure pour aider à créer des conditions de vie saines, collaborer avec les Premières nations pour résoudre les revendications territoriales non réglées et, surtout, concevoir un système efficace et économique garantissant l’obtention de résultats probants grâce à l’éducation, au développement économique et à des initiatives favorisant l’autonomie gouvernementale.

Ainsi, les enfants autochtones auront une véritable chance de rêver, de réaliser leur plein potentiel et de grandir dans des collectivités florissantes, saines et solides. C’est seulement alors qu’une vraie réconciliation pourra être scellée.

En rétrospective, à quoi servent des excuses si notre pays est incapable de respecter les promesses et obligations qu’il est tenu de respecter à l’égard des Premières nations, des Inuits et des Métis?

Les collectivités, les citoyens et les enfants doivent faire partie de l’équation.

Le temps est venu de joindre le geste à la parole et d’honorer les engagements pris par le gouvernement du Canada dans la foulée des excuses nationales qu’il a présentées aux survivants des pensionnats.


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