Publié par le sénateur Grant Mitchell le 22 juin 2009
Pendant longtemps, je me suis assis près de la porte principale de la salle du Sénat. De là, je pouvais observer directement une des huit peintures de la collection de lord Beaverbrook qui se trouve au Sénat. Il s’agit d’énormes peintures commandées par lord Beaverbrook pendant la Première Guerre mondiale à des peintres canadiens pour que ceux-ci reproduisent l’expérience de la guerre. Les peintures sont exposées sur les murs du Sénat, aux deux tiers du plafond, à raison de quatre par côté.
Pendant 32 ans, mon père a fait carrière comme officier de l’armée dans les Black Watch canadiens, le légendaire régiment Highland Infrantry. Il a joint les rangs du régiment à Montréal en 1939 et pendant quelques années, durant la Seconde Guerre mondiale, a combattu en Europe. Il s’est porté volontaire pour lutter, pendant un certain temps, aux côtés des Black Watch britanniques, par l’entremise du programme « CANLOAN ». Dans le cadre de ce programme, 700 officiers canadiens ont été prêtés à la Grande-Bretagne, parce que les Britanniques avaient perdu beaucoup de leurs propres officiers.
La peinture que j’observais est celle des Black Watch britanniques débarquant en Europe pendant la Première Guerre mondiale. Elle représente un tourbillonnement de navires et de soldats, de civils et de fumée, ainsi qu’un orchestre militaire.
Un jour, en la regardant, je me suis concentré sur un personnage en particulier et j’ai été frappé par ce que j’ai vu. Celui-ci, vêtu de l’uniforme militaire et d’une casquette noire arborant sur le côté l’emblème des Black Watch, est une copie conforme de mon père.
Il est évident que, étant donné que mon père n’a pas servi durant la même guerre que celle représentée par la peinture, ce n’était pas lui, mais cela me rassure toujours de le « voir » au Sénat, nous surveillant tous avec ses confrères soldats.