H1N1 : Faute d’une intervention accrue du gouvernement fédéral, le pire est encore à venir dans les réserves.

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Publié par la sénatrice Lillian Eva Dyck le 30 juin 2009

Le gouvernement du Manitoba estime à 458 les cas d’infection par le virus de la grippe H1N1 dans la province. Un tiers, voire la moitié, de ces cas se sont déclarés au sein des Premières nations, qui ne représentent pourtant que dix pour cent de la population de la province.

C’est pourquoi, le 24 juin 2009, le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Ron Evans, a déclaré l’état d’urgence pour pandémie, car le virus se propage de façon galopante dans de nombreuses communautés des Premières nations du Manitoba.

De nombreux experts en santé prévoient que le virus va durement frapper les Premières nations en infectant les communautés en trois ou quatre vagues successives, touchant différentes communautés à différents moments, pour ensuite disparaitre, et revenir en force à l’automne. En raison des risques de complications mortelles, nos communautés, nos anciens, nos parents et nos enfants se retrouvent donc dans une situation de grave danger.

Cela est en soi inquiétant, mais les Premières nations sont-elles préparées à une telle pandémie?

Les communautés des Premières nations vont devoir affronter une crise de santé majeure avec une infrastructure et des ressources sanitaires limitées pour gérer la progression de la pandémie. Mais, derrière la crise sanitaire, se dessine un désastre social.

Car la triste réalité est que les Premières nations vivent dans des conditions de vie déplorables similaires à celles du Tiers monde, et souffrent de la pauvreté, de l’absence d’eau courante potable, de logements moisis et surpeuplés, d’un accès limité aux soins de santé, et des effets dévastateurs de mauvaises conditions sanitaires que sont les maladies respiratoires chroniques, les pneumopathies, l’asthme, le diabète, l’obésité, etc.

Ces conditions font qu’il sera très difficile aux Premières nations de maîtriser l’apparition d’une épidémie et que leurs populations sont donc plus exposées à une contamination par le H1N1, et aux répercussions graves, voire mortelles, que cette dernière peut avoir.

Au Manitoba, les chefs et les conseils des Premières nations espèrent que gouvernement fédéral va réagir rapidement. Il est impératif que les besoins sanitaires de la population des Premières nations soient pris en compte et que des mesures soient prises pour y répondre. Pour l’instant, les chefs des Premières nations ont organisé, au sein de leurs communautés, leurs propres séances de formation sur la gestion d’une pandémie de grippe, et ce, sans aide du gouvernement fédéral, ce qui est inacceptable, puisqu’il s’agit ici d’une situation de vie ou de mort.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, la vaste majorité des cas confirmés se sont déclarés chez des personnes âgées de 5 à 24 ans. C’est grand sujet d’inquiétude pour les Premières nations dont plus de cinquante pour cent de la population est composée d’enfants et de jeunes de moins de 25 ans. Il est donc essentiel que des mesures de prévention et de protection soient prises afin de garantir la santé et la sécurité de nos enfants.

Les Premières nations doivent exercer des pressions sur les gouvernements afin que ces derniers améliorent les conditions de vie économiques et sociales de nos communautés. En d’autres termes, il est plus qu’urgent que des efforts conséquents soient déployés afin d’élaborer un plan d’action national contre la pauvreté. Il est grand temps que les Premières nations disposent d’eau potable, de logements convenables, de conditions de vie saines, de services de santé, de ressources, et de communautés sécuritaires. Si ces conditions essentielles étaient réunies, les Premières nations seraient bien mieux équipées pour lutter contre une pandémie de H1N1.

Une chose est claire cependant : le gouvernement fédéral ne fait rien pour assurer la sécurité et le bien-être de nos communautés, de nos anciens, de nos parents et de nos enfants. Quand cela va-t-il donc changer?

De fait, je crains que le pire ne soit encore à venir.


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