Publié par le sénateur Grant Mitchell le 03 novembre 2009
Il y a quelques années, lorsque je siégeais à la législature de l’Alberta, on m’a fait visiter les chantiers de Syncrude Oil Sands. Ils étaient à bien des égards impressionnants. Même alors, leur ampleur était gigantesque. Les gens qui y travaillaient avaient nettement le sentiment qu’ils étaient associés à une grande expérience pilote et à un projet spécial.
Je me rappelle avoir demandé comment apparaissaient les coûts de production en regard des prix du pétrole. On m’a dit que, à l’exclusion des coûts en capital, un baril de pétrole des sables bitumineux coûtait 15 $ à produire. À l’époque, le prix du baril était d’environ 10 $. La société enregistrait une perte d’environ 5 $ par baril et ne tenait pas compte du coût de l’usine et de l’équipement. Les pertes totales par baril étaient probablement de l’ordre de 15 $ par baril. Mais la perspective de tout abandonner ne fut jamais évoquée même si, d’un point de vue économique, il paraissait insensé de continuer le projet. Non, il y avait une profonde détermination de travailler en vue de faire des améliorations jusqu’à ce que les sables bitumineux deviennent économiquement viables. Et, de fait, aujourd’hui, les sables bitumineux sont économiquement viables.
Il en va ainsi quand il y a un véritable leadership. On s’attaque à ce qui paraît impossible et on finit par trouver une méthode appropriée.
Et pourtant, on ne cesse de nous répéter qu’il est trop coûteux de traiter les émissions de GES des sables bitumineux, et que cela réduirait la compétitivité de nos producteurs pétroliers. Selon les estimations actuelles, le coût du captage et du piégeage du carbone provenant d’une usine de traitement des sables bitumineux est de 30 à 40 $ la tonne. Ce n’est pas rien. Nous devons être très prudents au regard de la compétitivité de notre industrie, et ne pas pointer du doigt l’Alberta pour traitement énergétique inéquitable. Mais ce coût n’est pas nécessairement insurmontable. Le gouvernement doit collaborer avec le secteur des sables bitumineux et prendre des initiatives afin de garantir l’équité. Je suis convaincu que, avec ce qu’il faut de protections et d’initiatives, le secteur des sables bitumineux, tout comme il a réussi à ramener ses coûts de production dans un cadre concurrentiel, réussira à réduire les coûts de captage et de piégeage du carbone, ou bien trouvera tout simplement le moyen de réduire sensiblement leurs émissions de carbone.
Dans le passé, on a beaucoup résisté aux mesures environnementales en invoquant les coûts qu’elles comportent. Puis on s’est rendu compte que, lorsque les mesures sont mises en œuvre, les coûts et le temps requis sont radicalement moins élevés que ce que l’on avait anticipé. Ce sera vrai en ce qui nous concerne si nous pouvons seulement démarrer. Et, dans ce cas, si nous sommes les premiers à démarrer, nous aurons un produit à vendre aux autres pays du monde lorsqu’ils découvriront notre ingéniosité et notre leadership.
Chapeau pour l’ingéniosité et le leadership!