Publié par le sénateur Grant Mitchell le 15 janvier 2010
La semaine dernière, j'ai écrit des choses que je connais du changement climatique. Il y a quelques observations que je dérive de tout ceci :
1. Si quelqu’un croit que les changements climatiques sont bien réels, mais qu’ils ne sont pas causés par l’activité humaine, il doit être absolument terrifié… Car, si nous n’en sommes pas la cause, alors nous n’avons absolument aucun moyen d’y remédier. Si vous croyez que les changements climatiques sont dus aux tâches ou aux vents solaires, que pouvez-vous bien faire pour éviter que ces derniers ne surchauffent la Terre?
2. Quelles sont les conséquences de l’argument qui veut que nous ne devions pas prendre de mesures avant que les autres pays ne le fassent? Comment peut-on affirmer une telle chose si l’on comprend véritablement les répercussions des changements climatiques? Devrions-nous nous contenter de nous cantonner dans l’inaction jusqu’à ce que les répercussions soient irréversibles? Il me semble donc que, si l’on défend une telle position, c’est que l’on ne croit pas véritablement à la réalité des changements climatiques.
3. Nous n’avons pas besoin de plus de technologies, ou de nouvelles technologies, pour capter et réduire les GES. Nous disposons de tout ce dont nous avons besoin pour commencer. Le problème est que les Canadiens n’exercent pas suffisamment de pressions sur leurs gouvernements pour que ces derniers prennent les mesures qui s’imposent, parce que, selon moi, beaucoup de personnes ne comprennent pas véritablement l’ampleur du problème des changements climatiques et les répercussions catastrophiques qu’ils peuvent avoir. Et c’est pourquoi elles ne demandent pas avec suffisamment d’insistance des mesures concrètes.
Nous vivons également à une époque où, en matière de politique, il est presque impossible d’avoir un débat raisonné sur une question complexe. Il est si facile de couper court aux débats à coups de « taxe sur le carbone », de « crédit d’air chaud » et de « transfert de richesse ».
C’est pourquoi je suis convaincu que ce dont nous avons vraiment besoin est une nouvelle technologie qui nous permette de communiquer, d’informer et de débattre au sujet de questions essentielles et complexes de façon à obtenir un soutien public suffisant aux solutions politiques à ces problèmes ardus. Quelle forme pourrait-elle prendre?
- Un gouvernement dont le Premier ministre et les principaux ministres sont prêts à prendre la route afin d’aller, toujours et encore, expliquer à la population que nous devons faire face à un très grave problème, mais qu’il existe des situations dont les coûts ne sont pas prohibitifs, que ces solutions peuvent nous permettre de réaliser des gains économiques énormes, et que le public doit donner aux politiques suffisamment de marge de manœuvre pour accomplir ce qui doit l’être.
- Une campagne publicitaire qui appuierait cet effort en expliquant à la population la réalité scientifique des changements climatiques, et les conséquences graves que pourrait avoir notre inaction.
- Un programme, financé par le gouvernement, dans le cadre duquel des spécialistes des changements climatiques parcourraient le pays afin d’informer et de motiver la population.
- Des programmes scolaires visant à éduquer les enfants sur les répercussions des changements climatiques, et sur les conséquences de ne rien faire à cet égard. (Je préfère qu’ils apprennent ce qui pourrait se produire que d’avoir à le découvrir par eux-mêmes parce que nous n’avons rien fait pour y remédier, ou pour leur apprendre à y remédier.)