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Lillian Dyck

L La sénatrice Lillian Dyck a été nommée au Sénat en 2005 par le Premier ministre Paul Martin pour représenter la Saskatchewan. Avant de devenir sénatrice, la sénatrice Dyck était l'une des plus grandes neurochimistes du Canada et ses recherches ont beaucoup aidé à la découverte de médicaments permettant de traiter des maladies comme le Parkinson, la schizophrénie et l'Alzheimer, de même qu'à l'obtention de brevets.

Droits de la personne et changements climatiques

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Publié par le sénateur Grant Mitchell le 05 mai 2010

Récemment, la sénateure Sharon Carstairs m’a invité à prendre la parole au sujet des droits de la personne et de l’environnement à une conférence dont elle était l’hôte. Il s’agissait d’un groupe de discussion auquel prenait part la sénateure Carstairs à propos de l’énorme travail qu’elle accomplissait en tant que présidente d’un groupe international œuvrant à la protection des dirigeants politiques qui sont victimes de persécution dans leur pays. La sénatrice Mobina Jaffer, bien connue dans le monde pour défendre les droits de la personne,  a parlé des droits des femmes.

J’ai été très flatté de prendre la parole aux côtés de ces sénatrices qui sont reconnues internationalement pour leur travail dans le domaine des droits de la personne. Par contre, je ne suis pas un expert dans ce domaine, loin de là, et je n’avais jamais réfléchi au lien entre les droits de la personne et l’environnement ou les changements climatiques, sujet auquel je m’intéresse tout particulièrement maintenant. Quand la sénateure Carstairs m’a demandé de parler du lien entre les droits de la personne et l’environnement, je me suis demandé pourquoi je n’y avais pas pensé avant.

Bon, il semble que quelques personnes y aient songé en fait, ou ont écrit sur le sujet, car il est question de changements climatiques. Des  universitaires semblent débattre sans fin de la question de savoir s’il existe une obligation en matière de droits de la personne envers une personne à naître. Ils font valoir que les droits de la personne supposent une réciprocité et qu’il n’est pas possible d’entretenir une relation réciproque avec une personne qui n’existe pas encore. Nous examinons les changements climatiques dans l’optique des sciences naturelles et d’un point de vue économique, mais la question ne va pas plus loin dans les silos d’expert.

Dans le cas des changements climatiques, toutefois, les répercussions sur les droits de la personne semblent évidentes. Qu’on pense aux répercussions qu’ont, sur notre santé et sur l’accès à la nourriture et à l’eau, les sécheresses, l’érosion, les changements dans les zones de pluie, la fonte des glaciers, les pénuries d’eau, l’élévation du niveau de la mer (en raison de l’augmentation de la température), les violentes tempêtes et la chaleur. Ces répercussions pourraient être exacerbées par la migration massive due aux changements climatiques et aux guerres qu’ils entraînent.

Mais il ne suffit pas toujours d’établir une corrélation pour passer à l’action. On pourrait mettre sur le compte du climat « erratique » les problèmes occasionnés par les changements climatiques. Et pour parler d’une question relative aux droits, il faut établir deux liens de causalité/obligation : une obligation doit exister entre les générations même s’il s’agit de personnes qui ne sont pas encore en vie et l’activité humaine doit être à l’origine de changements climatiques pour qu’on puisse avancer qu’il y a violation des droits de la personne.

À mon sens, le fait que nous ne pouvons pas établir de réciprocité intergénérationnelle pose problème. Si la réflexion universitaire sur le sujet ne tient pas dans un monde en évolution, c’est elle-même qui doit évoluer. Ensuite, un grand nombre de personnes dont les droits sont violés en raison de changements climatiques sont bien vivantes. Voici ce que pense le sénateur Tom Banks de l’obligation envers les futures générations au chapitre des changements climatiques : c’est un peu comme si vous aviez une dette de 50 000 dollars dont vous auriez héritée de vos grands-parents et que vous perdiez votre maison parce que vous ne pouvez la payer. C’est bien simple.

Le second lien qu’il faut établir est que ce sont les humains qui sont à l’origine des changements climatiques. À vrai dire, très peu de gens affirment de nos jours qu’il n’y a pas de changements climatiques (est-ce un progrès?). Ils disent plutôt qu’il y a des changements, mais que nous n’en sommes pas responsables. À mon avis, si nous n’en sommes pas responsables, nous sommes vraiment dans de beaux draps. Parce que si nous n’en sommes pas responsables, nous n’avons aucune chance de les enrayer… à moins que ces gens pensent que nous pouvons apporter des retouches aux taches solaires pour mettre fin au réchauffement à une température viable. À cela, ils répliquent qu’il s’agit de cycles normaux qui subsistent depuis des millions d’années. Bien entendu, ils ne semblent pas considérer que le monde a été inhabitable pendant presque tout ce temps et que si ces cycles sont en cause, ils ne s’arrêteront probablement pas à une température convenable.

Par ailleurs, la science nous dit que les cycles naturels ont un effet sur le climat, mais qu’ils ne représentent pas une partie importante des changements observés. Les tenants des changements climatiques naturels ne parviennent pas à réunir suffisamment d’éléments de preuve à l’appui et laissent planer un doute sur un solide consensus scientifique. Leur effort le mieux connu a trait aux courriels vieux de dix ans qui ont été volés à East Anglia et cités hors contexte. Fait intéressant, The Guardian et Associated Press ont fait enquête et exonéré les scientifiques en cause. Quand nous aurons le genre de certitude que les détracteurs veulent au sujet des changements climatiques, il sera trop tard. Quoi qu’il en soit, les cas que les détracteurs avancent comme preuve pour tenir en défaut la science des changements climatiques représentent une infime partie de l’ensemble de la science. Comme je me plais à leur dire, si vous trouviez une seule phrase incorrecte dans une édition du National Post, diriez-vous qu’aucune des éditions du National Post n’a de crédibilité?

Je crois tout simplement qu’on ne saurait réfuter que des changements climatiques se produisent et qu’ils ont pour cause l’activité humaine. Nier cette évidence revient à nier la gravité. Et si l’humain est responsable des changements climatiques qui entraînent une grave violation des éléments qui comprennent une liste type des droits de la personne, on peut donc soutenir qu’il y a un lien entre les changements climatiques et les droits de la personne.

L’argument des droits de la personne présente certains avantages pour le débat sur les changements climatiques. D’abord, l’argument type concernant les changements climatiques a été formulé en grande partie dans le contexte des répercussions sur les États et sur les économies. La perspective des droits de la personne amène un élément qui tardait, celui des répercussions qu’ont les changements sur les gens et les collectivités, ainsi que les souffrances qu’ils vivent et qu’ils continueront à vivre. Cela contribuerait peut-être à humaniser et à personnaliser l’argument selon lequel les changements climatiques sont vraiment graves. Ensuite, cela soulève la question du droit à l’information, qui, à son tour, laisse supposer qu’il incombe au gouvernement de dissiper la confusion que bien des gens éprouvent au sujet de la science des changements climatiques. Cela donnerait au gouvernement une plus grande marge de manœuvre politique pour faire ce qui s’impose. Enfin, l’expérience des droits de la personne établit beaucoup de précédents en faveur de l’argument selon lequel nous, qui habitons un pays, avons une obligation envers les habitants des autres pays.

Pour terminer, je sais que l’élément clé est que les humains sont à l’origine de changements climatiques susceptibles d’avoir des effets catastrophiques, et nous avons une obligation envers nos congénères de la planète de prendre soin de nous tous.


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