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Art Eggleton

L La carrière publique du sénateur Art Eggleton s’étend sur plus de 35 ans, à l’échelon municipal, d’abord à la Ville de Toronto, puis à la Chambre des communes. Il a été nommé au Sénat le 24 mars 2005 par le Très honorable Paul Martin. Il représente la province de l'Ontario.

Discours et débats

Projet de loi instituant la Journée nationale des aînés

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Déclaration faite le 28 juin 2010 par la sénatrice Sharon Carstairs (retraitée)

L'honorable Sharon Carstairs :

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C-40, qui instituerait une journée nationale des aînés.

Honorables sénateurs, les aînés n'existent pas seulement le 1er octobre de chaque année. Ils existent tous les jours de l'année et méritent d'être honorés chaque jour pour la contribution qu'ils ont faite à notre pays pendant toute leur vie et, dans la plupart des cas, qu'ils continuent d'offrir au quotidien.

Honorables sénateurs, en avril dernier, j'ai présenté au Sénat le rapport du Comité sénatorial spécial sur le vieillissement, qui s'intitulait Le vieillissement de la population, un phénomène à valoriser et qui marquait l'aboutissement de deux ans et demi de travail.

Les sénateurs Chaput, Cools, Cordy, Keon, Mercer, Stratton et moi avons entendu 251 personnes réunies en plus de 180 groupes. Nous avons parcouru le pays d'un bout à l'autre.

Honorables sénateurs, personne avant aujourd'hui, ni ici ni ailleurs, n'avait recommandé l'adoption d'une journée nationale des aînés. Nos témoins se préoccupaient des besoins réels des aînés, et c'est pour répondre à ces besoins que nous avons formulé 32 recommandations; or, le gouvernement n'a donné suite à aucune d'entre elles. On nous offre plutôt de créer une journée pour célébrer les aînés, mais sans nous donner aussi les moyens d'améliorer leur condition humaine.

Honorables sénateurs, nous avons fait cinq recommandations globales au gouvernement fédéral, et c'est de ces cinq recommandations que je veux parler ce soir.

Nous avons exhorté le gouvernement à intervenir dès maintenant pour promouvoir un vieillissement actif et pour combattre l'âgisme. Pour ce faire, nous recommandions que l'on organise une campagne de relations publiques vigoureuse pour montrer qu'on peut vieillir en bonne santé et pour expliquer l'importance de demeurer actif à tout âge, notamment par le bénévolat, l'apprentissage continu et l'activité physique. Nous avons réclamé que les Instituts de recherche en santé du Canada disposent des fonds nécessaires pour financer de la recherche sur les compétences et les capacités mentales. Sans ces fonds, il n'y a pas de recherches possibles, pourtant ils ne sont pas au rendez-vous. Nous avons recommandé que les dispositions de la Loi canadienne sur les droits de la personne qui concernent la retraite obligatoire soient modifiées pour rendre la législation fédérale conforme aux autres lois canadiennes sur les droits de la personne, mais rien n'a été fait en ce sens. Nous avons recommandé que le gouvernement accroisse le soutien à la recherche sur les mauvais traitements et la négligence. J'ai d'ailleurs félicité l'ancienne ministre responsable des aînés pour la campagne de publicité dénonçant la violence dont les aînés peuvent être victimes. C'était une excellente campagne. Malheureusement, sans recherche, on ne peut pas de remonter jusqu'à la cause de cette violence. Nous avons recommandé que le gouvernement corrige l'aberration dont les aînés immigrants font l'objet dans le domaine de l'immigration : en effet, les immigrants qui sont parrainés par leur conjoint ou conjointe n'ont besoin de l'être que durant trois ans, alors que les aînés doivent être parrainés durant 10 ans. C'est injuste, honorables sénateurs.

Notre deuxième recommandation concernait la nécessité d'intégrer les soins parce que les témoins nous ont dit, les uns après les autres, que, en continuant de séparer les soins de santé et les services sociaux au pays, des Canadiens, surtout les aînés canadiens, passeront à travers les mailles du filet. Pour promouvoir cette recommandation, nous suggérions la mise sur pied d'une initiative visant à fournir le financement nécessaire aux provinces, afin qu'elles puissent passer aux soins intégrés. Elles n'y parviendront pas sans le leadership fédéral, surtout pas les provinces démunies.

Nous avons soulevé la question de la nécessité de construire des logements abordables. La ministre a parlé de fonds pour financer les nouveaux logements dans son discours au sujet du Plan d'action économique du Canada. Or, à ce jour, aucune nouvelle résidence pour personnes âgées n'a encore été construite au Canada.

Nous avons demandé instamment au gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces afin d'établir un programme pour l'autonomie fondé sur le Programme pour l'autonomie des anciens combattants. Le ministère des Anciens combattants a la solution. Nous n'avons pas besoin de réinventer la roue, mais d'autres aînés ont également besoin de ces services.

Nous avons fait des recommandations au sujet des soins palliatifs. Les aînés ne sont pas les seuls patients en soins palliatifs, même si 70 p. 100 de toutes les personnes qui décèdent ont plus de 65 ans. Par conséquent, les aînés ont un réel besoin de soins palliatifs. Or, nous faisons marche arrière dans ce domaine. Le gouvernement fédéral avait emprunté la voie de l'adoption d'une stratégie sur les soins palliatifs, mais il l'a abandonnée. Il y avait une division responsable des soins de fin de vie à Santé Canada. Cette division a été supprimée, tout comme le financement d'un milliard de dollars. Le gouvernement fédéral ne consacre plus de fonds à la recherche. Il abandonne les mourants et il abandonne les aînés.

Honorables sénateurs, nous avons instamment demandé que le traitement réservé aux aînés canadiens soit le même partout au pays. Pour y parvenir, nous avons recommandé la création d'un programme de transferts supplémentaires, afin d'augmenter le financement par habitant dans les provinces où le nombre de malades est le plus élevé. Nous avons également recommandé de créer une liste nationale des médicaments admissibles, laquelle mènerait, nous l'espérions, à la création d'un programme national d'assurance-médicaments. Ce programme est indispensable si nous voulons que les aînés soient traités sur un pied d'égalité partout au Canada.

Il y a plusieurs mois, dans un discours prononcé à Toronto, il était question d'une Ontarienne dont le seul parent vivant habitait à l'Île- du-Prince-Édouard. Cette femme souhaitait aller passer ses derniers jours à l'Île-du-Prince-Édouard, mais elle ne le pouvait pas parce que le coût de ses médicaments était assuré en Ontario, mais ne l'aurait pas été à l'Île-du-Prince-Édouard. Cette situation est inéquitable. La Charte des droits et libertés garantit aux Canadiens la liberté de circulation, mais si on n'a pas les moyens de vivre dans une province qui est moins généreuse parce que son assiette fiscale est nettement plus limitée, cela signifie qu'il n'y a pas d'égalité à l'échelle du Canada.

Honorables sénateurs, les Canadiens du troisième âge ne doivent pas vivre dans la pauvreté — pourtant c'est le cas d'un trop grand nombre d'entre eux. Dans son allocution, la ministre a fait mention de la Sécurité de la vieillesse et du Régime de pensions du Canada. La ministre a raison; ces programmes ont donné à la plupart des aînés un niveau de sécurité sans précédent dans l'histoire canadienne. Cependant, la ministre a omis de mentionner le Supplément de revenu garanti, parce que seule une bonification des prestations au titre de ce programme pourrait permettre aux aînés actuellement dans la pauvreté — les femmes célibataires, les immigrants et les Autochtones — de vivre au-dessus du seuil de pauvreté.

Honorables sénateurs, on peut apporter des changements simples. Par exemple, une personne qui s'occupe d'un enfant et qui n'est plus sur le marché du travail peut quand même continuer à cotiser au RPC. Toutefois, une personne qui quitte le marché du travail pour s'occuper d'un parent vieillissant ou d'un membre du cercle familial atteint d'une maladie chronique n'a pas la possibilité de cotiser au RPC.

Il faut un programme fédéral solide pour déterminer les Canadiens admissibles au Régime de pensions du Canada, à la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti. Au Québec, on réussit fort bien à établir l'admissibilité à ces programmes, ce qui n'est pas le cas ailleurs au Canada. Par conséquent, bien des gens admissibles au RPC, à la Sécurité de la vieillesse ou au Supplément de revenu garanti ne reçoivent pas de prestations.

Nous avons indiqué dans notre rapport qu'il faudrait offrir des formulaires dans un plus grand nombre de langues, pas uniquement en anglais et en français. Pourquoi n'y a-t-il pas de formulaires dans les langues autochtones, pour que nos concitoyens des Premières nations aient l'assurance de toucher les prestations auxquelles ils ont droit?

Des voix : Bravo!

Le sénateur Carstairs : Chers collègues, les aidants sont les héros méconnus du Canada, qu'ils s'occupent d'enfants ou d'aînés ou de personnes atteintes d'un handicap physique ou mental. Bon nombre de ces aidants sont des aînés. Pourtant, honorables sénateurs, nous faisons très peu pour eux.

Notre comité a formulé quelques recommandations, auxquelles aucune suite n'a été donnée. Nous avons recommandé que l'on modifie la Loi sur l'assurance-emploi de manière à faire passer de 6 à 13 le nombre de semaines de prestations de compassion, à supprimer la période de carence de deux semaines et à faire passer le montant des prestations à 75 p. 100 des gains des travailleurs. Nous avons demandé au gouvernement fédéral de travailler avec les provinces et les territoires à l'élaboration d'une stratégie nationale sur les aidants naturels. Jusqu'à maintenant, on n'a tenu aucune réunion et on n'a lancé aucune initiative dans ce dossier.

Dans son discours, la ministre a parlé de la contribution insigne que les aînés apportent bénévolement dans des centaines d'organisations aux quatre coins du Canada. Elle a raison, les aînés qui font du bénévolat sont très nombreux. Notre comité a appris que ces aînés déboursent des sommes élevées pour mener leurs activités de bénévolat et que d'aucuns ont dû renoncer à leurs activités par manque de moyens. Nous avons recommandé que le gouvernement fédéral travaille avec le secteur bénévole afin de trouver des façons de rembourser ces dépenses. En outre, nous avons recommandé que le Sénat ou un groupe d'experts se penche sur la question du besoin de bénévoles et examine les nouveaux défis du bénévolat et l'idée d'un crédit d'impôt pour bénévolat.

La ministre a parlé de l'investissement supplémentaire dans le programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Certes, cela est une bonne chose, mais le gouvernement n'a pas répondu au plus grand besoin du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, soit un investissement pluriannuel dans les programmes établis de manière à ce que l'on puisse planifier de façon appropriée.

La population du Canada vieillit — les personnes âgées représenteront 25 p. 100 de la population en 2031 —, mais les travailleurs de la santé et des services sociaux vieillissent aussi. Au Canada, l'âge moyen d'une infirmière est de 50 ans. Qui plus est, nous ne réussissons pas à attirer suffisamment de jeunes hommes et de jeunes femmes dans cette profession. Dans le domaine de la gérontologie, la situation est encore plus alarmante. Nous avons actuellement 1 370 pédiatres. En revanche, nous avons 250 gériatres, dont 150 seulement exercent la profession.

C'est pourquoi notre comité a recommandé que le gouvernement fédéral appuie les programmes d'éducation dans nos écoles de médecine et qu'il finance les postes de résidents dans nos hôpitaux. Actuellement, il y a seulement deux médecins qui suivent une formation en gériatrie au Canada. Ce n'est évidemment pas

suffisant. Pourtant, le gouvernement n'a pas pris de mesures à cet égard. Il n'a pas non plus travaillé avec les provinces et les territoires pour aborder la question de la formation, du recrutement et du maintien en poste des prestataires de soins à domicile et des aides à domicile dans le cadre de la stratégie fédérale-provinciale-territoriale en matière de ressources humaines en santé.

Enfin, honorables sénateurs, le gouvernement fédéral doit montrer l'exemple aux groupes démographiques dont il est directement responsable. Je veux parler plus particulièrement des besoins des Autochtones dont le gouvernement fédéral est le seul responsable. Les aînés autochtones vivent en moyenne dix ans de moins que les autres Canadiens. Ils vivent dans une plus grande pauvreté. Ils vivent dans des logements surpeuplés et de moins bonne qualité. Ils ont une moins bonne alimentation, et ils éprouvent plus de problèmes de santé comme la tuberculose et le diabète, pour ne donner que deux exemples. Pourtant, le gouvernement fédéral ne fait pas grand-chose pour répondre à ces besoins. L'infrastructure des maisons de soins de longue durée que j'ai visitées dans les collectivités autochtones est bien inférieure à celles qui se trouvent dans les collectivités non autochtones. Il y a peu de programmes de soins à domicile dans les collectivités autochtones. Les aînés sont trop souvent forcés de quitter leurs familles et leurs collectivités afin d'aller dans les villes pour recevoir les soins dont ils ont besoin. Ce n'est pas ce qu'ils veulent, et certains d'entre eux retournent chez eux. Ils savent qu'ils risquent leur vie en le faisant, mais ils veulent être avec leurs familles.

Honorables sénateurs, cette situation est inacceptable. Il y a beaucoup de mesures que le gouvernement devrait prendre, mais il ne s'est occupé d'aucune des choses dont j'ai parlées aujourd'hui. Tout ce que le gouvernement a fait, c'est de présenter un projet de loi visant à lui donner bonne conscience qui n'améliorera aucunement la vie des aînés au Canada. Il est tout à fait inapproprié de ne considérer les aînés qu'à l'occasion d'une seule journée. Il faudrait tous les jours avoir des égards pour eux en veillant à ce qu'ils puissent profiter de services tous les jours de l'année, à l'endroit et au moment voulus. Le gouvernement fédéral pourrait faire beaucoup plus de choses pour eux. Or, il est vraiment affligeant que cette mesure législative soit tout ce qu'on ait à leur offrir.


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