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Maria Chaput

L Experte-conseil, directeur, directrice adjointe, directrice général, auteur, et bénévole sont quelques-uns des rôles et des responsabilités occupés par la sénatrice Maria Chaput au cours de sa carrière. Nommé au Sénat le 12 décembre, 2002, elle est la première franco-manitobaine femme à siéger au Sénat.

Discours et débats

L'impact des démences sur la société

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Déclaration faite le 28 juin 2010 par la sénatrice Jane Cordy

L'honorable Jane Cordy :

Honorables sénateurs, j'aimerais remercier le sénateur Carstairs d'avoir attiré l'attention du Sénat sur l'impact de la démence sur la société canadienne.

Comme le sénateur Carstairs l'a indiqué dans son discours au Sénat, le nombre de Canadiens atteints de la maladie d'Alzheimer ou de démence passera de 500 000 à 1,1 million en une génération, et

le coût du traitement des patients atteints de démence passera de 15 milliards à 150 milliards de dollars par année. De plus, le nombre d'heures de soins prodigués par des aidants naturels passera de 231 millions à plus de 756 millions par année.

À l'heure actuelle, sénateurs, un Canadien est atteint de démence toutes les cinq minutes. Si rien n'est fait, il y aura dans 30 ans un nouveau cas toutes les deux minutes. Ce sont là des chiffres alarmants qui devraient nous inquiéter en tant que Canadiens et parlementaires.

Les Canadiens croient souvent que la démence vient naturellement avec l'âge. Nous savons toutefois que le mode de vie est un déterminant important de la démence. Les experts souhaitent en effet que l'on mette davantage l'accent sur la promotion de la santé, car des études démontrent qu'il existe un lien entre le mode de vie et la démence.

Il a également été prouvé que le régime alimentaire joue un rôle important dans la prévention de la démence. Par exemple, le fait de ne pas fumer, de consommer de l'alcool avec modération et d'avoir une saine alimentation est un facteur qui contribue à prévenir cette maladie dégénérative. De plus, on considère qu'une saine alimentation est une bonne façon de garder son esprit en santé et d'éviter la démence. Il est possible de réduire les risques en s'alimentant bien, en restant en bonne santé et en adoptant un mode de vie généralement plus sain. Nous devons inciter les Canadiens à s'alimenter de façon à obtenir les vitamines et les minéraux qui les protégeront contre la démence. Les experts recommandent de consommer des aliments riches en fibres et en oméga 3, ainsi que des légumes et du poisson. Des études démontrent que les habitudes alimentaires qui sont bonnes pour le cœur réduisent également les risques de démence.

Il a été prouvé que l'exercice est bon pour la santé et le rendement optimal du cerveau. Nous savons que l'activité physique aide à oxygéner le cerveau et réduit par conséquent les risques de démence. Selon le Dre Sandra Black, du programme de recherche sur le cerveau du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, la population commence à comprendre qu'il faut exercer le cerveau au moyen d'activités mentales et sociales afin de prévenir les risques de démence. Une variété d'exercices faits plusieurs fois par semaine augmente la circulation du sang et l'apport de nutriants au cerveau. Le simple fait de modifier son itinéraire de marche peut constituer un exercice non seulement pour le corps, mais aussi pour le cerveau, ce qui aide à prévenir la démence.

On sait également que l'exercice mental peut renforcer les capacités cérébrales, prévenir l'apparition des symptômes, réduire les risques de démence et améliorer la qualité de vie en général.

La maladie d'Alzheimer est l'une des causes de la démence, et certainement la plus répandue, dans la mesure où c'est à cette maladie qu'on doit 64 p. 100 de tous les cas de démence. L'autre grande cause est la démence vasculaire, caractérisée par une perte progressive des fonctions cérébrales attribuable à une série d'accidents vasculaires cérébraux souvent relativement légers, ce qui peut entraîner une dégradation progressive du comportement, de l'humeur et des facultés cognitives.

En prenant soin de soi-même dès le plus jeune âge, on peut réduire les risques d'accidents vasculaires cérébraux, donc de démence. D'après les études sur le sujet, on devrait insister davantage sur la promotion de la santé. L'hypertension, le cholestérol et le diabète sont autant de facteurs pouvant favoriser l'apparition de la démence. Si l'hypertension est détectée rapidement et si elle est contrôlée, il même est possible de prévenir la démence.

Si on se fie au rapport annuel de la Fondation des maladies du cœur, le taux d'hypertension chez les Canadiens a augmenté de 77 p. 100 de 1994 à 2005. Or, en prenant des mesures pour réduire l'hypertension, on réduit aussi les risques de souffrir de démence. Le simple fait de se sentir utile dans la vie peut peser dans la balance. Selon une étude de l'Université Duke, le fait d'occuper un emploi intellectuellement stimulant à l'âge adulte réduit davantage les risques que la seule éducation, aussi bonne soit-elle. Un nouvel article du Journal of the American Medical Association confirme ces conclusions. Par conséquent, savoir que la vie a un sens et être conscient de pouvoir en garder le contrôle contribuent également à éviter la démence.

Les conversations en tête-à-tête, la socialisation et la vie sociale active contribuent à prévenir la démence. Il semblerait également que les personnes entretenant le plus de liens sociaux, les plus actives au plan intellectuel, soient moins à risque. Nous savons qu'une vie sociale active dans la force de l'âge contribue également à réduire le risque d'être atteint de démence à un âge plus avancé.

Selon le rapport final du Comité sénatorial spécial sur le vieillissement déposé en juin 2009, le gouvernement fédéral doit rejoindre les aînés dans les centres et les clubs pour personnes âgées, mais aussi les aînés isolés socialement. En effet, selon l'Honolulu- Asia Aging Study, une étude sur le vieillissement, les aînés qui continuent de cultiver les relations amicales ont davantage de chances d'échapper à la démence. Les auteurs démontrent que la dépression, le niveau d'éducation et le nombre d'amis sont des facteurs susceptibles d'avoir un impact sur le risque de développer la maladie.

Selon Kieran Cooley, directeur associé à la recherche au Canadian College of Naturopathic Medicine de Toronto, entretenir une vie sociale active au sein d'un groupe de parents ou d'amis, adhérer à un club ou participer à des activités en compagnie d'autres personnes sont autant de facteurs qui stimulent le cerveau et réduisent le stress.

D'autres pays ont déjà pris l'initiative de réduire les conséquences de la démence. La Grande-Bretagne, la France, la Norvège et les Pays-Bas ont élaboré un plan national axé sur le diagnostic précoce et sur des soins à domicile spécialisés ainsi que sur la recherche et la prévention à l'échelle nationale.

Le gouvernement fédéral a de nombreuses raisons de créer une stratégie nationale pour lutter contre la démence. Il ressort clairement qu'il faut coordonner les soins de santé des provinces et accroître la sensibilisation aux facteurs de risque dans l'ensemble de la population canadienne. Le Canada devrait se doter d'un plan national.

Dans l'étude intitulée Raz-de-marée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada, on souligne la nécessité d'une telle approche pour les Canadiens, notamment pour les 500 000 concitoyens qui souffrent de démence. On y recommande également une stratégie nationale, notamment des investissements en recherche et en éducation ainsi qu'un soutien pour les aidants naturels, de mettre davantage d'accent sur la prévention, ainsi que des initiatives pour accroître au Canada le nombre de gériatres, de neurologues, de psychiatres et de personnel infirmier en pratique avancée. Pour réduire de façon substantielle la pression exercée sur les soignants, on suggère de charger des gestionnaires de coordonner les soins à domicile des patients souffrant de démence.

Honorables sénateurs, il est temps de revenir aux méthodes simples mais efficaces permettant de réduire l'immense fardeau financier et émotif que portent les familles canadiennes qui s'occupent de leurs êtres chers. Les familles se débrouillent tant bien que mal. Les personnes atteintes de démence ont besoin d'aide, tout comme leurs soignants.

Debbie Benczkowski, chef de la direction par intérim de la Société Alzheimer du Canada, a affirmé que, si le taux de démence continue d'augmenter au même rythme, le fardeau que portent les particuliers, les familles, les infrastructures de soins de santé et l'économie mondiale sera énorme. De plus, le World Alzheimer Report de 2009 indique clairement qu'on ne peut fermer les yeux sur la crise de la démence. Les soignants non rémunérés dispensent 70 p. 100 des soins et les aînés eux-mêmes s'occupent souvent des membres de leur famille.

Jack Diamond, directeur scientifique de la Société Alzheimer du Canada, dit que les aidants naturels souffrent souvent inutilement du fait qu'ils ne savent pas ce qui se passe. David Harvey, un cadre de la Société Alzheimer du Canada, dit que les aidants naturels ont besoin de services d'éducation et de soutien, dont la possibilité de se soustraire au Régime de pensions du Canada pendant plusieurs années sans qu'aucune sanction financière ne leur soit imposée. En outre, l'amélioration des services liés aux soins et aux traitements et la coordination appropriée de ces services peuvent aider tout le monde dans le traitement de la démence.

Des éléments de preuve incontestables nous disent que nous pouvons éviter la démence ou, à tout le moins, la retarder ou en diminuer la gravité. Mieux nous comprendrons ce phénomène, mieux nous serons équipés pour le prévenir ou retarder son apparition. Il est nécessaire de fournir des services et des formes de soutien qui garantiront aux citoyens leur dignité et leur bien-être.

Honorables sénateurs, de nombreux gouvernements reconnaissent l'importance de mettre l'accent sur le problème de la démence. L'Australie, la Norvège, le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l'Écosse et le Parlement européen ont mis au point des plans ou des cadres précis pour lutter contre la démence. Le Canada devrait lui aussi élaborer des politiques pour gérer cette crise imminente. Nous devons agir maintenant.

Nous devrions tous assumer la responsabilité liée à notre propre état de santé afin de réduire les risques de souffrir de démence. Nous faisons des choix qui sont associés à notre mode de vie. Honorables sénateurs, en tant que parlementaires, nous devrions aussi prendre des mesures pour veiller à ce que le Canada élabore une stratégie nécessaire pour faire face aux niveaux accrus de démence dans notre pays.


Déclarations récentes des sénateurs libéraux

Projet de loi sur le contrôle par les premières nations de leurs systèmes d'éducation

10 avr., 2014 | Par la sénatrice Lillian Eva Dyck | Honorables sénateurs, j'aimerais faire quelques observations au sujet de cette motion. Je l'appuie sans réserve. L'adoption d'une loi sur l'éducation des Premières Nations est très importante pour le bien-être des Premières Nations des quatre coins du Canada, et surtout pour les jeunes Autochtones.

L'écart entre les riches et les pauvres

10 avr., 2014 | Par le sénateur Céline Hervieux-Payette | Qu'entend faire le gouvernement pour tirer les enseignements de la crise financière, réduire les inégalités de la richesse et s'inspirer d'autres juridictions qui ont commencé à mettre la pédale douce sur des rémunérations qui n'ont rien à voir avec la productivité des gens qui reçoivent le salaire moyen d'un Canadien en une demi-journée?

La transmission télévisée des travaux du Sénat

10 avr., 2014 | Par le sénateur Grant Mitchell | Quelle est l'opinion du leader à ce sujet?

Un régime national d'assurance-médicaments

10 avr., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Cette recommandation a reçu l'appui unanime du Sénat; j'en déduis donc, sénateur, que vous serez tout à fait disposé à la faire valoir auprès du gouvernement.

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10 avr., 2014 | Par le sénateur James Cowan | Ma question est donc la suivante : le gouvernement fera-t-il du programme national d'assurance-médicaments une priorité?
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