Déclaration faite le 12 juillet 2010 par le sénateur Terry Mercer
L'honorable Terry M. Mercer :
Honorables sénateurs, la motion qui nous a été présentée aujourd'hui m'inquiète. Nous avons des gens qui suivent nos délibérations à la tribune et d'autres qui nous écoutent ailleurs. Ce dont nous sommes témoins aujourd'hui, c'est une tentative de museler le Parlement, museler les représentants des Canadiens d'un océan à l'autre et, partant, museler les Canadiens eux-mêmes. La population du Canada veut pouvoir s'exprimer. Des milliers de Canadiens l'ont fait dans des messages électroniques, des lettres et des appels téléphoniques que nous avons tous reçus sur d'importants sujets tels que Postes Canada et la suppression de son monopole sur le courrier étranger.
En même temps, le public canadien n'est pas, en général, au courant du fait que l'actuelle présidente de Postes Canada quittera son emploi — la date est vraiment curieuse car c'est le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille et du sénateur Munson — pour aller travailler ailleurs. Savez-vous pour qui? Elle ira travailler pour l'un de nos principaux concurrents pour ce qui est du courrier étranger, la Poste royale britannique. Je me pose des questions à ce sujet. J'aimerais disposer de plus de temps pour en parler.
Lorsque le présent gouvernement est arrivé au pouvoir, le Canada était au premier rang des producteurs d'isotopes médicaux et en exportait un peu partout dans le monde. Ensuite, grâce à la « bonne gestion », à l'« excellente gestion » de Stephen Harper et de ses amis, c'est nous qui devons aller acheter nos isotopes médicaux chez les autres.
Des voix : Bravo!
Le sénateur Mercer : Nous avons dépensé des millions de dollars pour essayer de rétablir la production à Chalk River, mais nous ne produisons toujours pas les quantités d'isotopes dont nous avons besoin.
Nous allons maintenant aborder le sujet favori du sénateur Mitchell, la protection de l'environnement et les lois environnementales.
Le sénateur Mitchell : Merci.
Le sénateur Mercer : Ce projet de loi démolit la législation environnementale comme nul autre. Je ne crois pas qu'il existe un pays occidental qui ait adopté ce genre de mesures législatives. Bien sûr, le gouvernement et tous ces conservateurs de ce côté-là, dont — vous l'aurez probablement remarqué — aucun n'a pris la parole aujourd'hui veulent empêcher le débat sur ces importantes questions. Les Canadiens s'en souviendront. Les sénateurs de ce côté-ci feront de leur mieux pour qu'ils s'en souviennent.
En fait, les sénateurs peuvent venir demain devant les édifices du Parlement assister au lancement de notre tournée canadienne. La tournée commencera demain sous la direction de mon bon ami, Michael Ignatieff, chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes. Il veut notamment expliquer aux Canadiens de quelle façon le gouvernement a interrompu le débat sur d'importantes questions auxquelles le public s'intéresse beaucoup.
Des voix : Non!
Des voix : C'est honteux!
Le sénateur Mercer : Selon certains sondages, il paraît que les conservateurs seraient considérés comme de meilleurs gestionnaires que les libéraux
Ce qui est vraiment ahurissant, c'est qu'il y a encore des gens qui le croient.
Le sénateur Campbell : On aura tout vu!
Le sénateur Mercer : Considérez le déficit : 15 millions, et ce n'est pas fini. Voilà une bonne gestion. Nous avons des records de chômage. Encore un autre indice de bonne gestion. Nous avons des projets de loi qui démolissent la protection de l'environnement. Qu'adviendra-t-il de Postes Canada, honorables sénateurs? Le gouvernement compte-t-il supprimer la distribution rurale la prochaine fois qu'il voudra faire des économies?
Les gens du Canada rural s'en souviendront. La distribution rurale est une chose extrêmement importante dans le Canada rural. Je puis en témoigner puisque j'y ai résidé pendant un certain temps.
Une voix : Surveillez vos arrières.
Le sénateur Mercer : En fait, tout va très bien de ce côté!
Des voix : Bravo!
Le sénateur Mercer : Honorables sénateurs, je ne prendrai pas beaucoup plus de votre temps.
Des voix : Mais non, vous pouvez continuer.
Le sénateur Mercer : Nous avons fait attention. Et c'est le cas d'un nombre croissant de Canadiens. Nous nous en souviendrons.
Des voix : Bravo!
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