Déclaration faite le 16 novembre 2010 par le sénateur James Cowan
L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour féliciter l'Université de Victoria du vif succès de son extraordinaire projet pilote, c'est-à- dire le projet de recherche LE,NONET.
Nous sommes tous conscients de l'importance d'un diplôme d'études postsecondaires dans l'économie du savoir. Nous sommes tous au courant des conclusions des études qui sont faites : un niveau d'éducation plus élevé est synonyme d'une meilleure santé, d'un taux de criminalité plus faible et ainsi de suite. Toutefois, en 2006, seulement 8 p. 100 des Autochtones âgés de 25 à 64 ans avaient un diplôme universitaire, comparativement à 23 p. 100 des Canadiens non autochtones.
L'Université de Victoria a décidé de faire quelque chose pour changer la situation. Elle a créé un milieu universitaire favorable aux Canadiens d'origine autochtone. En 2005, l'université a lancé, avec de l'argent de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire, le projet de recherche LE,NONET. Dans la langue du peuple Salish local, LE,NONET signifie « se déplacer en canot durant une tempête et arriver à bon port ». Quel choix de nom judicieux.
Le projet connaît un succès remarquable. Grâce au LE,NONET, un bien plus grand nombre d'étudiants autochtones arrivent à bon port. Le projet englobe sept programmes, qui ont tous été élaborés en étroite consultation avec les étudiants et les collectivités autochtones. Ces initiatives incluent un programme de bourses traditionnel, en vertu duquel les étudiants reçoivent un montant annuel moyen d'environ 3 500 $. Il y a aussi un fonds de secours d'urgence. Les étudiants retournaient parfois dans leurs collectivités, par exemple pour assister aux funérailles d'un membre de leur famille, mais ils ne revenaient pas à l'université, parce que leurs frais de déplacement étaient tout simplement trop élevés. Ce fonds les aide à assumer de telles dépenses.
Certains programmes sont conçus expressément pour créer à l'Université de Victoria un environnement qui encourage les étudiants autochtones à rester, à apprendre et à réussir. Il y a un programme de jumelage, dans le cadre duquel les nouveaux étudiants sont jumelés à des étudiants autochtones qui fréquentent déjà l'université. Il y a aussi un programme de stages au sein de la collectivité, un programme d'apprentissage en recherche, et un séminaire préparatoire, qui est un cours axé sur l'histoire autochtone, la culture, les méthodes de recherche et les compétences requises pour travailler en milieu autochtone.
L'université a récemment publié ses constatations au terme du projet pilote de quatre ans. Le taux d'obtention de diplôme a augmenté de 20 p. 100. Le taux d'abandon a été inférieur des deux tiers à celui des étudiants ne faisant pas partie du programme. En entrevue, 97 p. 100 des étudiants ont dit que le programme avait contribué à leurs succès. Cette initiative a aussi aidé à bâtir une collectivité. Les étudiants se sentent plus étroitement liés aux collectivités autochtones, tant sur le campus qu'à l'extérieur, de même qu'au milieu plus large de l'université. Paul Wells a écrit ce qui suit dans l'édition de la semaine dernière du magazine Maclean's :
Parfois, les gens laissent entendre qu'être membre des Premières nations et fréquenter l'université sont deux choses contradictoires. La majorité des participants au projet LE,NONET ne sont pas d'accord avec ce point de vue.
En 1999, l'Université de Victoria comptait moins de 100 étudiants autochtones. Aujourd'hui, elle en a près de 700. Le nombre de diplômés a aussi explosé, puisqu'il est passé de moins de 10 à près de 150. Honorables sénateurs, cette initiative est une belle réussite. Je félicite sincèrement — et je pense m'exprimer au nom de tous les sénateurs — David Turpin, président de l'Université de Victoria, ses collègues, les représentants de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire qui ont formé un partenariat avec l'université et, en particulier, les étudiants autochtones qui ont participé au projet LE,NONET. Ensemble, ils bâtissent véritablement un avenir meilleur pour tous les Canadiens.