Discours et débats

L'honorable Peter A. Stollery

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Déclaration faite le 23 novembre 2010 par le sénateur Peter Stollery (retraité)

L'honorable Peter A. Stollery :

Honorables sénateurs, c'est pour moi une expérience exceptionnelle que de prendre ma retraite au terme de près de 40 ans de vie politique au Parlement. J'ai donc pris quelques notes.

Lorsque j'ai été élu pour la première fois à la Chambre des communes, en 1972, les élections ont été difficiles pour les libéraux. Quant à savoir qui allait former le gouvernement, M. Trudeau ou M. Stanfield, l'issue dépendait en grande partie du dépouillement judiciaire des bulletins de vote dans ce qui était alors la circonscription Ontario de Norm Cafik, libéral. Il a été déclaré perdant le soir des élections et il a été déclaré élu après le dépouillement, donnant une majorité de deux sièges aux libéraux qui, sous la direction parlementaire compétente d'Allan MacEachen, ont formé le gouvernement. J'étais enthousiasmé et inquiet à la fois. Je venais d'être élu, mais j'étais fauché, ayant assumé moi-même mes dépenses électorales, et je risquais la défaite dans un mois ou deux lors d'un autre scrutin.

Me voici aujourd'hui, 38 ans plus tard, en compagnie de gens qui disent de gentilles choses à mon sujet, ce qui me fait plaisir. Ils ne disent rien quand vous êtes défait à la Chambre des communes; vous n'existez même plus. Je ne connaissais rien du Parlement lorsque je suis venu ici. Une des grandes différences entre être élu à la Chambre des communes et être nommé au Sénat est que, lorsque vous êtes élu à la Chambre des communes, vous n'êtes pas le seul nouveau. Vous vous liez d'amitié avec les autres nouveaux parce que vous traversez tous la même expérience horrible pour la première fois. C'est comme la première année à l'école.

Lorsque vous venez au Sénat, vous arrivez seul et il vous faut plus de temps pour développer des liens de camaraderie. J'ai eu de la chance. Je me suis fait de nombreux amis durant le temps que j'ai passé à la Chambre des communes et je me suis fait des camarades ici, au Sénat.

Je remercie tous ceux qui ont enrichi ma vie : tous les gens de contrées lointaines qui appris les usages du monde et ceux qui m'ont aidé et m'ont appris les usages en politique. Je parle de tout un éventail de personnes, parmi lesquelles j'aimerais mentionner M. Ken Counsell, le regretté époux de notre ancienne collègue, le sénateur Trenholme Counsell, et M. Joseph Ricciuti, de Toronto.

Honorables sénateurs, permettez-moi de mentionner brièvement mes parents : ma mère, qui a enduré mes manières non orthodoxes, et mon défunt père, Alan Stollery, qui m'a encouragé.

Si je parle français, c'est à cause de mon père qui disait ceci, en 1955 : « On a deux langues au Canada. Il faut utiliser beaucoup plus le français au Canada. » Quand, en 1958, j'ai trouvé un travail en Algérie française, je lui ai envoyé un message. La réponse fut la suivante : « Allez-y! Vous aurez l'occasion d'apprendre le français. » En 1955, c'était bien avant la mode du bilinguisme.

C'était la réponse d'un homme d'affaires torontois qui ne parlait pas un mot de français et qui était rarement sorti de l'Ontario.

Sans l'esprit curieux que mon père m'a transmis, je ne serais rien du tout.

Honorables sénateurs, j'ai de très bonnes raisons d'être reconnaissant, et je le suis. Je tiens à vous remercier tous de vos paroles aimables. J'adresse aussi mes remerciements les plus sincères à ceux qui m'ont fait.

Je vois à la tribune Mme Calvert, qui travaille sur la Colline depuis 1962 et qui a longtemps été ma collaboratrice. J'ai écrit dans mes notes qu'elle a dû me supporter. La vérité, c'est que nous nous sommes supportés l'un l'autre depuis 1972. C'est un vrai record.

Honorables sénateurs, je voudrais terminer en disant d'abord que le sénateur Mahovlich a presque réussi à m'avoir à New Delhi. Je ne sais pas comment j'ai pu sortir le nom de Lutyens. Je ne plaisante pas. J'ai pensé à toutes sortes d'architectes obscurs, puis le nom a surgi au bon moment.

Deuxièmement, pour toutes ces questions de transport aérien et de déplacements, je ne crois pas aux avions. J'ai la chance d'être né avant l'ère du long-courrier à réaction. J'ai donc passé ma vie à voyager sur terre et par mer. On ne peut rencontrer personne dans un avion volant à 30 000 pieds d'altitude.

Troisièmement, je voudrais dire au sénateur Di Nino que nous ne passerons pas aux machines à laver et aux séchoirs avant l'étape suivante. Pour le moment, nous sommes en train de nous familiariser avec les cuisinières. Il y a plus de fils à l'arrière d'une cuisinière que je n'en ai jamais vu de ma vie.

Merci beaucoup.

Des voix : Bravo!


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