Déclaration faite le 24 novembre 2010 par la sénatrice Vivienne Poy
L'honorable Vivienne Poy :
Honorables sénateurs, le 10 novembre 2010, le magazine Maclean's se demandait en gros caractères si les meilleures universités canadiennes n'étaient pas « trop asiatiques ». Un autre article, dans le Toronto Star, était coiffé d'un titre qui disait que les étudiants asiatiques étaient prêts à souffrir pour réussir et invitait les parents asiatiques à cesser de pousser leurs enfants à aller à l'université.
Les auteurs de ces articles ont qualifié « d'Asiatiques » les étudiants aux traits asiatiques qui fréquentent l'Université de Toronto, l'Université de la Colombie-Britannique et l'Université de Waterloo. Mais, à part quelques étudiants étrangers, les étudiants de ces universités ne sont-ils pas majoritairement canadiens? Le Conseil national des Canadiens chinois a réagi en déclarant que ces articles servaient à semer la peur et à cultiver les antagonismes.
Le Maclean's laisse entendre que les étudiants « blancs » qui préfèrent boire et faire la fête ne sont pas capables de faire face à la concurrence lorsque vient le temps d'être admis dans les universités parce que les étudiants asiatiques travaillent trop fort. Le corollaire de ce point de vue est que les étudiants caucasiens sont trop paresseux pour étudier, mais qu'ils ont le droit sacré d'être admis quand même à l'université. Les étudiants au physique asiatique sont « les autres » qui ne font pas partie de nous et dont il faudrait diminuer le nombre parce que nos universités en acceptent trop.
Les parents et les étudiants caucasiens devraient être très contrariés de ce portrait défavorable.
Alors, qui donc est canadien? Je vous le demande. À quels traits physiques reconnaît-on les Canadiens? On n'a qu'à regarder autour de soi dans les grandes villes pour y voir des visages provenant de partout dans le monde. La plupart de ces gens sont canadiens et ont le droit d'être admis selon leur mérite dans nos universités.
Le Canada a besoin d'étudiants qui ont le goût d'apprendre et qui ont l'esprit de l'entrepreneur et de l'innovateur. Nous avons besoin de ces qualités pour assurer nos réussites futures, comme en fait foi la situation de l'Université de Toronto, qui occupait le premier rang au pays pour la recherche universitaire au cours des trois dernières années et qui fait partie des meilleures universités au monde.
Il est rétrograde de prétendre que les gens au physique asiatique ne sont pas les bienvenus dans nos campus. Depuis quand travailler fort et se montrer studieux est-il considéré comme un problème dans la société?
« Honteusement xénophobe » : voilà comment Jeet Heer, de l'Université York, qualifiait l'article du Maclean's dans le National Post, le 15 novembre. À ses yeux, cet article ressemble en tous points aux propos d'A. Lawrence Lowell, recteur de l'Université Harvard, qui écrivait en 1920 que le corps étudiant comptait trop de Juifs. Imaginez quelle aurait été la réaction si Maclean's avait utilisé ce titre.
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Le président de l'Université de l'Université de Toronto, David Naylor, a affirmé ceci :
Nous n'avons jamais reçu de plaintes de la part d'étudiants [...] Les étudiants d'origine asiatique participent pleinement aux activités parascolaires. Cette allégation est donc complètement fausse.
Mei-Ling Chen, une récente diplômée de l'Université de Toronto, a affirmé que l'article constituait une forme d'intimidation.
Honorables sénateurs, veuillez vous joindre à moi pour dénoncer cette tentative flagrante de semer la division au sein de la société canadienne.
Des voix : Bravo!