Déclaration faite le 11 juin 2008 par la sénatrice Lorna Milne (retraité)
L'honorable Lorna Milne:
Honorables sénateurs, pas plus tard
que la semaine dernière, j'ai entendu une autre histoire d'horreur. Lorsque le
Comité sénatorial permanent de l'énergie, de l'environnement et des ressources
naturelles s'est rendu dans le Nord, à Tuktoyaktuk, mercredi dernier, Roger
Gruben nous a fait faire une tournée du village. Il nous a relaté avec émotion
les traitements différents du sien qu'avaient subi bon nombre de ses amis dans
un pensionnat autochtone.
Son dortoir était le dortoir anglican et celui de ses meilleurs amis était le dortoir catholique,
tout juste de l'autre côté de la rue. L'école était commune et ils partageaient
les mêmes pupitres. Lorsque le surveillant traversait son dortoir, tard la
nuit, les jeunes étaient rassurés en entendant le crissement de ses chaussures
sur le plancher de tuile : tout allait pour le mieux et ils étaient en
sécurité. De l'autre côté de la rue, pourtant, un autre crissement de
chaussures tard la nuit annonçait l'approche du rôdeur que les amis de M.
Gruben appelaient « la bête rouge ». Les jeunes tremblaient sous leurs
couvertures en priant que ce ne soit pas leur tour ce soir-là.
Lorsqu'ils retournaient
chez eux, à Noël ou pour l'été, les jeunes avaient peur de révéler à leurs
parents fervents catholiques ce qui leur arrivait à l'école. Le meilleur ami de
M. Gruben a été agressé sexuellement et, par la suite, il s'est suicidé.
Nous connaissons tous des
gens exceptionnels qui ont été les victimes de tels abus inqualifiables.
J'espère sincèrement que les excuses prononcées aujourd'hui par le gouvernement
pour ce sombre chapitre de l'histoire du Canada serviront à amorcer et à
favoriser un processus de guérison si nécessaire.