Déclaration faite le 12 juin 2008 par Patrick Brazeau, chef national, Congrès des Peuples Autochtones
Patrick Brazeau, chef
national, Congrès des Peuples Autochtones:
Honorables sénateurs, c'est un plaisir et un
honneur pour moi d'être ici au nom du Congrès des Peuples Autochtones et, pour
la deuxième fois en autant de jours, de pouvoir m'adresser à la Chambre des
communes et, maintenant, au Sénat.
Le premier ministre a
vraiment fait une annonce historique hier. On utilise beaucoup trop souvent le
qualificatif « historique » à toutes les sauces. Cependant, notre présence sur
le parquet de la Chambre des communes hier marquait véritablement un événement
historique. C'était une occasion de grande fierté, particulièrement pour les
survivants des pensionnats indiens qui assistaient à l'événement et pour les
téléspectateurs qui étaient à l'écoute partout au Canada.
Une forte majorité de
Canadiens autochtones ont bien accueilli ces excuses parce qu'ils ont vu
qu'elles étaient sincères. Il faut féliciter le premier ministre du leadership
dont il a fait preuve en permettant la tenue de l'événement d'hier, initiative
audacieuse qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait prise avant lui.
En tant que jeune Canadien
autochtone, je suis fier de ce qui s'est passé hier parce que, dans l'ensemble,
l'événement s'est déroulé de façon non partisane. Il n'a pas été question de
partis politiques, mais plutôt de faire ce qui s'imposait tant sur le plan
humain que sur le plan moral. Nous en remercions également les sénateurs.
La question des pensionnats
indiens est aussi une question de droits de la personne. On nous a demandé ce
qu'on pouvait faire pour s'assurer que le partenariat entre le gouvernement du
Canada et les peuples autochtones soit plus fort dans ce pays.
Le Sénat est actuellement
saisi du projet de loi C-21, qui porte sur les droits de la personne. Pendant
30 ans, on a nié aux Canadiens des Premières nations la possibilité de faire
appel à la Commission canadienne des droits de la personne dans les cas où ils
estimaient que le ministère des Affaires indiennes, le gouvernement fédéral ou
divers conseils de bande les avaient traités de façon discriminatoire. Cette
question me touche personnellement parce que mes trois enfants sont considérés,
selon les termes du gouvernement fédéral, comme des Indiens inscrits. Autrement
dit, ils ne peuvent pas se tourner vers la Commission canadienne des droits de
la personne s'ils estiment avoir été victimes de discrimination. Je suis
citoyen canadien, mais je ne peux pas moi non plus le faire; par contre, mes
neveux et nièces, que le gouvernement fédéral considère comme des Indiens non
inscrits peuvent faire appel à la commission s'ils jugent avoir été victimes de
discrimination. Cette question a fait l'objet de vastes consultations depuis 30
ans; le temps est venu d'aller de l'avant et de cesser de violer les droits
fondamentaux des Autochtones.
Honorables sénateurs, je
vous demande sans plus tarder, pour mes enfants et pour des centaines d'enfants
autochtones du Canada, d'adopter cette mesure législative. Meegwetch.