Déclaration faite le 30 novembre 2010 par le sénateur Jean Lapointe (retraité)
L'honorable Jean Lapointe :
Votre Honneur, honorables sénateurs, je me sens actuellement comme un pompier, un pompier qui a la larme à l'œil.
Je vais être bref. Je ne peux pas nommer tous les sénateurs que j'aime ici, mais je tiens à vous saluer bien bas, Votre Honneur, pour avoir accompli un miracle. En peu de temps, vous avez appris le français, et vous m'avez donné beaucoup de chances. Je ne suis pas un imbécile; quand j'étais le dernier à vouloir parler et que je n'étais pas supposé le faire, vous me laissiez parler quand même.
Je tiens à m'excuser auprès de nos adversaires lorsque mes paroles ont dépassé ma pensée. Je n'en veux à personne. Je ne suis pas venu ici pour faire la guerre, mais plutôt pour essayer d'apporter un peu de paix.
Je tiens à remercier, en particulier, le sénateur Céline Hervieux- Payette, qui m'a servi de phare pendant toutes mes années au Sénat. Avant de commettre une bévue, j'allais lui parler de ce que je voulais dire. Elle me disait : « Tais-toi! » Je disais : « D'accord. »
Je veux remercier le sénateur Francis Fox, qui a non seulement été un autre guide pour moi, mais qui a aussi été impliqué au sein de la Fondation de la Maison Jean-Lapointe, des centres pour adolescents et autres. Depuis quelques années, la Maison Jean- Lapointe comporte une nouvelle facette, soit le jeu. Je suis fier de dire que ma fille, Anne Élizabeth, y est directrice des programmes de sensibilisation. Elle effectue un bon travail et est admirée et aimée des gens qui travaillent avec elle.
Je veux remercier le sénateur Paul Massicotte, qui m'a grandement aidé à passer à travers une période creuse. Je veux également remercier le sénateur Pierre Claude Nolin, un sénateur conservateur qui m'a toujours appuyé dans ma démarche sur les loteries vidéo, envers et contre tous. C'est un homme que j'aime beaucoup, un avocat très droit.
Je veux remercier un des plus grands sénateurs que j'aie rencontrés ici, le sénateur George Furey, qui a fait un travail remarquable et qui continue de le faire.
Je veux évidemment remercier les sénateurs chantants, les sénateurs Rompkey et Ringuette. Nous avons eu du plaisir à chanter, et je pense que nous avons fait honneur au Sénat en le faisant.
Je veux remercier Francine Charron, mon adjointe administrative, de même que Pascal Charron, mon attaché politique, qui m'a tant aidé dans le dossier des loteries.
Le sénateur Andrée Champagne faisait allusion plus tôt à mes absences. Je dois dire que j'ai été très malade pendant trois ans. Je ne veux pas lui faire de reproches, mais le médecin m'avait signé un papier justifiant mon absence du Sénat pour une période indéfinie. C'est Céline Hervieux-Payette, mon amie, qui m'a dit : « Ne reste pas chez toi, tu vas déprimer davantage. Viens au Sénat, on t'aime et on va t'aider. » C'était honnête de sa part de le dire. Je m'absentais souvent, j'étais au bout de la rangée — j'avais d'ailleurs demandé d'y être car j'avais souvent des malaises et il fallait que je sorte de la salle. Néanmoins, j'écoutais les débats de mon bureau et, quand il y avait un vote, je descendais.
Je veux remercier tout le personnel du Sénat. Quand je suis arrivé ici, j'étais tellement ébloui par la beauté du Sénat que je me suis demandé : « Qu'est-ce que je fais ici? »
J'ai un coup d'émotion en remerciant ma grande amie, Viola Léger. Je souhaite de tout cœur que, après ma tournée avec les Jérolas et le film sur lequel je travaille actuellement, si le bon Dieu nous laisse la santé, nous nous retrouverons un jour tous les deux sur la même scène.
En terminant, je veux remercier les membres de ma famille et tous ceux et celles qui se sont déplacés pour venir assister aux hommages d'aujourd'hui et qui ont fait le voyage, entre autres mon agent que j'aime tellement.
À vous tous et toutes qui êtes ici, de quelque parti que ce soit — parce que je suis un libéral entre guillemets, je n'ai pas toujours voté du côté selon la ligne de parti, je ne me souviens pas avoir voté conservateur, sauf une fois peut-être, et c'était une erreur de jeunesse. Des erreurs de jeunesse, ça arrive à tout le monde! —, du premier au dernier, je vous dis le plus grand des mercis. Je garderai un souvenir inoubliable — je vois mon ami Demers, en face, qui me regarde, je l'aime tant — de ces moments passés au Sénat. Du fond du cœur, merci.