Honorables sénateurs, ma question s'adresse au leader du gouvernement au Sénat.
J'aimerais lire quelques extraits d'une lettre d'Ann Hackett. Elle dit ceci :
Je suis une employée handicapée de Nortel Networks qui possède un niveau d'instruction très élevé. Quand Nortel m'a embauché en 1988, on m'a dit que les employés de la compagnie étaient très valorisés et que c'est pour cela qu'on leur offrait les meilleurs avantages sociaux imaginables. Personne n'a mentionné que le régime était assuré par la compagnie même. Pensant que ma famille et moi étions complètement assurés, j'ai refusé de souscrire à de nombreuses polices d'assurance, [...] polices auxquelles je ne suis plus admissible dans mon état actuel.
J'ai cotisé le plein montant au régime de prestations alors que la compagnie elle-même ne payait pas sa juste part, sans parler du fait que l'argent du fonds a été utilisé à d'autres fins et que des emprunts non garantis ont été faits à l'aide de mes avantages futurs. Nortel a la responsabilité de payer sa part de notre contrat. J'ai un enfant de 10 ans, et j'ai survécu à un terrible cancer qui m'a laissé handicapée. Je me suis battu très fort pour survivre, et le risque que je perde mes prestations d'invalidité de longue durée en décembre 2010 est une source de stress et d'instabilité pour moi et ma famille.
[...] si le projet de loi S-216 n'est pas adopté, les contribuables canadiens devront, en fin de compte, payer pour les agissements ignobles de Nortel le jour où, les employés invalides n'ayant plus le choix, ils devront se mettre sous la protection de l'État. Le Royaume-Uni et d'autres pays occidentaux ont adopté des lois pour protéger leurs citoyens qui se trouvent dans une situation comme la mienne.
Les employés constituaient l'actif le plus précieux de Nortel. Nous avons travaillé fort et nous avions confiance en notre entreprise. La plupart de mes REER se sont volatilisés avec la faillite de Nortel. Nous devons maintenant tâcher de récupérer l'argent que convoitent aussi des requins de la finance et des spéculateurs. Nous avons besoin de cet argent pour subvenir à nos besoins élémentaires, et non pour engranger des millions en profits ou en primes. Il n'y a pas d'autres mots pour décrire cette injustice.
Personne ne souhaite tomber malade ou devenir invalide. C'est un véritable cauchemar de se demander constamment ce qui va se produire après le 31 décembre 2010, lorsque les prestations d'invalidité et les remboursements de dépenses médicales vont cesser. L'échéance fatidique approche rapidement pour nous [...]
En cette période de Noël, j'espère que vous trouverez dans vos cœurs la force de prendre la bonne décision pour venir en aide aux 400 employés invalides de Nortel. Le jour de Noël, lorsque vos êtres chers vous regarderont, les yeux remplis de bonheur, vous seul saurez quel sentiment habitera nos regards à nous et ceux de nos êtres chers le même jour et pour le reste de nos vies.
Nous nous en remettons donc à vous et vous demandons de nous soustraire à l'injustice qui a frappé nos familles en raison de la maladie.
Voici la question que je pose à la ministre : Puisque le gouvernement a décidé de ne pas appuyer le projet de loi S-216, qu'est-ce qu'il compte faire d'ici la fin de l'année pour aider ces employés de Nortel? Madame le leader agira-t-elle comme le commande l'esprit du temps des Fêtes? Noël est le temps des miracles. Ces gens ont besoin d'un miracle. Que fera le gouvernement?