Discours et débats

La candidature d'Edmonton pour l'Exposition de 2017

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Déclaration faite le 09 décembre 2010 par le sénateur Grant Mitchell

L'honorable Grant Mitchell :

Honorables sénateurs, je veux intervenir sur cette interpellation et appuyer les propos du sénateur Banks et du sénateur Tardif. On a l'impression qu'on n'en dira jamais assez pour parvenir à toucher le gouvernement et l'amener à comprendre exactement ce qu'il a fait à Edmonton et à l'Alberta, et combien il a nui aux perspectives que ce projet laissait miroiter pour le Canada.

L'élément le plus troublant pour moi est l'importance des occasions ratées. Le monde sait que ce genre d'exposition marque souvent le début d'une transformation du pays hôte et de la ville hôte. Il suffit de voir ce que cet événement à fait à Vancouver, en 1986. Il a catapulté cette ville sur la scène mondiale. Cette présence accrue dans le monde est déjà, en soi, une occasion ratée pour Edmonton, qui est une ville de classe mondiale, mais dont l'avenir est encore tellement prometteur.

Le dossier de candidature présenté par la Ville d'Edmonton représentait une autre occasion extrêmement importante, illustrée dans son thème de l'énergie à notre époque. Le secteur de l'énergie en Alberta, particulièrement en ce qui concerne l'exploitation de sables pétrolifères, commence a avoir un problème, parce que le monde ne comprend pas bien l'importance que revêt ce projet pour extraire du pétrole de façon sûre et sécuritaire tout en respectant l'environnement.

De bien des manières, le secteur des sables pétrolifères est déjà un chef de file mondial à cet égard. Ce n'est pas suffisant et il y a encore beaucoup de travail à faire. Cette exposition aurait donné à l'Alberta et à Edmonton une occasion de mettre en valeur son secteur de l'énergie d'une façon qu'on ne voit pas souvent dans le monde, c'est-à-dire dans le cadre d'une initiative environnementale solide et avec une volonté de faire davantage pour la renforcer. Une telle occasion ne se présente pas souvent. L'exposition mondiale de 2017 nous aurait permis de saisir une occasion et de promouvoir à la fois ce secteur et le Canada.

J'espère que le gouvernement ne durera pas assez longtemps pour nuire davantage à notre réputation internationale. Cela prendra du temps pour restaurer cette réputation. Une exposition bien structurée — une vitrine sur le monde — attire l'attention de gens du monde entier. Une exposition mondiale tenue au Canada en 2017 aurait grandement contribué à établir notre force, notre présence et notre prestige sur la scène internationale.

Honorables sénateurs, l'exposition de 2017 aurait pu devenir le point d'ancrage des célébrations du 150e anniversaire du Canada. Souvenez-vous de 1967, tandis qu'Expo 67 a rassemblé des Canadiens de tout le pays pour célébrer les réalisations prodigieuses et merveilleuses du Canada. Le 150e anniversaire est tout aussi important et le gouvernement n'a encore rien proposé. Il semble n'y avoir absolument aucun projet à l'étude pour célébrer cet événement de façon significative. L'exposition mondiale de 2017 était une occasion évidente qui aurait pu être le point d'ancrage des célébrations du 150e anniversaire du Canada.

Edmonton, l'Alberta et le Canada ont manqué la chance de concrétiser cette célébration, qui aurait pu transmettre le message que le Canada est un endroit remarquable de façon générale et, plus particulièrement, qui aurait pu démontrer les efforts que nous déployons pour la planète dans le secteur de l'énergie, dans une perspective environnementale. L'événement aurait aussi attiré notre attention sur le Canada et sur l'Alberta, nous aurait encouragés à faire davantage pour protéger l'environnement en veillant à donner à ces ressources énergétiques l'éclairage le plus respectueux possible de l'environnement. Toutes ces occasions sont perdues.

Le gouvernement prétendra que c'est une question d'argent. Si c'est une question d'argent, c'en est une uniquement parce que le gouvernement a géré de façon tout à fait incompétente les finances du pays. Depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, les dépenses ont augmenté de 80 milliards de dollars. Cela représente une augmentation de 40 p. 100 des dépenses par un gouvernement conservateur assurément de droite, qui avait déclaré qu'il pouvait gérer le gouvernement de manière financièrement responsable. Pourtant, tout pointe vers le contraire. Il dépensera 16 milliards de dollars — il dit 16 milliards, mais nous savons que ce sera plus — pour acheter des avions de combat qu'il a acceptés sans appel d'offres.

Où est la responsabilité financière dans tout cela? Le gouvernement a gaspillé une bonne partie de la somme de 1,3 milliard de dollars qu'ont coûté les sommets du G8 et du G20 parce qu'il ne peut même pas gérer ce genre d'événement. Le gouvernement dépensera des milliards de dollars pour construire des prisons qui n'accroîtront pas notre sécurité, mais la diminueront.

Quel exemple de leadership le premier ministre a-t-il donné devant tout cela? Il a accru le budget de son cabinet de 30 p. 100 en deux ans. Évidemment, de ce côté-là, il fait montre d'un grand leadership.

Le sénateur Mercer : D'où vient-il?

Le sénateur Mitchell : Il est de l'Alberta.

Le sénateur Mercer : Il est de Calgary.

Le sénateur Mitchell : Nous n'irons pas sur ce terrain parce que Calgary est une ville très correcte.

Le premier ministre a assuré un leadership au sein de son cabinet et cela a fait augmenter les dépenses de 16 p. 100. Les sénateurs peuvent voir les conséquences de ce genre de responsabilité financière; et Edmonton, en Alberta, fait les frais d'un gouvernement qui a littéralement dilapidé l'argent.

Je ne puis pas m'empêcher de mentionner les Émirats arabes unis, où 300 millions de dollars ont été perdus en raison d'une incompétence fondamentale en matière de relations internationales. Ces 300 millions de dollars auraient pu faire beaucoup pour soutenir l'obtention de l'exposition mondiale de 2017.

Parlons des fonds effectivement en cause dans le projet. Sept cent millions de dollars auraient été demandés au gouvernement fédéral pour les immobilisations et d'autres mesures de soutien. Le gouvernement fédéral a affirmé que ce chiffre dépasserait 1 milliard de dollars. La différence varie entre 300 et 400 millions de dollars, que le gouvernement attribue au coût des mesures de sécurité. Même si c'était effectivement le coût lié à la sécurité, le gouvernement fédéral ne serait pas le seul à l'assumer. Il serait responsable d'environ 10 p. 100 du coût, mais en fait, il ne s'agit même pas de coûts liés à la sécurité. Ceux-ci sont estimés à 91 millions de dollars, en dollars de 2017, dont la part pour le gouvernement fédéral serait d'environ 11 millions de dollars, ce qui amènerait sa responsabilité et sa contribution financière au projet à un peu plus de 700 millions de dollars.

C'est une somme conséquente. Elle l'est d'autant plus quand on constate les sommes gaspillées à cause de l'incompétence financière du gouvernement. Cependant, n'oublions pas que ce n'est pas une somme qu'il faudra débourser l'an prochain; la dépense s'échelonnera sur sept ou huit ans. Cela revient à 100 millions de dollars par année.

Le gouvernement, avec ses 27 députés de l'Alberta qui, penserait- on, seraient en mesure d'obtenir au moins 100 millions de dollars par année pour leur province, a totalement laissé tomber l'Alberta, et Edmonton en particulier, en renonçant à ce projet à cause d'une somme qui n'est pas insurmontable.

Qui plus est, ce n'est que plus tard, de 2015 à 2017, qu'il faudra débloquer la majorité des fonds, et le gouvernement a affirmé qu'il aura équilibré le budget en 2014 ou en 2015. Son hésitation à même envisager la possibilité qu'il ait de l'argent de 2015 à 2017 pour le projet doit-elle être interprétée comme un manque de confiance quant à la projection selon laquelle le gouvernement équilibrerait le budget en 2014 et aurait, je suppose, trois ans d'excédents budgétaires pour financer le projet? Il est surprenant et inquiétant de penser que l'affirmation du gouvernement selon laquelle il compte revenir à l'équilibre budgétaire en 2014 pourrait n'être que paroles en l'air.

Le sénateur Day : Cela ne m'étonnerait pas.

Le sénateur Mitchell : Honorables sénateurs, l'autre élément contrariant est la façon dont les Edmontoniens et les Albertains ont été traités. Le ministre responsable de la région s'est montré très encourageant, notamment auprès des habitants d'Edmonton. Après qu'Edmonton ait cru le gouvernement, notamment M. Moore, sur parole, un groupe solide a été créé et s'est chargé d'élaborer une proposition, sur laquelle on a travaillé pendant plusieurs années. Les Edmontoniens ont dépensé beaucoup d'argent dans le cadre de l'élaboration de la proposition et, sans préavis aucun, ont été avisés que le gouvernement avait refusé de participer ou de contribuer.

Pire encore, les membres du comité organisateur et d'autres personnes ont demandé de rencontrer la ministre Ambrose à bon nombre d'occasions sur une longue période de temps et cette dernière n'a jamais même eu la décence de les voir. Comment se fait- il que la ministre n'accepte même pas de rencontrer un groupe de personnes aussi important, chargé d'étudier un projet d'une telle importance? Que lui faut-il d'autre?

Puis, lorsqu'elle a reçu le texte de la proposition, personne n'a demandé à rencontrer les membres de l'équipe pour soulever certaines divergences d'opinions ou parler d'évaluations sur les chiffres présentés afin de trouver des moyens de pouvoir lancer ce projet de l'avant. Non, ce fut un refus arbitraire. Les responsables n'ont même pas eu la décence de s'entretenir avec les gens d'Edmonton, avec le maire d'Edmonton et avec la Ville d'Edmonton, de façon polie et respectueuse et d'essayer à tout le moins de faire preuve d'une certaine compréhension à l'égard des aspirations de cette ville.

Honorables sénateurs, j'entends chahuter du côté du leader, ce qui démontre tout à fait le genre d'attitude à laquelle les gens d'Edmonton ont eu à faire face dans le cadre de ce processus. Pourquoi la ministre Ambrose a-t-elle refusé de rencontrer ces gens? C'est la vérité.

On peut aussi se demander pourquoi les conservateurs ont agi de la sorte. Pourquoi ont-ils fait une telle chose alors que les dépenses prévues n'étaient pas très élevées et qu'en cas de besoin, nous aurions, si nous en croyons les propos du ministre des Finances, l'argent nécessaire pour le faire? Pourquoi ont-ils traité les gens d'Edmonton ainsi? À mon avis, c'est une question purement politique. Les grandes forces de ce gouvernement sont orientées vers la propagande politique, les manigances politiques et la stratégie politique.

Il est très avantageux sur le plan politique pour le premier ministre de dire aux gens d'Edmonton et de l'Alberta que le gouvernement ne donnera pas à Edmonton l'argent dont la ville a besoin. Qu'est-ce qu'une telle décision peut lui rapporter du point de vue politique? Cela permet au gouvernement de dire à tous les Canadiens qu'il surveille les dépenses de très près. C'est une tentative en vue de faire oublier qu'il a dépensé plus d'argent qu'aucun autre gouvernement dans toute l'histoire du pays. Nous avons actuellement le plus gros déficit de toute l'histoire du Canada, mais le gouvernement tente de détourner l'attention, de distraire les gens et d'envoyer un message visant à prouver qu'il tient résolument les cordons de la bourse. C'est ce qu'il fait au détriment des gens d'Edmonton.

Il envoie aussi bien sûr en même temps un message à toutes les autres villes du pays qui pourraient vouloir obtenir une aide du gouvernement fédéral pour la construction d'un aréna.

Honorables sénateurs, permettez-moi de dire que ce dossier n'a rien à voir avec un aréna de hockey. Comme je l'ai dit, nous parlons ici d'aspirations et d'occasions pour les gens d'Edmonton, de l'Alberta et du Canada. Nous parlons d'un projet remarquable qui renforcerait la présence du Canada, de l'Alberta et d'Edmonton sur la scène internationale. Ce projet redorerait notre image dans le monde et il enverrait un message clair quant à l'engagement que nous avons pris de faire appel à des énergies renouvelables et durables dans l'avenir.

Hélas, le gouvernement a sacrifié tout cela, sans invoquer un motif plus noble et sans se préoccuper des sentiments et des aspirations des résidants d'Edmonton et de l'Alberta. Le gouvernement a agi d'une façon brusque, impolie et cavalière qui confirme que ce parti et le premier ministre donnent priorité à leurs intérêts politiques plutôt qu'aux aspirations des gens qu'ils représentent dans cette province. C'est à la fois honteux et très malheureux. J'espère que nous pourrons convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision et de prendre la décision qui s'impose pour les gens d'Edmonton, de l'Alberta et du Canada.

Des voix : Bravo!


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