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Les technologies du développement durable

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Déclaration faite le 09 décembre 2010 par le sénateur Grant Mitchell

L'honorable Grant Mitchell:

Honorables sénateurs, à l'intention de ceux qui ne sont pas ici depuis longtemps, je vais revenir sur quelque chose qui avait fait l'actualité pour toutes les bonnes raisons, mais qui risque de tourner au vinaigre si le gouvernement ne prend pas bientôt des mesures concrètes et, je dirais, relativement simples.

Je veux parler aujourd'hui de l'organisme Technologies du développement durable du Canada, fondé en 2002 par le gouvernement libéral comme outil d'intervention permettant de créer, grâce à des investissements judicieux et soigneusement analysés dans les initiatives technologiques vertes du Canada, des répercussions économiques et environnementales intéressantes pour les Canadiens. Depuis huit ans, il a favorisé le développement et la démonstration de toute une variété de solutions technologiques dans divers domaines, comme la qualité de l'air, de l'eau et du sol et, vous l'aurez bien sûr deviné, les changements climatiques.

Technologies du développement durable du Canada mise pour ce faire sur la conclusion de partenariats innovateurs et la mise en œuvre d'une infrastructure technologique du développement durable, qui a d'ailleurs acquis une réputation des plus enviables de par le monde, notamment grâce aux analystes spécialisés en technologies et aux analystes en investissements, à qui l'on doit le bilan plus que reluisant des dernières années. À partir de maintenant, je vais utiliser le signe TDDC.

TDDC est le proverbial chaînon qui manque bien souvent dans le processus qui permet de transformer une idée innovatrice en un produit ou un service commercialement viable. Entre la recherche et la commercialisation, la chaîne de l'innovation compte de nombreux chaînons. On croit souvent que l'évolution d'un produit se résume à ces deux étapes, mais en réalité, il y en a beaucoup d'autres. Le développement et la démonstration en font partie. Or, traditionnellement, ces deux étapes sont peu financées, mais c'est là qu'entre en scène TDDC, dont le mandat consiste à combler cette lacune et à prendre, souvent littéralement, les technologies en laboratoire et à trouver, directement ou indirectement, les ressources qui permettront de développer les prototypes grandeur nature qui attireront ensuite les autres sources de financement et de soutien nécessaires à la création d'un produit ou d'un processus commercialement viable.

Jusqu'à maintenant, les résultats sont probants. En huit ans, TDDC a reçu 550 millions de dollars du gouvernement fédéral. La majeure partie de ces fonds ont été versés par l'ancien gouvernement libéral. À ce jour, plus de 500 millions ont été réinvestis dans 195 projets. Depuis, ces projets ont réussi à générer environ l'équivalent du triple en fonds de démarrage du privé. Au total, on parle de projets commerciaux d'une valeur de 17,7 milliards de dollars et de milliers d'emplois. Je tiens à souligner que cet argent a été investi aux quatre coins du pays, ce qui veut dire que des emplois ont été créés d'un océan à l'autre.

Il agit ainsi sans faire preuve d'interventionnisme dans le sens classique ou plutôt négatif du terme. TDCC a été très soucieux de développer son modèle d'investissement en collaboration avec ses partenaires des secteurs privé, universitaire et public. Comme je l'ai mentionné plus tôt, il exerce un effet de levier énorme favorable aux sociétés qu'il finance dans les marchés des actions du secteur privé. En fait, de nombreuses analyses révèlent que les sociétés financées par TDCC reçoivent beaucoup plus de fonds du secteur privé que les sociétés qui ne le sont pas.

Cela est attribuable en partie au fait que les marchés de capitaux du secteur privé ont énormément confiance dans la capacité de TDCC de choisir des gagnants. À défaut de ne choisir que des gagnants, il choisit au moins de très bonnes technologies et des sociétés qui sont promises à une grande réussite. Dans un sens, TDCC n'a pas à parler de son propre succès. Il est démontré par le secteur privé, qui suit son exemple en investissant dans ces 195 sociétés.

Permettez-moi de parler de deux compagnies albertaines dont les projets tombent à point nommé, compte tenu des débats en cours au sujet des changements climatiques et des sables bitumineux. Titanium Corporation est une société albertaine spécialisée dans l'extraction de minéraux lourds, surtout du zircon — le sénateur Day, qui est ingénieur, sait très certainement ce que c'est — et du bitume, des bassins de résidus. C'est un problème omniprésent dans les médias et dans l'environnement en ce moment même.

Titanium Corporation est en train de mettre au point une technologie qui permettra de résoudre ce problème beaucoup plus rapidement et de façon très économique, en réduisant la quantité d'eau nécessaire dans les bassins de résidus. Il s'agit d'un projet financé par TDCC, qui produit des résultats concrets et qui permettra de régler un problème immense dans ma province, l'Alberta.

Quantiam Technologies Inc., une autre compagnie albertaine, a mis au point un revêtement pour les tubes-foyers utilisés pour produire du plastique à partir d'oléfines, un des produits pétrochimiques les plus énergivores à fabriquer. Ce revêtement permet de prolonger la durée de vie des tubes-foyers et d'abaisser les températures nécessaires pour provoquer des réactions chimiques, ce qui signifie que le four est plus efficace, utilise moins de combustible, coûte moins cher et, par conséquent, réduit les émissions de gaz à effet de serre. L'application est particulièrement flexible, car cette technologie peut être installée dans des fours existants. On estime qu'à l'échelle mondiale, le marché visé par cette technologie est énorme et pourrait représenter jusqu'à 1 milliard de dollars.

J'attire l'attention des sénateurs, surtout ceux du côté du gouvernement, sur l'organisme TDDC, qui a fait de l'excellent travail dans un domaine très important et qui a besoin du soutien du marché des capitaux. TDDC s'est distingué à un point tel qu'on ne peut que souhaiter que chaque organisme gouvernemental en fasse autant, mais l'organisme a fait bien davantage que se distinguer. Dans le secteur privé, on le considère comme un chef de file de l'analyse des possibilités d'investissement qui existent dans le secteur de la haute technologie.

TDDC, c'est vraiment un atout pour le Canada. C'est un gain pour l'économie du Canada, pour les gens qui ont pu obtenir un emploi grâce à l'organisme. En outre, son potentiel d'avenir est immense. Rien ne justifierait que l'organisme réduise ses efforts, rien sauf le fait qu'il n'a pas reçu d'autre financement du gouvernement.

Je soulève tout simplement cette question pour inciter les sénateurs, surtout du côté du gouvernement, à aller voir le premier ministre, le ministre de l'Industrie et le ministre des Finances pour faire en sorte que TDDC reçoive des fonds afin qu'il ne s'ajoute pas aux victimes de l'incapacité du gouvernement de gérer à la fois l'économie et le régime fiscal du Canada.


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