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Maria Chaput

L Experte-conseil, directeur, directrice adjointe, directrice général, auteur, et bénévole sont quelques-uns des rôles et des responsabilités occupés par la sénatrice Maria Chaput au cours de sa carrière. Nommé au Sénat le 12 décembre, 2002, elle est la première franco-manitobaine femme à siéger au Sénat.

Discours et débats

Motion tendant à instituer la Journée des droits de la personne le 10 décembre de chaque année

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Déclaration faite le 09 décembre 2010 par la sénatrice Mobina Jaffer

L'honorable Mobina S. B. Jaffer

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour vous inciter à appuyer la motion invitant le Sénat à instituer, le 10 décembre de chaque année, la Journée des droits de la personne, telle que l'Assemblée générale des Nations Unies l'a établie le 4 décembre 1950.

Honorables sénateurs, voilà 60 ans que le 10 décembre est reconnu comme la Journée des droits de l'homme par la communauté internationale. La date marque le jour où la Déclaration universelle des droits de l'homme a été établie, il y a de cela 62 ans, soit en 1948. Cette journée de reconnaissance et la déclaration étaient le fruit des efforts d'un certain nombre de visionnaires, dont Eleanor Roosevelt, René Cassin, P.C. Chang, Charles Malik et le Canadien John Humphrey. Ces personnes, ainsi que bien d'autres, avaient été témoins de la destruction et de la souffrance que la Seconde Guerre mondiale et des conflits antérieurs avaient causées dans le monde et voulaient créer un document cadre qui empêcherait que des catastrophes semblables ne se répètent.

La Déclaration énonce 30 principes fondamentaux qui confèrent des droits indéniables à tous les êtres humains pour la seule raison qu'ils sont des êtres humains. Il n'y a aucune discrimination. Personne ne fait exception. Comme le proclame le préambule de la Déclaration, chacun est digne de ces droits égaux et indéniables, quelle que soit sa nationalité, sa langue ou sa religion. Ces droits s'appliquent à tous. Ils sont universels.

Le 10 décembre de cette année, comme tous les ans depuis 60 ans, des gens de tous les horizons se rassembleront pour célébrer la Déclaration universelle des droits de l'homme et tous les progrès qu'elle a permis de réaliser. En effet, on a compris beaucoup de progrès depuis sa création. Toutefois, notre monde est encore témoin de bien des abus et j'aimerais souligner deux cas précis.

Premièrement, il y a le cas de Bu Dongwei. En juillet 2008, il a été libéré d'un camp de travail en Chine où il purgeait une peine de 30 mois en raison de ses activités comme membre du mouvement spirituel Falun Gong. Bu Dongwei travaillait à Beijing pour la Fondation pour l'Asie, un organisme américain, quand la police l'a arrêté le 19 mai 2006. Il a été accusé de s'opposer à la mise en œuvre de lois nationales et de perturber l'ordre social. La police a prétendu avoir découvert 80 ouvrages du Falun Gong chez lui, mais sa famille affirme qu'il n'y avait pas plus de huit livres du Falun Gong dans la maison lors de l'arrestation de Bu Dongwei.

En tant que punition, Bu Dongwei a été placé dans un « camp de rééducation par le travail » en Chine. Toutefois, c'est à cause de l'appui continu des défenseurs des droits de la personne partout dans le monde, qui ont demandé sa libération, qu'il a été relâché quatre mois plus tôt que prévu.

Deuxièmement, il y a le cas de Birtukan Mideksa, chef du Parti de l'unité pour la démocratie et la justice de l'Éthiopie. Birtukan Mideksa a été arrêtée pour trahison à la suite des élections éthiopiennes de 2005. Après avoir fait des allégations de fraude électorale, Birtukan Mideksa, à l'instar d'autres parlementaires et politiciens de l'opposition, a été accusée de trahison, jugée et condamnée à une peine d'emprisonnement à perpétuité. Après presque 18 mois en détention, Birtukan Mideksa a obtenu une réhabilitation et a été libérée par le gouvernement après avoir négocié une entente et signé des lettres d'excuses.

En novembre 2008, Birtukan Mideksa a parlé du processus qui avait mené à sa réhabilitation lors d'une réunion publique en Suède. À son retour à Addis-Abeba, le gouvernement a demandé qu'elle se rétracte, mais elle ne l'a pas fait. Le 28 décembre 2008, elle a été arrêtée de nouveau à Addis-Abeba. Peu de temps après, le ministère de la Justice a révoqué la réhabilitation et a rétabli sa peine d'emprisonnement à perpétuité. Cependant, grâce aux pressions internationales exercées par les groupes de défense des droits de la personne et les activistes qui respectent ses droits humains, Birtukan Mideksa a récemment été libérée après avoir purgé 21 mois d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Honorables sénateurs, quand la Déclaration universelle des droits de l'homme a été invoquée pour promouvoir les droits à la liberté d'expression et aux manifestations pacifiques, comme dans les exemples cités, ou le droit à un logement adéquat en Afrique du Sud, ou encore le droit à l'accès égal au marché du travail en Inde, elle a servi de catalyseur pour permettre à tous les peuples de jouir de la liberté, de l'égalité et de la justice.

Nous avons raison de célébrer les progrès réalisés en vue de mettre un terme aux violations des droits de l'homme, mais nous savons tous qu'il y a encore bien du travail à faire. Depuis la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le monde a été la scène de plusieurs guerres et de nombreux génocides qui ont fait d'innombrables victimes; les taux de pauvreté ont augmenté, non seulement dans le tiers monde, mais partout dans le monde; l'accès facile à la nourriture et à l'eau potable est encore un problème dans certaines régions; un grand nombre de jeunes filles n'ont pas encore accès à une éducation adéquate; les problèmes de mortalité des mères n'ont pas encore été résolus.

J'ai énuméré quelques-uns des problèmes auxquels le monde est confronté. Chacun de ces problèmes correspond à une violation des droits humains pour un individu. Cette personne est quelqu'un à qui on ne garantit pas la jouissance des principes fondamentaux qui lui a été promise. C'est inacceptable.

Je suis persuadée que tous les sénateurs sont au courant de la libération récente d'Aung San Suu Kyi au Myanmar. Cependant, il y a un fait moins largement connu, et c'est qu'un grand nombre de ses partisans à l'intérieur du pays sont encore punis.

Su Su Nway, une activiste membre de la Ligue nationale pour la démocratie, purge actuellement une peine de huit ans et demi pour avoir participé à des manifestations politiques en 2007. Plus précisément, Su Su Nway a participé à un rassemblement pour contester les fortes augmentations du prix du carburant. Elle a échappé de peu à l'arrestation et elle est allée se cacher.

Le 13 septembre 2007, alors qu'elle brandissait une bannière antigouvernementale près de l'hôtel Yangon, où était logé le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme, les autorités l'ont arrêtée. Un an plus tard, elle a été trouvée coupable de trahison et accusée d'avoir « troublé la paix », une accusation souvent utilisée pour criminaliser la dissension politique pacifique.

Su Su Nway purge maintenant une peine de huit ans et demi dans la prison de Hkamti, où les conditions sont déplorables. Elle ne reçoit pas une nourriture suffisante ni assez d'eau potable, et elle n'a pas droit non plus à des soins médicaux adéquats. Un journaliste a fait savoir en juillet dernier qu'elle est atteinte de la malaria et de la goutte. On écrit aussi qu'on lui impose des périodes d'isolement cellulaire.

Le 6 décembre 2006, l'organisation canadienne Droits et Démocratie a honoré Su Su Nway en lui remettant le prix John- Humphrey pour la liberté « en raison de ses efforts inspirants pour exiger des comptes de la junte militaire qui impose le travail forcé ».

Su Su Nway est une prisonnière de conscience. Elle est détenue uniquement parce qu'elle a exprimé pacifiquement ses convictions, droit qui lui est garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle ne devrait pas être châtiée.

Honorables sénateurs, nous avons beaucoup entendu parler dans cette enceinte du lauréat du prix Nobel de la paix de cette année, Liu Xiaobo. Depuis des années, M. Liu est un critique en vue du gouvernement chinois. Il exige constamment la protection des droits de la personne, la responsabilisation politique et la démocratisation de son pays, ce qui lui a valu d'être châtié à plusieurs reprises.

Depuis décembre 2008, Liu Xiaobo est détenu parce qu'il a été le cosignataire d'un document intitulé Charte 08, proposition qui prévoit la réforme politique et la démocratisation de la Chine.

Liu Xiaobo purge une peine de 11 ans d'emprisonnement. Nous avons tous entendu les interventions claires et éloquentes des sénateurs Di Nino et Munson décrivant les souffrances de M. Liu.

Vendredi, le prix Nobel de la paix sera présenté à M. Liu pour son travail en Chine, mais il ne sera pas là pour recevoir ce prix. Il sera en prison. On espérait que sa femme, elle-même militante, pourrait peut-être accepter le prix en son nom. Toutefois, depuis l'annonce que son mari a reçu le prix, elle est gardée illégalement en résidence surveillée.

Cette année, à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix, un siège vide symbolisera la présence du plus grand lauréat de cette année dans le domaine des droits de la personne. Honorables sénateurs, vous direz certainement avec moi que nous serons par l'esprit avec M. Liu Xiaobo et sa femme.

Honorables sénateurs, je puis vous garantir que, sans le soutien des militants canadiens des droits de la personne, ma famille et moi n'aurions jamais pu quitter l'Ouganda. Nous sommes arrivés au Canada grâce au travail de ces militants. Je crois que le travail des militants des droits de la personne est efficace, que les protestations adressées aux gouvernements donnent des résultats et qu'il faut poursuivre ce travail.

Honorables sénateurs, il est vrai que le cadre actuel des droits de la personne comporte de nombreuses lacunes. Nous devons le perfectionner. Mais je crois que ce que nous avons en ce moment vaut mieux que rien du tout.

La Déclaration universelle des droits de l'homme a permis d'accomplir de grandes choses jusqu'ici. Par contre, comme je l'ai signalé, nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Pour atteindre nos objectifs, il nous faut compter sur la participation de tous les Canadiens.

Partout dans le monde, des gouvernements, des organismes et des personnes soulignent la Journée des droits de l'homme. Ils ont pris les mesures nécessaires dans cet important dossier. Honorables sénateurs, je vous demande votre appui. Notre pays est un champion des droits de la personne à l'échelle de la planète. Je vous demande maintenant votre appui pour que le 10 décembre devienne la Journée des droits de l'homme.


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