Déclaration faite le 14 décembre 2010 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, le contexte physique, psychologique et social unique du service dans l'armée a une incidence directe sur l'état de santé des militaires, des anciens combattants et de leurs familles tout au long de leur vie. Actuellement, le nombre de soldats blessés et la gravité de leurs problèmes de santé découlant de leur participation à des missions militaires sont plus grands que tout ce que l'on a vu depuis la guerre de Corée.
Avant 1997, les Forces canadiennes et Anciens Combattants Canada étaient dans l'impossibilité de s'occuper du stress opérationnel. En fait, les répercussions du stress opérationnel sur les anciens combattants de la guerre du Golfe illustrent très bien comment nous n'avons pas réussi à soutenir ces blessés ni tenté d'atténuer les répercussions de leurs blessures et, au bout du compte, comment nous ne les avons pas traités d'une manière que je qualifierais d'équitable.
Depuis, le ministère de la Défense nationale et Anciens Combattants Canada ont établi une série de cliniques réparties sur le territoire canadien pour répondre aux besoins pressants des victimes de stress opérationnel.
Pour la première fois, un réseau national de chercheurs des universités de toutes les provinces du Canada a été créé pour faire progresser la recherche en matière de santé des militaires et des anciens combattants. L'objectif du réseau est de répondre aux besoins très particuliers du personnel militaire et des anciens combattants dans le domaine des blessures de stress opérationnel.
Initiative menée conjointement par l'Université Queen's et le Collège militaire royal du Canada, l'institut canadien consacré à la recherche dans le domaine de la santé des militaires et des anciens combattants facilitera la formation de nouveaux partenariats et de nouvelles collaborations entre les universités canadiennes intéressées et donnera accès au financement ainsi qu'aux données et aux études concernant la population. L'annonce fait suite au Forum canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, organisé récemment par l'Université Queen's et la GRC, auquel ont participé plus de 250 délégués et invités spéciaux.
Des représentants de plus de 20 universités canadiennes, des Services de santé des Forces canadiennes, du ministère des Anciens Combattants, de Recherche et développement pour la défense Canada ainsi que d'autres organisations de militaires et d'anciens combattants se sont réunis récemment. Ils sont parvenus à un consensus sur le besoin de collaborer en vue d'établir un programme pancanadien de recherche universitaire sur la santé des militaires et des anciens combattants, qui soit à la fois concerté et viable. Les représentants des universités et du gouvernement sont déterminés à travailler de façon concertée pour créer un institut de recherche national.
Honorables sénateurs, grâce à cet institut, nous ne serons pas démunis devant les nouveaux types de traumatismes de l'avenir comme nous l'avons été en entrant dans la période de conflits et de résolution de conflits qui a suivi la guerre froide, période ayant fait des milliers de victimes qui n'ont jamais été traitées. Cet institut pourrait bénéficier à de nombreux Canadiens, notamment aux premiers intervenants comme les policiers, les travailleurs humanitaires, les employés d'organismes à but non lucratif et les journalistes. Le réseau facilitera la collaboration tant avec l'industrie qu'avec nos partenaires étrangers pour trouver des façons de traiter les blessures de stress opérationnel.