Déclaration faite le 02 février 2011 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, ma question s'adresse au leader du gouvernement au Sénat.
La situation des femmes autochtones dans les prisons du Canada est très troublante. Les femmes autochtones sont considérablement surreprésentées dans les prisons du Canada et comptent actuellement pour le tiers de toutes les femmes incarcérées dans les établissements fédéraux. Ce chiffre a augmenté de 91 p. 100 depuis 2001. De plus, environ 80 p. 100 des détenues autochtones purgent leur peine dans des prisons à sécurité moyenne ou maximale, tandis que seulement 20 p. 100 se trouvent dans des prisons à sécurité minimale. Dans ma province, la Saskatchewan, qui compte l'une des plus grandes populations autochtones au Canada, les femmes autochtones représentent 87 p. 100 de la population carcérale féminine. Dans la province voisine, le Manitoba, c'est 83 p. 100.
Comme si cela ne suffisait pas, environ 30 p. 100 des femmes autochtones incarcérées auraient des problèmes de santé mentale et ne peuvent pas bénéficier de programmes de traitement. Parmi les femmes autochtones incarcérées, 90 p. 100 ont été victimes d'abus sexuels, physiques ou émotionnels. Les spécialistes s'entendent pour dire que les mesures législatives proposées par le présent gouvernement augmenteront beaucoup ces chiffres. Un plus grand nombre de femmes autochtones seront incarcérées.
Le risque de récidive est plus élevé parmi les femmes autochtones parce que les programmes et les services culturellement adaptés qui devraient être fournis par le Service correctionnel du Canada ne sont pas disponibles pour la plupart des femmes autochtones.
Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et attendre qu'une population déjà vulnérable s'enlise encore davantage dans le cycle de la criminalité et de la récidive sans fournir l'aide nécessaire dans les milieux autochtones, pour réinsérer socialement les délinquantes, et dans les établissements carcéraux du pays, pour réadapter ces femmes.
Madame le leader du gouvernement au Sénat pourrait-elle nous expliquer pourquoi le gouvernement continue d'ignorer les problèmes sous-jacents que sont la pauvreté, les mauvais traitements, la violence, l'itinérance et la toxicomanie dans les populations autochtones, ce qui a pour effet d'entretenir le cercle vicieux de la délinquance? Pourquoi les programmes destinés aux femmes autochtones ne sont-ils pas offerts plus largement?
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