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Joan Fraser

L La sénatrice Joan Fraser est bien connue des Canadiens comme journaliste et commentatrice. Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, elle représente le Québec et la division sénatoriale De Lorimier.

Discours et débats

L'étude sur l'état de préparation en cas de pandémie

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Déclaration faite le 15 février 2011 par le sénateur Art Eggleton

L'honorable Art Eggleton:

Honorables sénateurs, le 15 juin de l'année dernière, la ministre de la Santé, l'honorable Leona Aglukkaq, a demandé au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie d'entreprendre l'examen de la réponse du Canada à la pandémie de grippe H1N1 de 2009. Le Sénat a accédé à cette demande le 28 juin.

Le but de l'étude était de vérifier quelles leçons avaient été apprises de cette crise en santé publique dont nous nous souvenons tous, j'en suis sûr, et de tenter d'améliorer l'état de préparation du Canada en cas de pandémie.

Honorables sénateurs, notre comité a entendu des représentants des ministères fédéraux, des médecins responsables de la santé publique des gouvernements provinciaux et territoriaux, des représentants d'organismes inuits ou des Premières nations, des professionnels de la santé et des chercheurs. Nous avons aussi entendu des premiers répondants et des travailleurs en première ligne — ou du moins des associations nationales les représentant — qui ont tellement contribué à l'état de préparation de la collectivité durant la pandémie.

Il en résulte le rapport que vous avez devant vous, qui a été adopté à l'unanimité par le comité. Les sénateurs des deux côtés l'ont appuyé. C'est le produit d'une démarche bipartisane qui n'est pas sujet à controverse. Un certain nombre de recommandations très utiles y sont présentées, 18 en tout, pour améliorer l'état de préparation en cas de pandémie.

Je remercie le sénateur Ogilvie, vice-président du comité, et tous les membres du comité qui ont participé à cette étude. J'en vois quelques-uns parmi nous.

Honorables sénateurs, la pandémie de grippe H1N1 de 2009 a été un test qui nous a permis d'exploiter au maximum notre capacité d'intervention en cas de pandémie. On estime qu'environ 10 p. 100 de la population, ou 3,5 millions de personnes, ont été infectées par le virus, et l'on a dénombré 428 morts attribuées au virus.

Dans l'ensemble, nous avons constaté que l'intervention du Canada a été réussie et que la planification, qui avait commencé il y a bien des années et qu'on avait améliorée après la flambée de SRAS, en 2003, a effectivement permis de réduire les conséquences de la pandémie de grippe H1N1.

Tous les organismes devraient être félicités et remerciés pour leurs efforts exemplaires sur notre territoire et le leadership dont ils ont fait preuve sur la scène internationale, en particulier l'Agence de la santé publique du Canada, qui a prêté une aide efficace aux pays qui étaient moins bien équipés.

Toutefois, honorables sénateurs, notre comité a constaté qu'il fallait des améliorations à certains égards. Notre rapport présente 18 moyens pratiques pour améliorer nos interventions, car il ne s'agit pas de savoir s'il y aura une autre pandémie, mais plutôt quand il y aura une autre pandémie, et nous devons être prêts.

Premièrement, nous aimerions insister sur l'importance de la préparation à la pandémie et le besoin de mettre l'accent sur la planification. Nous recommandons au gouvernement du Canada de renouveler le financement de la préparation à la pandémie dans le budget fédéral de 2011. Le budget sera présenté bientôt, et nous avons besoin qu'il prévoie ce financement. Honorables sénateurs, il y a cinq ans, le gouvernement avait prévu d'un milliard de dollars sur cinq ans à cette fin, et il est maintenant temps de renouveler cet engagement.

Nous avons entendu de nombreux témoignages portant sur les problèmes et les enjeux relatifs à la communication et aux messages. Certains sénateurs se souviendront peut-être de ces témoignages. Nous avons entendu des témoins se plaindre du fait que la population en général et de nombreux professionnels de la santé recevaient des messages contradictoires sur le diagnostic et la façon de soigner la grippe en clinique. Des témoins ont aussi dit avoir entendu divers messages concernant l'innocuité du vaccin. Était-il sûr? Avait-il été testé? Quels en étaient les effets à long terme? En avions-nous vraiment besoin? Voilà le type de questions que se posaient de nombreux citoyens. Les gens avaient aussi du mal à trouver des réponses en raison des messages contradictoires véhiculés par les médias grand public et aussi, si je puis ajouter ceci, les médias sociaux.

Honorables sénateurs, nous demandons à ce que l'annexe du Plan canadien de lutte contre l'influenza relative aux communications soit mise à jour afin de clarifier les rôles et les responsabilités des différents ordres de gouvernement. Nous recommandons également que l'Agence de la santé publique du Canada entreprenne une vaste consultation sur les meilleurs moyens de communiquer en temps réel les décisions prises en matière de politiques et d'harmoniser les messages diffusés.

Il est très important d'harmoniser les messages diffusés. Le médecin hygiéniste de la Colombie-Britannique a déclaré qu'en raison du partage des compétences entre le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires, beaucoup de personnes prennent la parole. Toutefois, bien que de nombreuses voix se fassent entendre, il ne doit y avoir qu'un seul message. Il est crucial d'harmoniser ce message.

Nous devons être plus présents dans les médias sociaux, comme Facebook et Twitter, parce que de nombreuses personnes, en particulier les jeunes, vont y chercher de l'information et se fient à ce qu'ils y trouvent pour déterminer s'ils peuvent avoir confiance ou non au vaccin ou au système.

Le comité recommande enfin à l'Agence de la santé publique du Canada de lancer, en recourant notamment aux médias sociaux, des campagnes de sensibilisation à différents aspects de la santé publique, tels que l'innocuité et l'efficacité des vaccins. Avant d'en arriver là, nous devons nous préparer, de telle sorte que nous puissions renforcer la confiance de la population et l'habituer à entendre les messages de nos principaux responsables de la santé, comme le Dr Butler-Jones, l'administrateur en chef de la santé publique du Canada.

Honorables sénateurs, nous avons également eu vent de bien d'autres problèmes entourant le vaccin. Des témoins ont déploré le fait que, même si le vaccin a généralement été fourni à temps, aucun fournisseur de réserve n'était prévu pour combler la demande advenant un retard de production. Le comité recommande donc que le contrat décennal d'approvisionnement en vaccins, qui doit être établi cette année, prévoie un fournisseur de réserve. En fait, l'appel d'offres a été lancé et demande des fournisseurs de réserve. Le comité est ravi de cette mesure, car il faut veiller à ce que le Canada et les Canadiens disposent d'un approvisionnement sûr et suffisant de vaccins pandémiques.

Nous avons par ailleurs appris que le conditionnement choisi pour le vaccin, à savoir le nombre de doses par fiole et le nombre de fioles par boîte, était de 500 doses par boîte. Les médecins qui pratiquent dans des petites villes, et même certains médecins des grands centres urbains, n'ont pu gérer un tel volume de doses, surtout compte tenu de la date de péremption assortie aux vaccins. Ce conditionnement a entraîné le gaspillage de vaccins dans de nombreux cabinets de médecins qui n'avaient pas la capacité de gérer un tel volume. Certains n'ont même pas ouvert la boîte. C'est le cas de mon propre médecin.

Par conséquent, le comité recommande que le fabricant consulte l'Agence de la santé publique du Canada avant d'établir le format de conditionnement de manière à mieux répondre aux besoins de l'utilisateur.

Le comité s'inquiète également que l'on n'ait pas pris la pleine mesure de la complexité de la mise en œuvre du programme d'immunisation, le lancement du programme et les taux d'immunisation ayant différé d'une province à l'autre. C'est pourquoi il recommande que les programmes de vaccination de masse fassent l'objet d'examens et d'essais approfondis.

Lors de la vaccination, d'aucuns ont eu l'impression que certaines personnes recevaient des traitements de faveur et la question de l'établissement de priorités est apparue au même moment. Les fonctionnaires fédéraux et provinciaux doivent régler ces questions entre eux.

Honorables sénateurs, pour ce qui est de la capacité en matière de prestation de services de santé, nous demandons à l'Agence de la santé publique du Canada de surveiller le champ d'activité des ambulanciers paramédicaux et des pharmaciens à l'échelle du Canada, afin qu'ils participent, chaque fois que c'est possible, à titre de personnes-ressources précieuses pendant des urgences en santé publique. Ils ont des compétences qui pourraient être utiles, surtout si une pandémie plus étendue que celle-ci survenait.

En outre, nous voulons que l'agence collabore avec les provinces et les territoires pour favoriser une plus grande interconnectivité entre les différentes infrastructures de soins de santé, notamment les soins de courte durée, les soins primaires, les soins cliniques et les services de santé publics. Les hôpitaux jouent, bien entendu, un rôle clé dans tout cela. Ces mesures peuvent contribuer à améliorer la capacité de répondre à une poussée de la demande dans des hôpitaux et différentes collectivités.

On nous a aussi fait part de préoccupations concernant un manque de collaboration et de consultation hors de la sphère gouvernementale. Nous réclamons donc une plus grande participation de la part des professionnels de la santé lors des prochains processus de planification. D'ailleurs, l'Association médicale canadienne est venue nous rencontrer et a fait valoir ce point.

Nous recommandons également que l'Agence de la santé publique du Canada scelle une entente de collaboration officielle avec les organismes provinciaux responsables de la santé publique. À ce jour, seulement trois provinces ont conclu de telles ententes, soit la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec, mais d'autres ressources et d'autres spécialistes pourraient être utiles. Il devrait y avoir davantage de collaboration.

Honorables sénateurs, nous avons aussi pris en compte la situation particulière des Premières nations et des Inuits. Nous soulignons les efforts que les professionnels de la santé déploient pour s'assurer que les membres des Premières nations qui vivent dans des collectivités éloignées ou dans une réserve reçoivent les soins nécessaires, comme des antiviraux et des vaccins. D'ailleurs, le taux de vaccination est élevé dans ces collectivités; il est aussi élevé dans le Nord que dans certaines provinces. Il atteint même 80 p. 100 dans les collectivités inuites et autochtones. En fait, la moyenne globale dans ces collectivités est de 60 p. 100, tandis qu'elle est d'environ 40 p. 100 pour le reste de la population.

Par contre, les conditions de vie malsaines dans ces régions sont pour nous une source de préoccupation. L'accès limité à de l'eau potable et la surpopulation dans les logements accroît le risque de contracter une maladie transmissible; il faut s'attaquer à ce problème. Il s'agit d'un aspect très important qui ressort de toutes nos constatations. Nous recommandons également que le gouvernement fédéral entreprenne des discussions avec les responsables des collectivités autochtones et inuites et les organisations qui représentent ces groupes afin de préciser le rôle de l'agence en cas d'urgence touchant la santé publique.

Le dernier domaine au regard duquel des inquiétudes ont été exprimées dans le cadre de l'étude du comité est celui de la recherche. Nous recommandons que la recherche soit incluse dans les priorités permanentes de la préparation à une pandémie en maintenant l'infrastructure de recherche sur la grippe grâce à un financement spécifique durable.

Le pays compte de bons chercheurs qui peuvent nous être utiles. Or, si nous ne maintenons pas leur financement, nous les perdrons au profit d'autres pays. Veillons à tenir également compte de cet aspect quand le budget sera déposé.

En conclusion, honorables sénateurs, la pandémie de grippe H1N1 de 2009 a été difficile. Elle a poussé nos capacités à leurs limites. Malgré tout, nous nous sommes bien sortis d'affaires et nous avons une dette de gratitude envers les nombreux hommes et les nombreuses femmes qui ont si bien servi les Canadiens partout au pays durant cette période. Il n'est pas question, toutefois, de nous asseoir sur nos lauriers. Bien que la pandémie n'ait pas eu l'ampleur que craignaient certains, nous devons nous préparer à la prochaine, qui sera peut-être encore plus importante. Nous avons demandé qu'on envisage des scénarios de pandémie bénigne, modérée ou grave. Ceux-ci doivent aussi être inclus dans la planification, car la prochaine pandémie sera peut-être plus grave. Je le répète, honorables sénateurs, il ne s'agit pas de savoir s'il y aura une autre pandémie, mais bien quand elle se produira.

Merci beaucoup.


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