Déclaration faite le 15 novembre 2007 par la sénatrice Elizabeth Hubley
L'hon. Elizabeth Hubley:
Honorables sénateurs,je remercie le sénateur Robichaud de m'avoir permis de prendre la paroleaujourd'hui. Lorsque j'aurai terminé mon discours, j'aimerais que l'ajournementdemeure inscrit à son nom.
Je me réjouis de participer au débat sur cetteinterpellation attirant l'attention du Sénat sur les milliers d'aînés canadiensqui ne bénéficient pas les prestations du Régime de pensions du Canada auxquelsils ont droit.
Je félicite le sénateur Callbeck d'avoir soulevé cettequestion, car il s'agit d'un problème très important qui touche les aînés detout le pays. Cette question revêt aussi une importance pour les milliersd'autres Canadiens qui approchent l'âge de la retraite.
Le problème est simple. D'après les statistiques dugouvernement, des dizaines de milliers de Canadiens ne demandent pas lesprestations du Régime des pensions du Canada auxquelles ils sont admissibles,qu'il s'agisse des prestations de retraite ou des prestations de survivant.Cette situation semble s'expliquer surtout par le fait que ces personnesignorent qu'elles sont admissibles à des prestations.
Comme le sénateur Callbeck l'a fait remarquer, ce problèmesemble toucher davantage les femmes. Cela est particulièrement vrai dans le casde celles qui ont occupé un emploi pendant quelques années seulement ou qui ontquitté le marché du travail longtemps avant l'âge de la retraite. Beaucoup deces femmes ne savent pas qu'elles sont admissibles à des prestations.
Honorables sénateurs, je me souviens qu'il y avait eu unproblème semblable relativement au Supplément de revenu garanti. Beaucoupd'aînés ne présentaient pas de demandes parce qu'ils ignoraient que le programmeexistait ou qu'ils ne savaient pas qu'ils y étaient admissibles.
J'ai cru comprendre que la situation avec le SRG s'estaméliorée après que le gouvernement a mis en œuvre des mesures visant àpromouvoir la sensibilisation. Des mesures ont également été prises afin defaire des interventions directes quand des personnes âgées communiquaient avecle gouvernement par l'intermédiaire de Service Canada et d'autres pointsd'accès.
Ces mesures de sensibilisation étaient appropriées pour leSRG, qui est un programme de prestations financé entièrement par lecontribuable. Je sais que le gouvernement fait des efforts similaires pour leRPC, mais il est évident qu'il y a encore des personnes qui ne reçoivent pas lemessage.
Contrairement au SRG, le Régime de pensions du Canada estfinancé à partir de cotisations obligatoires. Les gens qui ont cotisé et quin'ont pas demandé de prestations ne profitent pas d'une chose qu'ils ont payéeet qui leur appartient. C'est une raison de plus pour que le gouvernementredouble ses efforts pour joindre les Canadiens qui n'ont pas fait de demande deprestations aux termes du RPC et prenne toutes les mesures nécessaires afind'harmoniser les taux de demande avec ceux du Régime de rentes duQuébec.
Honorables sénateurs, le sénateur Callbeck a rendu unservice aux personnes âgées en communiquant le message qu'il est nécessaire defaire des demandes de prestations. J'ai été déçue de la réaction la semainedernière du leader du gouvernement au Sénat et secrétaire d'État auxAînés.
La semaine dernière, madame le sénateur LeBreton s'en estprise à un éditorial publié dans The Guardian, à l'Île-du-Prince-Édouard.Dans une lettre au rédacteur en chef, la secrétaire d'État aux Aînés a raté uneoccasion de rappeler que de nombreux aînés ne savent pas qu'ils ont droit à desprestations et qu'ils doivent présenter une demande. Au contraire, sa lettrelaissait entendre que tout allait bien avec les programmes destinés auxAînés.
Ce qui est vraiment malheureux, c'est que la secrétaired'État aux Aînés a profité de l'occasion pour s'en prendre à l'intégrité et àl'honnêteté de madame le sénateur Callbeck. Je crois qu'une telle attaque estune honte, car l'approche de madame le sénateur Callbeck était non partisane etconstructive. Elle attirait l'attention sur un problème afin de susciter uneplus grande prise de conscience. Ce faisant, elle a incité le ministère àaugmenter ses efforts de sensibilisation.
Par la même occasion, son message a sans aucun doute atteintles Canadiens, ce qui doit arriver si nous voulons que le nombre de demandesaugmente. Ses efforts au nom des aînés ne méritaient pas cette attaquepersonnelle de la part du sénateur LeBreton.
Honorables sénateurs, un discours prononcé par un libéral neconstitue pas toujours une attaque partisane contre le gouvernementconservateur. Nous sommes ici pour travailler ensemble au nom de nos régions etau nom de l'ensemble des Canadiens. Naturellement, dans une démocratie, ilexiste des différences entre les partis politiques, mais la lettre de lasecrétaire d'État aux Aînés au rédacteur en chef est allée trop loin. Elleconstitue une attaque injustifiée contre l'intégrité d'un bon sénateur quitravaille fort au nom de sa province. Il s'agit d'une réponse partisanedisproportionnée et décevante à un effort visant à améliorer les résultats pourles aînés.
Plus tôt cette semaine, honorables sénateurs, une assembléepublique a eu lieu à Charlottetown. L'enquêteur principal de l'Alliance pour larecherche sur le logement des personnes âgées dans les provinces de l'Atlantiquey a présenté des données recueillies dans le cadre d'un sondage mené auprès de 1702 aînés des provinces de l'Atlantique.
Selon les normes d'accessibilité à la propriété immobilièrede la Société canadienne d'hypothèques et de logement, les Canadiens nedevraient pas devoir consacrer plus de 30 p. 100 de leur revenu familial auxcoûts d'habitation, y compris le loyer, l'hypothèque, l'électricité, lechauffage et l'eau.
L'enquête révèle toutefois que près de 50 p. 100 des aînésdu Canada atlantique consacrent au moins 30 p. 100 de leur revenu au logement.Près de 20 p. 100 d'entre eux dépensent pour le logement plus de 40 p. 100 durevenu du ménage. C'est donc une situation de crise pour les aînés parce que leslogements ne sont pas abordables. Un élément de solution est de veiller à ce queles Canadiens touchent les prestations auxquelles ils ont droit.
J'espère que la secrétaire d'État aux Aînés renoncera à sonattitude défensive et sectaire, admettra qu'il y a encore beaucoup de travail àfaire et répondra à l'appel qui lui est lancé en améliorant les communicationsavec les aînés. Ceux-ci ont contribué à financer le régime par le salaire qu'ilsont gagné à la sueur de leur front. Ils ont parfaitement le droit de s'attendreà ce qu'on en fasse un peu plus pour eux. Dans leur intérêt, j'invite madame leministre, qui est chargée de leur bien-être, à joindre ses efforts à ceux dusénateur Callbeck et d'autres personnes pour veiller à ce que tous les Canadiensadmissibles touchent leurs prestations du Régime de pensions du Canada.