Déclaration faite le 29 mars 2007 par le sénateur Larry Campbell
L'hon. Larry W. Campbell:
La semaine dernière, le gouvernement conservateur a présenté son budget.Encore une fois, le gouvernement montre qu'il ne comprend pas les difficultésauxquelles doivent faire face les municipalités canadiennes et les millions deCanadiens qui y habitent. Les municipalités du Canada réclament une solution àlong terme pour corriger le déficit des infrastructures qui nuit à leur progrèset qui les empêche de devenir des centres économiques et culturels de niveaumondial pour y attirer les gens les plus compétents. Au lieu de cela, legouvernement a offert des solutions de fortune à court terme.
Le gouvernement libéral précédent a instauré le transfert d'une partie desrecettes de la taxe fédérale sur l'essence aux municipalités afin de leurfournir une source de financement prévisible à long terme. Le chef du Partilibéral s'est engagé à rendre ce transfert permanent. Le gouvernement n'a faitque prolonger ce transfert pour une période de quatre ans. Cela est inacceptablepour nos municipalités.
Par ailleurs, le gouvernement a continué de donner de nouveaux noms à desprogrammes libéraux, cette fois-ci en combinant le Fonds sur l'infrastructuremunicipale rurale, le Fonds canadien sur l'infrastructure stratégique et leFonds sur l'infrastructure frontalière pour en faire le Fonds Chantiers Canada.Ce fonds, d'une durée de sept ans, ne renferme aucune idée nouvelle et ne répondpas aux besoins de financement à long terme des municipalités.
Honorables sénateurs, ce budget ne répond pas aux besoins dans le domaine dutransport en commun. C'est grave. Bien que les projets de transport en communsoient admissibles au financement en vertu du transfert d'une partie desrecettes de la taxe fédérale sur l'essence et le soi-disant Fonds ChantiersCanada, ils devraient concurrencer tous les autres projets d'infrastructuremunicipale. Tant le groupe des maires des grandes villes de la Fédérationcanadienne des municipalités que l'Association canadienne du transport urbainont réclamé une stratégie nationale pour le transport en commun. Les maires desgrandes villes ont réclamé un investissement annuel de 2 milliards de dollarsdans le transport en commun, investissement qui, selon eux, devrait être :
[...] de l'argent neuf rattaché à un plan de transports en commun prévisibleet permanent. Un tel plan devrait comprendre des mesures fiscales, de larecherche, des mécanismes assurant la cohérence entre l'aménagement des terreset la planification des transports ainsi que des cibles de reddition de compteafin d'évaluer les progrès et la valeur tirée des sommesconsenties.
Au lieu d'une stratégie pour le transport en commun, le gouvernementconservateur a instauré un crédit d'impôt pour les laissez-passer d'autobus,mesure agréable, certes, mais qui n'encourage pas l'augmentation du nombred'utilisateurs du transport en commun et l'amélioration du service, et quin'aide pas à assainir l'air et à réduire les émissions de gaz à effet de serre,ni à fournir le type de transport en commun moderne dont nos villes ont besoinpour être concurrentielles.
Enfin, ce budget est muet sur le logement abordable et les sans- abri. Enrefusant de prendre des mesures à cet égard le gouvernement ne fait pasdisparaître le problème. En réduisant cette question à une considérationsecondaire dans le même panier qu'une foule de questions sociales assorties defonds de 3,3 milliards de dollars, le gouvernement abandonne les sans-abri etlaisse une fois de plus les municipalités se débrouiller.
Le budget oublie les municipalités canadiennes dans plusieurs autres dossiersallant de l'environnement au maintien de l'ordre, mais ce qui est le plustroublant, c'est l'absence d'engagement à agir en gouvernement intelligent enoeuvrant en partenariat avec les municipalités et les provinces à la résolutionde problèmes dont l'envergure est assurément nationale.
Honorables sénateurs, la majorité des Canadiens vivent dans les villes. Lenombre de citadins augmente chaque année, ce qui rend nos villes canadiennesparmi les plus attrayantes dans le monde pour les gens les plus brillants et lesplus talentueux. Les centres capables de maximiser leur potentiel économique etde donner une qualité de vie supérieure à leurs citoyens ont besoin deleadership au plan national et d'une vision de ce que peut être notre pays. Cebudget et, en fait, ce gouvernement, ont échoué lamentablement et ont abandonnénos villes.