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Wilfred Moore

L Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, le sénateur Wilfred Moore représente la Nouvelle-Écosse et la division sénatoriale Stanhope St./South Shore. Sa nomination remonte au 26 septembre 1996.

Discours et débats

Les promesses du gouvernement — Interpellation

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Déclaration faite le 21 mars 2011 par le sénateur Grant Mitchell

L'honorable Grant Mitchell :

Honorables sénateurs, je ne peux pas dire qu'il me fasse plaisir de participer au débat sur cette interpellation, car on ne devrait pas avoir à discuter des promesses non tenues du gouvernement du Canada, mais c'est la situation dans laquelle nous nous retrouvons.

Je commencerai par remercier l'honorable sénateur Cowan d'avoir présenté cette interpellation. Elle est très importante, particulièrement à l'approche d'une élection au cœur de laquelle se trouve un enjeu aussi très important qui concerne ce gouvernement, celui de l'intégrité, de l'honnêteté et la capacité de ce gouvernement de dire une chose mais d'en faire une autre, et ce bien souvent.

Je ne puis dire que je me réjouis de discuter de cette question, car on ne peut qu'être déçu lorsque l'on voit à quelle fréquence le gouvernement a fait des promesses qu'il n'a pas tenues, presque comme si c'était le sort qui leur était prédestiné.

Honorables sénateurs, si on avait besoin de modifier les règles de cette Chambre, le contexte actuel pourrait être un bon incitatif quant à une modification qui concernerait l'allocation du temps de parole. Quinze ou 20 minutes pour parler adéquatement de toutes les occasions où le gouvernement a manqué à ses promesses, ce n'est pas suffisant.

Je veux parler de trois promesses rompues. Tout d'abord, le gouvernement avait promis qu'il travaillerait avec les provinces à l'établissement d'un plan coordonné de lutte contre les changements climatiques. Il n'a jamais dit qu'il ne le ferait pas, mais deux choses particulièrement troublantes indiquent qu'il ne l'a pas fait.

Tout d'abord, le premier ministre n'a jamais rencontré les premiers ministres des provinces pour discuter de lutte contre les changements climatiques. En fait, le premier ministre n'a rencontré ses homologues provinciaux qu'une seule fois, pendant environ deux heures et demie, il y a deux ou trois ans, un vendredi soir au milieu d'un été chaud. On ne sait pas de quoi ils ont discuté lors du repas servi au 24 de la promenade Sussex, mais nous savons qu'ils n'ont pas discuté de changements climatiques.

Comment savons-nous avec certitude que le premier ministre et son gouvernement ne pourraient jamais avoir coordonné un plan avec les provinces? Nous le savons parce que nous n'avons pas de plan. Nous savons que le gouvernement conservateur a eu cinq ministres de l'Environnement et demi. Il y en a eu cinq, dont un était le ministre Baird, qui a été nommé une deuxième fois, mais comme ministre à temps partiel et c'est pourquoi je dis cinq et demi. Ce n'est pas mal en moins de cinq ans et demi. Depuis que les conservateurs sont au pouvoir, ils ont eu moins d'un ministre de l'Environnement par année.

Pour prouver que l'important portefeuille de l'Environnement a été négligé et diminué, il suffit de noter que le premier ministre a nommé un ministre de l'Environnement à temps partiel pendant deux ou trois mois. Les sénateurs peuvent-ils imaginer un premier ministre du Canada nommant un ministre des Finances à temps partiel pendant deux ou trois mois, un ministre qui aurait un autre portefeuille fort accaparant? M. Baird était leader parlementaire pendant qu'il était ministre de l'Environnement à temps partiel. Il est clair que le gouvernement n'avait personne en poste pour élaborer un plan cohérent à long terme.

Deuxièmement, nous savons qu'à au moins cinq occasions distinctes, le gouvernement a annoncé une nouvelle approche des changements climatiques. Laquelle de ces cinq approches a été discutée et coordonnée avec les provinces?

La première approche a consisté à annuler tous les programmes sur les changements climatiques mis en œuvre par le gouvernement libéral précédent. Ces programmes, même en y appliquant les critères les plus rigoureux, auraient permis d'atteindre deux tiers des objectifs de Kyoto et ils auraient stimulé l'économie.

Honorables sénateurs, la pression s'est ensuite accentuée. Le gouvernement avait l'air primitif, car il n'avait aucun plan en matière de changements climatiques, alors il a encore une fois changé de plan et adopté une politique « faite au Canada ». Bien sûr, dès que les États-Unis ont commencé à vouloir sérieusement lutter contre les changements climatiques, le gouvernement a dit qu'il « emboîterait le pas aux États-Unis ». Lorsque les États-Unis ont dit qu'ils instaureraient un système de plafonnement et d'échange, le gouvernement a dit qu'il en ferait autant.

Ensuite, lorsque les États-Unis ont changé d'avis en raison des pressions exercées par l'extrême droite du Tea Party, le gouvernement a fait volte-face et dit qu'il ne s'alignerait pas sur la réglementation des États-Unis. Il a, par la suite, changé encore une fois d'avis et dit que le Canada s'alignerait quand même sur la réglementation des États-Unis.

Avec cinq ou six plans en cinq ans, avec cinq ministres de l'Environnement et demi et avec un premier ministre qui rencontre les premiers ministres provinciaux et territoriaux de son pays une fois pendant deux heures et demie, comment le gouvernement pouvait-il espérer tenir sa promesse de coordonner un plan de lutte contre les changements climatiques avec les provinces? Bien sûr, c'était impossible.

Je parierais que le gouvernement n'a jamais vraiment eu l'intention de faire quelque effort que ce soit pour collaborer avec les provinces en vue d'élaborer un plan d'action national coordonné pour lutter contre les changements climatiques. Si c'est ça qu'il avait promis et dit, il aurait au moins tenu une promesse. En effet, il aurait très bien pu dire qu'il n'avait pas du tout l'intention de s'attaquer aux changements climatiques. Il aurait alors tenu sa promesse, car s'il y a une certitude, c'est qu'il n'a pris aucune mesure importante pour lutter contre les changements climatiques.

La deuxième promesse qui a été rompue, c'est la suivante : le gouvernement a promis, peut-être pas explicitement mais au moins implicitement, que les Canadiens se sentiraient davantage en sécurité. Les conservateurs ont souvent parlé de prendre des mesures rigoureuses contre la criminalité et de défendre les frontières; ils ont tenu des propos fermes au sujet de la guerre et des criminels. Ce qui est paradoxal, c'est que les Canadiens sont plus en sécurité aujourd'hui que durant les années 1980 et 1990. Les crimes graves ont grandement diminué. Si la criminalité a diminué au Canada, on pourrait donc conclure que les Canadiens sont moins exposés à la criminalité, ce qui est le cas objectivement, et qu'ils devraient se sentir plus en sécurité.

Ce qui explique que les Canadiens ne se sentent pas plus en sécurité, c'est que le gouvernement ne cesse de leur répéter qu'ils devraient s'inquiéter de la criminalité. C'est de cela qu'ils commencent à avoir peur. Le gouvernement cherche constamment à justifier une politique qui ne repose sur rien. Pour rassurer les gens quant à la criminalité, il faudrait arrêter de parler de crimes, sauf pour rappeler que la criminalité diminue. Comme le gouvernement n'a pas réussi à effrayer suffisamment les gens quant à leur sécurité dans le dossier de la criminalité, il doit donc faire la promotion de la défense des frontières du Canada. À cet égard, il faut que nous ayons suffisamment peur pour justifier l'achat, pour des milliards de dollars, d'avions à réaction dont le prix, non garanti, n'a pas été évalué correctement et dont la construction n'est même pas terminée.

L'image marquante que le gouvernement a projetée dans tout le pays était celle de nos avions à réaction, qui devaient faire face à ces bombardiers russes à la frontière. Ces bombardiers russes ont été construits en 1952. Ils sont munis d'hélices. Ils n'ont jamais franchi la frontière. Nous procédons à des exercices avec les forces militaires russes et les avions à réaction que nous possédons à l'heure actuelle ne voleraient probablement pas suffisamment lentement pour demeurer derrière ce genre de bombardier sans décrocher. Comme si ce n'était pas déjà assez de nous alarmer au sujet de la criminalité alors que celle-ci diminue, le gouvernement tente de prouver que nous devons craindre des avions à réaction du XXe siècle, c'est-à- dire des bombardiers âgés de 60 ans propulsés par des hélices.

Il existe un merveilleux film intitulé Un président américain. Si les sénateurs ne l'ont pas vu, je les incite à le regarder. Près de la fin, Michael Douglas livre un extraordinaire et remarquable discours libéral. Chaque fois que ce film est présenté, je fais venir mes fils et leur dit : « Venez voir ça. Voilà un extraordinaire et remarquable discours libéral. » Bien entendu, ils en sont motivés et inspirés. À un moment donné dans ce discours, le personnage incarné par Michael Douglas dit : « Vous savez ce que font les politiciens de droite? Ils vous font craindre quelque chose, puis blâment quelqu'un d'autre de vous infliger cette peur. »

Dans le cas présent, le gouvernement a trouvé un paquet de choses à faire craindre aux Canadiens. Le seul groupe que les conservateurs ne tiennent pas responsable d'infliger cette peur est eux-mêmes. La criminalité diminue, honorables sénateurs. Nous n'avons pas besoin de croire le tableau terrifiant qu'ils en dépeignent. Nous n'avons pas besoin de craindre les bombardiers russes qui datent de 60 ans de la façon dont l'interprétation du gouvernement nous incite à le faire.

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Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire le discours du sénateur dans son intégralité

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