Déclaration faite le 23 mars 2011 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, j'attire votre attention aujourd'hui sur une pétition qui circule depuis quelques jours. Les signataires dénoncent la décision de Service Canada de désigner l'Atlantique comme région administrative unilingue anglophone. Plus de 5 800 personnes ont signé cette pétition jusqu'à présent. Une jeune dame acadienne, native de Village Chiasson, dans la péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick, a lancé cette pétition le 15 mars 2011 avec pour objectif de recueillir 5 000 signatures. Cet objectif a été rapidement atteint et même dépassé en seulement quelques jours. C'est la jeunesse acadienne et francophone de l'Atlantique, inquiète des conséquences de cette nouvelle désignation administrative de sa région qui s'est vite intéressée au dossier, motivée par le désir de protéger et promouvoir sa langue, le français. L'inquiétude des Acadiens et francophones de l'Atlantique s'est rapidement propagée vers l'Ouest du pays, où plusieurs francophones en situation minoritaire expriment aujourd'hui leur solidarité avec leurs cousins de l'Est.
Cela me fait chaud au cœur de voir à quel point les Acadiens et les francophones du Canada réalisent qu'ils partagent des intérêts communs sur le plan linguistique et comprennent qu'une perte pour l'Acadie est une perte pour tout le Canada français.
Ces milliers de citoyens acadiens, francophones et francophiles ne sont pas seuls dans leur inquiétude. Je tiens à souligner que le Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada, qui représente plus de 19 000 employés de la fonction publique fédérale, a déclaré que la désignation de l'Atlantique en tant que région administrative unilingue anglophone est, et je cite :
[...] un résultat triste mais des plus prévisibles de la décision récente de Service Canada de fusionner les quatre éléments administratifs provinciaux du ministère en une même région;
[...] fait du demi-million de francophones des provinces de l'Atlantique des citoyen-ne-s de second ordre.
Honorables sénateurs, les Acadiens, les francophones et les francophiles qui ont signé la pétition dont j'ai fait mention plus tôt, ainsi que le personnel de Service Canada de toute la nouvelle région administrative de l'Atlantique, appuient fermement le droit des francophones de recevoir des services publics dans leur langue.