Discours et débats

La mission en Afghanistan

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Déclaration faite le 25 mars 2011 par le sénateur Roméo Dallaire

L'honorable Roméo Antonius Dallaire :

Honorables sénateurs, dans notre prière, nous demandons « la paix et la justice dans notre pays et dans le monde ». Nous demandons d'être éclairés dans nos décisions à cet égard.

Il y a 20 ans, nous envoyions des troupes aux premières lignes, dans la première guerre du Golfe. C'est intéressant de constater que les anciens combattants de cette guerre luttent toujours, face à la bureaucratie canadienne, pour faire reconnaître les blessures subies durant ce conflit. La situation n'encourage pas les autres militaires ou leur famille à s'engager à se rendre dans des zones de guerre, sachant qu'ils devront ensuite se battre, peut-être pendant des décennies, pour pouvoir vivre décemment en tant qu'anciens combattants.

Ma question porte plus précisément sur l'opération en cours et sur ses conséquences. Il y a quelques jours, le commandant de nos forces en Afghanistan a dit sans équivoque, dans une entrevue, que nous nous étions engagés dans cette mission avec des capacités nettement insuffisantes, comme nous avons tendance à le faire chaque fois que nous nous lançons dans ces missions complexes. Il est intéressant de voir que, dans le cas de la Libye, nous avons procédé exactement comme nous l'avons fait en Corée. D'abord, nous avons envoyé quelques navires, ce qui ne présente pas un grand risque; ensuite, nous avons envoyé des avions, ce qui ne présente pas grand risque non plus. Il se pourrait bien que, comme en Corée, les Nations Unies finissent par demander l'envoi de troupes.

Le commandant en Afghanistan a dit que nous n'avons jamais été en mesure de tenir nos positions pour la simple raison que nous n'avons pas déployé suffisamment de militaires au cours des dernières années. Par conséquent, nous avons dû faire le même travail encore et encore, reconstruire chaque fois l'infrastructure et rétablir chaque fois un climat de sécurité, en subissant chaque fois des pertes. Le commandant affirme, en outre, que c'est au moment qu'il a finalement une brigade capable de faire progresser massivement cette cause que nous nous retirons.

Je ne vais pas discuter des raisons de ce retrait. Cependant, je pense qu'il est irresponsable de la part du gouvernement de s'engager dans une mission à long terme pour ensuite se retirer parce que cela paraît bien, parce que nous ne pouvons digérer ces 154 pertes de vie. En passant, ce chiffre est inexact, car il ne tient pas compte de tous ceux qui sont rentrés au pays blessés psychologiquement ni de ceux qui se sont suicidés depuis leur retour. En tenant compte de ces décès, le chiffre de 190 serait probablement plus près du compte.

Nous savons que nous nous sommes lancés dans cette mission sans avoir les ressources suffisantes. Au moment où nous arrivons finalement à maîtriser la situation grâce aux renforts fournis par les Américains, nous décidons de nous retirer. Nous nous retirons de notre mission initiale et nous lui substituons une mission de formation. Il est intéressant de noter que cette mission sera déployée non seulement dans la capitale, mais aussi partout où les Afghans auront des troupes à former, autrement dit à la grandeur du pays. Nous allons déployer 950 soldats.

Pourquoi déployer 950 soldats pour former les militaires et les agents de police afghans? Une vérification d'état-major révèle qu'un plus grand nombre de sous-officiers et d'officiers subalternes participera à cette mission qu'il n'y en a qui participent actuellement à la mission de combat et que ce sont justement l'épuisement et la perte de ces mêmes sergents et sous-officiers qui empêchent les forces armées d'intégrer de nouvelles recrues et de poursuivre la mise en valeur de nos forces armées.

Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire la question du sénateur dans son intégralité

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