Déclaration faite le 21 juin 2011 par le sénateur James Cowan, le sénateur Dennis Dawson, le sénateur Francis Fox (retraité), le sénateur Serge Joyal, la sénatrice Claudette Tardif, le sénateur Paul Massicotte, le sénateur Marie-P. Poulin (Charette), la sénatrice Mobina Jaffer, la sénatrice Catherine Callbeck, le sénateur Roméo Dallaire, la sénatrice Jane Cordy, la sénatrice Rose-Marie Losier-Cool, le sénateur Joseph Day et la sénatrice Joan Fraser
L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :
Honorables sénateurs, c'est un honneur pour moi de prendre la parole pour rendre hommage à notre collègue, le sénateur Pépin, qui prendra bientôt sa retraite du Sénat.
Georges Pompidou, qui a été premier ministre, puis président de la France, a déjà déclaré ceci :
Un homme d'État est un politique au service de la nation. Un politique est un homme d'État qui met la nation à son service.
Honorables sénateurs, Lucie Pépin est une grande femme d'État canadienne. Son portrait a été présenté dans un livre intitulé Women of Influence, qui, fait intéressant, a été publié en 1985, année suivant celle au cours de laquelle le premier ministre Mulroney a remporté les élections avec une majorité écrasante. Mme Pépin a été candidate libérale aux élections de 1984 dans la circonscription d'Outremont. Elle a été élue. À cette époque, très peu de députés libéraux pouvaient être qualifiés de « personnes influentes ».
Cependant, Lucie Pépin a toujours tracé sa propre voie. Ayant reçu une formation d'infirmière, elle n'aurait jamais cru se consacrer à la vie publique. J'ai lu quelque part qu'elle aspirait à mener une vie tranquille, en élevant sa famille et en occupant un poste d'infirmière. Lorsqu'elle a travaillé en milieu hospitalier dans les années 1960, elle a vu des femmes souffrir, en particulier celles habitant en milieu rural, parce qu'elles mettaient au monde un enfant tous les ans. À cette époque, il n'était pas possible de s'informer facilement au sujet des méthodes contraceptives. En fait, la contraception était alors illégale en vertu du Code criminel. De plus, comme elles ne pouvaient payer les frais médicaux, les femmes se rendaient à l'hôpital uniquement quand les complications avaient déjà commencé.
Mme Pépin a participé à la création de la première clinique de planification familiale au Québec, qui était aussi l'une des premières au Canada. Elle est rapidement devenue infirmière-chef. Au moment où elle s'employait à établir un réseau pancanadien de cliniques en milieu hospitalier, elle exerçait aussi des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu'il modifie le Code criminel. Le 1er juillet 1969, ses efforts ont porté leurs fruits : le Parlement a décriminalisé la contraception.
Honorables sénateurs, c'est facile d'oublier à quel point ce combat a été crucial pour les femmes canadiennes. Voici ce qu'a déclaré le sénateur Pépin en mars dernier :
Cette liberté de choisir, que les Canadiennes ont obtenue sur leur corps, a insufflé du nouveau dans leur vie. Elle a été pour nous un tremplin pour devenir plus actives dans la société. Elle a modifié notre rôle socioéconomique.
Madame Pépin a poursuivi son travail pour faire avancer la cause des femmes et les questions de santé en général en agissant à titre de représentante et de conseillère auprès de l'Organisation mondiale de la santé, des Fondations Rockefeller et Ford et du Conseil de la population. Elle est devenue première vice-présidente, puis présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme. Elle était responsable, entre autres choses, de la coordination des efforts de lobbying visant à faire inscrire officiellement les droits des femmes dans la Constitution canadienne.
Après avoir fait activement campagne pour qu'un plus grand nombre de femmes se lancent en politique, elle a décidé de suivre son propre conseil. En 1984, elle a posé sa candidature pour être élue députée fédérale, et, comme je l'ai dit, elle a gagné. À la Chambre des communes, elle a continué de défendre les droits des femmes, des enfants et, en fait, de tous les Canadiens.
Quand on prend la défense des droits de la personne et de la justice sociale, on aspire à un système politique juste, ouvert et accessible. Il n'est donc guère étonnant qu'après avoir servi à l'autre endroit, Mme Pépin ait participé aux travaux de la Commission royale sur la réforme électorale et le financement des partis. Elle a ensuite agi à titre de commissaire au sein de la Commission nationale des libérations conditionnelles. En 1997, le premier ministre de l'époque, Jean Chrétien, l'a nommée au Sénat afin qu'elle représente une division qui lui était très chère, celle de Shawinigan.
Pendant presque 14 années passées au Sénat, le sénateur Pépin a travaillé pour la justice sociale, les droits des femmes et la santé de tous les Canadiens. Les comités dont elle a fait partie sont bien trop nombreux pour que je les énumère, mais je me dois de souligner son travail au sein du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, et tout particulièrement au sein du Sous-comité sur la santé des populations, dont elle a été vice- présidente. Ce sous-comité a récemment mené une étude approfondie des déterminants de la santé qui a donné lieu à cinq rapports. Le sous-comité a constaté que le Canada tirait énormément de l'arrière par rapport à d'autres pays, comme le Royaume-Uni et la Suède. On a dit qu'il était inacceptable qu'un pays aussi riche que le Canada tolère les disparités que l'on observe dans le domaine de la santé. Le sous-comité mettait en garde contre l'accentuation possible de ces disparités — des paroles sages qui doivent être retenues.
Honorables sénateurs, je ne pourrais terminer sans mentionner le travail que le sénateur Pépin a fait au nom des familles de militaires canadiens. Tous les Canadiens connaissent le dévouement et les sacrifices de nos soldats, particulièrement en cette période dangereuse. Cependant, ce n'est pas tout le monde qui réfléchit à la contribution de leurs familles, qui les soutiennent calmement, mais en vivant avec une peur constante pour leur sécurité. Le sénateur Pépin s'est vouée au soutien des familles de nos militaires.
Des voix : Bravo!
Le sénateur Cowan : Sénateur Pépin, vous incarnez de bien des manières ce qu'il y a de mieux au Sénat. Avec dignité, grâce et beaucoup de détermination, vous vous êtes battue pour les droits de ceux dont la voix n'est pas toujours entendue. Vous avez été porteuse d'une vision de ce que le Canada pourrait et devrait être et vous avez consacré votre vie à travailler pour que cette vision devienne réalité pour tous les Canadiens.
Merci pour vos années au service des Canadiens, et particulièrement pour vos 14 années au Sénat. Je vous souhaite tout le bonheur possible, à vous et à votre famille.
L'honorable Dennis Dawson :
Honorables sénateurs, il y a plus de 30 ans, en 1980, quand j'étais secrétaire parlementaire du ministre Lloyd Axworthy, au moment où celui-ci occupait le poste de responsable du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, j'ai eu le plaisir et le privilège de travailler avec mon amie Lucie Pépin.
Celle-ci était non seulement membre du conseil, mais en a été élue présidente durant cette période.
J'aimerais souligner la présence à la tribune d'une de ses complices du temps, Florence Ivers, qui était membre du conseil exécutif et qui a eu l'occasion de travailler avec Lucie à de nombreux dossiers depuis ce temps.
Déjà, à cette époque, la réputation de Lucie au Québec n'était plus à faire dans le domaine des causes féminines.
Il est clair que son passage remarqué au sein de cette institution l'a aisément propulsée vers une candidature pour le Parti libéral, pour lequel elle fut d'ailleurs élue en 1984, une année dont madame le leader se souvient bien, car c'est l'année où je me suis fait battre, mais ce n'est pas pour cela qu'elle s'en souvient.
Plusieurs d'entre vous parleront de cette époque, à l'autre endroit qu'ici, et c'est vrai, madame le leader, que commencer dans l'opposition en politique, ce n'est jamais agréable. Plusieurs d'entre vous parleront de cette époque comme d'une période de purgatoire.
Je vais me concentrer davantage sur la période où Lucie siégeait au Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme. Comme bien des Québécois francophones, Lucie et les parlementaires québécois doivent sans cesse travailler sur différents fronts : la défense du fédéralisme au Québec et la promotion du fait français. Être féministe ne l'empêchait pas d'assumer tous ces autres mandats. Lucie était une nationaliste québécoise, une femme qui faisait la promotion du Canada au Québec, que ce soit dans sa division sénatoriale, aujourd'hui Chaouinigane, dans son ancien comté d'Outremont ou dans son Saint-Jean adoré, son endroit favori.
Sur des sujets tels que le droit, l'environnement, les affaires étrangères ou, plus particulièrement pour Lucie, les enjeux liés à la situation féminine, nous devons toujours penser aux intérêts particuliers des Québécois, et tout spécialement à la défense de la langue française.
J'insisterais également sur le fait que cette promotion et le respect de la Loi sur les langues officielles n'était pas chose acquise en 1980. Ce fut une bataille importante que Lucie et ses collègues du conseil ont menée à ce moment : le débat sur la Charte des droits, c'est un débat où, encore une fois, on doit aussi choisir de défendre les droits des femmes, mais ne jamais oublier qu'on est aussi une Québécoise et une francophone. C'est le débat continuel qu'elle a dû mener depuis qu'elle a été nommée en cette Chambre et avant sa nomination.
Même le ministre Axworthy, responsable du conseil, en a subi les soubresauts. Pour ceux d'entre vous qui s'en souviennent, M. Axworthy a été vivement critiqué pour avoir suivi les conseils de Lucie, quand elle était présidente. En effet, pour Lucie, les droits des femmes étaient importants, mais ces derniers devaient pouvoir être protégés en français. C'était une priorité pour Lucie à l'époque, et c'en est encore une aujourd'hui.
Toutefois, les convictions de Mme Pépin, sa détermination et sa diplomatie ont fait qu'elle a gagné son pari et fait progresser le conseil dans la bonne direction.
Combien d'entre vous auront entendu Lucie dire en cette Chambre :
Ajustez vos appareils, je passe au français.
Lucie a toujours fait prévaloir, que ce soit au caucus, en comité ou dans cette Chambre, qu'elle avait la responsabilité d'assurer une présence francophone et de défendre ce fait français.
Cet intérêt pour la langue française est toujours demeuré pour Lucie une priorité, en plus de sa passion pour les causes sociales, la cause des conjointes de militaires et les intérêts de son comté ou de sa division sénatoriale.
Lucie aura toujours été une fervente défenseure de la langue française, tant à l'autre endroit qu'au Sénat.
J'espère, Lucie, être capable de prendre la relève après ton départ.
L'honorable Francis Fox :
Honorables sénateurs, c'est un véritable plaisir et un honneur de prendre la parole aujourd'hui pour rendre hommage à notre collègue, l'honorable sénateur Lucie Pépin, pour sa contribution tout à fait exceptionnelle à la vie publique de notre pays et son dévouement à la cause des femmes, des familles et de la santé.
Ses proches savent que son engagement remonte bien avant son implication en politique. On raconte par exemple que, avant même d'avoir l'âge d'obtenir son permis de conduire, elle empruntait la voiture familiale pour aller assister les femmes qui devaient accoucher seules. Infirmière de formation, elle a pratiqué au sein du département d'obstétrique de l'Hôpital Notre-Dame, comme le soulignait le sénateur Angus. Cela ne me surprend guère, mais elle en est rapidement devenue infirmière en chef.
Ses fonctions de vice-présidente et de présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme l'amèneront à considérer la politique comme une option logique pour faire avancer la cause des femmes. Élue en 1984, elle sera porte-parole de la condition féminine, ce qui lui permettra de mettre à l'avant-plan, entre autres, l'équité en matière d'emploi.
Parmi ses initiatives les plus importantes, Lucie Pépin a tout d'abord milité pour l'enchâssement des droits des femmes dans la Constitution canadienne. Elle a mis sur pied, en 1984, le premier caucus des femmes libérales et a présidé le premier caucus des femmes réunissant tous les partis politiques. Elle a fait de l'établissement des garderies un important cheval de bataille. D'autre part, elle a milité pour que les femmes membres de la Gendarmerie royale du Canada puissent faire partie du carrousel de la GRC. Elle a également milité pour que les femmes puissent devenir pilotes de F-18. Qu'il s'agisse de la Constitution ou des pilotes de F-18, toutes les causes des femmes intéressaient notre amie Lucie.
Lucie Pépin siège à la Chambre haute depuis maintenant plus de 14 ans. Elle a contribué avec dévouement à l'avancement de plusieurs dossiers. Grande humaniste, elle a consacré temps et énergie, au cours des dernières années, dans la plus grande discrétion, aux familles de nos militaires. Elle a parcouru les bases militaires du pays entier pour rencontrer les familles de nos soldats afin d'aider les Forces canadiennes à élaborer des politiques qui puissent répondre aux besoins des conjoints et des enfants de nos soldats.
Je connais Lucie depuis de nombreuses années. Sa présence au Sénat me manquera. Elle a toujours ressenti le besoin de voir s'épanouir la justice sociale dans le monde et elle a eu le courage et la persévérance de ses ambitions. Elle est certes un modèle pour les générations à suivre qui rêvent, elles aussi, de changer le monde.
Comme la fin d'une étape est toujours le commencement d'une autre, je tiens à lui souhaiter bonne chance et bon succès dans ses futurs projets.
L'honorable Serge Joyal :
Honorables sénateurs, la retraite de madame le sénateur Lucie Pépin nous fournit l'occasion de souligner les avantages qu'apportent au Sénat des nominations faites avec soin et respectant pleinement le rôle de cette institution dans notre système parlementaire.
Madame le sénateur Pépin a été appelée à siéger au Sénat en 1997, année qui a vu la première femme nommée leader adjoint du gouvernement au Sénat, le sénateur Sharon Carstairs, de même que la première femme autochtone nommée au Sénat, soit le sénateur Thelma Chalifoux, d'origine métisse. Le Sénat comptait alors 24 femmes sénateurs; aujourd'hui, on en compte 38!
Pourtant, le nombre de femmes au Sénat n'augmente à peu près pas depuis 2006. Il a plutôt tendance à diminuer et à revenir au même point, et madame le sénateur Pépin le regrettera parce que son premier combat à la présidence du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme visait entre autres objectifs, la pleine participation des femmes à la vie politique canadienne.
La contribution la plus importante de madame le sénateur Pépin à l'amélioration du statut de la femme au pays aura été la reconnaissance de la liberté de choix pour les femmes et du contrôle de leur propre destinée, à l'égal des hommes.
À l'époque du débat sur la Charte canadienne des droits et libertés en 1980, le sénateur Pépin était l'une des principales porte-paroles du mouvement réclamant l'inclusion de l'article 28 de la Charte reconnaissant la pleine égalité homme-femme. Je cite :
Indépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes.
Comme sénateur, Mme Pépin aura contribué à changer le visage du Sénat et à améliorer sa capacité de mieux faire place aux préoccupations sociales et humaines des Canadiens. Sa formation d'infirmière la prédestinait à exprimer dans nos débats le point de vue de ceux qui sont moins bien organisés pour rappeler l'importance, sinon l'urgence de leurs besoins, ou encore le point de vue de ceux qui peinent à faire valoir leurs contributions.
Ainsi, le sénateur Pépin s'est préoccupée des épouses et des conjoints de soldats, trop souvent oubliés dans les débats consacrés à la défense, qui se concentrent principalement sur l'armement, les déclarations de guerre et le pouvoir militaire. Derrière ceux et celles qui sont au front, il y a celles et ceux qui restent derrière, à la maison, pour prendre soin des enfants, esseulés, dans l'anxiété d'un retour incertain, voire du retour d'un corps blessé ou d'un esprit meurtri.
Ne comptant pas les heures, elle se rend souvent, les fins de semaine, soutenir les activités des épouses des militaires dans de nombreux centres de ressources. C'est tout à son honneur et à celui du Sénat, où elle a servi assidûment ces 14 dernières années.
Préoccupée du sort des femmes et des jeunes souffrant de maladie mentale, madame le sénateur Pépin se fait la voix de ceux que des services inadéquats laissent à eux-mêmes dans la rue, qui sont souvent victimes d'abus et en voie de perdre leur dignité.
C'est cette dimension des besoins humains qui a toujours motivé l'engagement de madame le sénateur Pépin, aussi bien dans les travaux du Sénat qu'à l'extérieur, dans les priorités sociales qui sont les siennes.
D'une voix douce, mais convaincante, directe, mais toujours élégante, le sénateur Pépin est le genre de personne qui présente des arguments auxquels nul ne peut faire la sourde oreille et omettre de réagir.
Toujours sensible à la condition des minorités quelles qu'elles soient, elle est intervenue à des moments critiques de nos débats au Sénat, comme il y a sept ans, pour fournir une contribution inestimable à la reconnaissance de leurs droits, entre autres, lors de l'adoption du projet de loi C-250 qui modifiait les dispositions du Code pénal sur la propagande haineuse.
Madame le sénateur Pépin a ainsi montré que la responsabilité d'un sénateur n'est pas seulement de refléter les positions partisanes de son parti politique, mais aussi de s'investir personnellement pour donner une voix à ceux et celles que les majorités ont tendance à marginaliser.
Toujours assidue aux travaux de la Chambre, même lorsque des problèmes de santé passagers auraient pu ou auraient dû la garder éloignée des débats, le sénateur Pépin était trop honnête, trop généreuse pour ne pas assumer pleinement ses responsabilités de parlementaire.
Nous ne pouvons qu'espérer, cher sénateur Pépin, que vous saurez trouver de multiples autres occasions de faire bénéficier notre pays de votre humanité, de votre générosité et de la chaleur de vos profondes convictions.
L'honorable Claudette Tardif (leader adjoint de l'opposition) :
Honorables sénateurs, c'est avec une certaine émotion et avec grand plaisir que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à notre chère collègue, le sénateur Lucie Pépin, une femme remarquable, une femme de cœur et une collègue très agréable qui mérite notre respect et notre profonde gratitude, une grande parlementaire, au parcours unique, qui, grâce à sa passion, à son dévouement et à ses actions avant-gardistes, a non seulement fait avancer les droits des femmes, mais représente une source d'inspiration pour de nombreuses Canadiennes à se lancer en politique, une grande dame, d'une élégance recherchée, qui a su se faire entendre pour faire avancer ses idéaux et qui représente un modèle de persévérance pour les femmes de notre génération.
Depuis sa nomination au Sénat par le très honorable Jean Chrétien, le 8 avril 1997, sénateur Pépin s'acquitte loyalement de ses fonctions en mettant de l'avant ses expériences, ses connaissances, ses qualités de générosité, de bonté et de dévouement. Son engagement sincère et sa volonté de changer les choses envers les femmes et les enfants, les conjointes de militaires et les anciens combattants ont été reconnus partout au Canada. Madame le sénateur Pépin a défendu des causes de justice sociale tout au long de ses années au Parlement. Elle a clairement démontré son humanisme et ses convictions en se portant à la défense, entre autres, des conjointes de militaires.
Très tôt dans sa vie, elle s'est attaquée de front à des problèmes sérieux, où rares étaient les femmes à s'engager sur des enjeux aussi controversés. Par ses actions et sa ténacité, elle a été une grande pionnière qui a fait avancer la cause des femmes.
Chère Lucie, tu es une personne de consensus, une rassembleuse qui aime sortir avec des collègues ou des amis pour un bon dîner, une belle soirée, un bon party quoi!
Toujours joyeuse, souriante, pleine de joie de vivre, je peux dire que j'ai beaucoup apprécié ta compagnie et ton amitié.
Chère collègue, tes actions, tout au long de ta carrière parlementaire, ont contribué à l'évolution de notre institution. Tu es une source d'inspiration pour nous tous. Ta contribution à la vie politique active et à nos institutions démocratiques représente une valeur inestimable pour les générations à venir.
Chère Lucie, je te prie de recevoir tous mes vœux de bonheur et de santé pour plusieurs années à venir.
L'honorable Paul J. Massicotte :
Honorables sénateurs, j'aimerais prendre un instant pour vous parler de mon amie, madame le sénateur Pépin. Malheureusement pour nous, elle prendra sa retraite le 7 septembre prochain.
Rendre hommage à une telle personne en quelques mots est une tâche difficile. Ses contributions et ses réalisations sont des plus nombreux. Madame le sénateur Pépin a contribué, comme certains honorables sénateurs l'ont souligné, à la politique canadienne sous divers chapeaux, notamment en tant que députée, puis sénateur pour la division sénatoriale de Chaouinigane. Elle a toujours su représenter les intérêts des Québécois et des Canadiens avec ardeur et conviction.
Son expertise en santé et son grand intérêt pour les droits de la personne ont fait d'elle une pionnière pour la cause des femmes, particulièrement en ce qui concerne le contrôle des naissances.
Son engagement auprès des femmes de militaires la démarque tout autant. Son contact étroit avec ces familles a fait d'elle une porte- parole, une marraine pour les conjoints et conjointes de militaires. Souvent agissant à titre d'intermédiaire entre le gouvernement et les familles de militaires, elle a su rehausser le profil de ceux et celles qui restent derrière et qui font de grands sacrifices en toute discrétion.
Sa bonté humaine et sa générosité inconditionnelle envers cette cause montrent qu'un politicien est capable de faire avancer des dossiers sans être partisan et sans rechercher de crédit politique.
Madame le sénateur Pépin a toujours été une personne fiable, honnête et ouverte, elle possède des qualités humaines extraordinaires, et elle a été une parlementaire exemplaire pour nous tous, en fait. Nous pouvons nous considérer privilégiés d'avoir côtoyé cette grande femme, qui, par toutes ses réalisations, a su rendre un inestimable service au peuple canadien.
Sénateur Pépin, vous pouvez partir la tête haute car votre travail à l'intérieur tout comme à l'extérieur de cette Chambre a été plus que remarquable. Je vous lève mon chapeau et vous souhaite une retraite remplie de petits bonheurs au quotidien. L'occasion est venue pour vous de consacrer plus de temps à votre vie familiale, entre autres, à vos petits-enfants que vous chérissez tant, dont vous nous avez tant parlé, et qui sont ici avec nous aujourd'hui. Respectée par vos pairs sur la Colline du Parlement et partout au Canada, vous nous manquerez à tous. Bonne retraite bien méritée, très chère amie.
L'honorable Marie-P. Poulin :
Honorables sénateurs, bien avant son assermentation au poste de sénateur en 1997, Lucie Pépin s'était taillé un nom comme apôtre de la justice sociale et des droits de la personne. Sa volonté de faire avancer la cause de la santé des femmes, tout comme son action de promotion de l'égalité des femmes, constituent dorénavant un critère de référence fort élevé pour nous tous.
Femme aux mille talents, Lucie Pépin n'a pas hésité, en tant qu'infirmière, à œuvrer à l'avant-garde dans divers domaines, de la planification des naissances à la gynécologie, en passant par l'obstétrique. Elle a contribué, dès 1966, à créer le premier service de consultation externe de planification des naissances du Québec et elle a joué un rôle primordial dans la création d'un réseau de cliniques.
À une époque où il n'était pas de bon ton de parler en public de sujets à teneur sexuelle, le sénateur Pépin consacrait ses efforts à informer les jeunes sur la sexualité, la maternité, la contraception et l'avortement.
Son sens aigu de justice sociale lui a valu sa participation à des dossiers clés, tant au Canada que sur la scène internationale, que ce soit l'examen des permissions de sorties accordées aux détenus dans les pénitenciers ou, plus récemment, l'étude du problème de la violence familiale au sein des Forces armées canadiennes. Nous le savons tous et toutes, quand le sénateur Pépin accepte une responsabilité, elle n'y va pas de demi-mesures. Elle a visité presque toutes les bases militaires du pays.
Oui, sa réputation de porte-parole engagée en matière de justice sociale, de santé et de droits des femmes a franchi les frontières et lui vaut un prestige international.
Nous ne pouvons en douter, cette femme est une Canadienne remarquable, riche d'expériences et de compétences fort variées, un atout qui fut fort précieux pour notre institution et pour le Canada.
L'honorable Mobina S. B. Jaffer :
Honorables sénateurs, je tiens à continuer le fil des hommages que mes collègues viennent de rendre. Les sujets qui nous tiennent à cœur, tels que les droits et la santé de la femme, l'immigration et le statut des réfugiés, les droits des enfants et les services de garde nous ont fait retrouver, à un moment donné, notre mission commune. Des générations entières vous ont rendu, vous rendent et vous rendront hommage tout en reconnaissant en votre nom le synonyme du mot « aide », aide pour les plus petits, aide pour les mamans, aide pour les adolescents — spécialement les adolescents — et pour les femmes.
Vous êtes l'un des membres fondateurs de la maison Passage, qui protège et aide les jeunes prostitués. Grâce à votre précieuse collaboration, sénateur, les enfants du quartier Côte-des-Neiges ont pu bénéficier de bons services de garde lorsque leurs mamans, femmes immigrantes ou réfugiées, prennent des cours de langue.
Lors de mon dernier voyage en Ouganda, mon pays natal, j'ai eu l'honneur d'être reçue par le chef d'une maternité. Cette femme médecin a précisé qu'elle me recevait car elle connaissait bien le sénateur Pépin. Votre réputation, sénateur, a dépassé largement les frontières nord-américaines.
Nos voix s'unissent aujourd'hui pour vous remercier d'avoir partagé avec nous votre passion, votre chaleur et votre amitié sincère. Je souhaite que les beaux jours de votre retraite illuminent vos années à venir, et que vous reveniez nous voir de temps en temps. Vous allez nous manquer, sénateur Lucie.
L'honorable Catherine S. Callbeck :
Honorables sénateurs, je voudrais joindre ma voix à celle des autres sénateurs pour rendre hommage à notre collègue, le sénateur Lucie Pépin. Pendant plus de 14 ans, elle a apporté une contribution extraordinaire aux travaux du Sénat et de ses comités. Grâce à son travail acharné et à son dévouement, elle a été une grande source d'inspiration pour tous ceux qui ont eu l'occasion de travailler avec elle.
J'ai eu l'honneur de siéger au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, dont elle a été membre pendant de longues années. Elle manifestait un grand souci du détail, possédait de vastes connaissances sur le sujet et a apporté une contribution extraordinaire à ce comité.
Comme on l'a déjà dit, son travail de sénateur ne commençait pas que lorsqu'elle arrivait au Sénat. D'autres sénateurs ont dressé la liste des organisations et causes nombreuses qu'elle a fait profiter de ses talents et pour lesquelles elle s'est tant dépensée au fil des ans. J'ajouterai simplement que, tout au long de sa carrière, elle a témoigné d'un profond engagement et d'un grand dévouement envers les Canadiens et le monde entier. Elle nous manquera beaucoup au Sénat, mais je suis persuadée qu'elle continuera de se dévouer à toutes ces causes tellement importantes pour elle.
Ce fut à la fois un plaisir et un grand honneur de siéger avec elle. Sénateur, mes meilleurs vœux de bonne santé et de bonheur.
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, j'aimerais parler de mes liens avec la sénateur Pépin non pas dans le contexte de sa vie politique, mais dans le contexte de ma famille et de la famille de ceux avec qui j'ai œuvré pendant 36 ans.
Samedi, j'ai rendu visite à ma mère, qui habite dans un CHSLD à Longueuil. Elle est âgée de 92 ans et est d'allégeance libérale depuis 1957. Son député était à l'époque Prosper Boulanger. Quand je lui ai dit que vous quittiez le Sénat, elle s'est souvenue des journées passées avec vous et avec le sénateur Lise Bacon à œuvrer au sein du parti pour la cause des femmes. Elle en est très reconnaissante et elle s'en souvient.
Elle se souvient du fait que, bien qu'elle ait été libérale toute sa vie, son CHSLD a pour nom René Lévesque et, parfois, cela lui pose un petit problème. Il y a aussi Elizabeth qui vous salue car, ce soir, le conseil d'administration du Centre de la famille de Valcartier présentera une motion tout à fait spéciale en votre honneur. Cette motion aura pour but de vous remercier et de vous démontrer la signification pour eux d'avoir une grande dame, dans un endroit si significatif pour le pays, qui s'intéresse aux familles des militaires.
N'oublions pas que non seulement ces familles sont oubliées, mais que, parfois, elles ne sont pas comprises. Cela se produit encore dans une organisation à domination mâle et on peut comprendre que cela se produit souvent. Et malheureux soit le commandant de base qui n'a pas mis en place les recommandations que vous aviez proposées lors de votre précédente visite, car vous lui avez fait savoir que des lacunes existaient toujours.
Nombreux sont les officiers supérieurs et les officiers généraux, incluant le chef de la Défense — tant le président que le vice- président — qui ont fait remarquer que votre influence était positive et essentielle.
On peut compter sur votre objectivité et non sur votre partialité politique. On peut compter également sur votre impartialité humaine à l'égard de ces familles.
Je voudrais tout de même souligner un fait qui n'a pas encore été mentionné. Il s'agit de l'une de vos initiatives, chère madame. Le fait est que nous avons maintenant un nombre intéressant de femmes vétérans au sein des forces armées. De ce nombre, certaines ont été blessées en mission outre-mer, dans les F-18 ou sur le terrain, les bottines dans la poussière et la chaleur.
Ces femmes vétérans ont non seulement été blessées, mais il y en a dont la famille a payé le prix ultime, comme les Goddard, dont la fille a été tuée en devoir en Afghanistan.
Ces femmes reconnaissent en vous une marraine. Elles reconnaissent même une mère Teresa devant l'ardeur avec laquelle vous tentez de soulager leurs soucis.
Je vous salue. Je vous salue comme ancien membre des Forces canadiennes et je vous salue de la part de ma famille, qui a bénéficié du fruit de votre travail.
Je salue également votre courage d'avoir fait partie du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, alors qu'on sait que c'est un comité qui n'attire pas particulièrement les femmes de cette institution.
Vous êtes la grande dame du Sénat. Vous êtes la grande dame de Saint-Jean. Vous avez été la grande dame des élèves-officiers du Collège militaire, plus particulièrement des jeunes élèves-officiers féminins qui débutent leur carrière en sachant qu'une grande dame a porté leurs soucis à l'attention des plus hautes instances.
Je vous salue et je vous embrasse, chère dame!
L'honorable Jane Cordy :
Honorables sénateurs, j'aimerais moi aussi dire quelques mots en hommage à notre collègue, le sénateur Lucie Pépin.
Comme d'autres l'ont déjà indiqué, le sénateur Pépin a consacré sa vie à défendre les dossiers liés à la santé des femmes et à l'égalité des genres sur les scènes provinciale et fédérale. Tôt dans sa carrière, le sénateur Pépin a commencé à lutter pour le droit des femmes à la contraception et aux choix en matière de reproduction. Elle a depuis veillé sans relâche à ce que la législation protège le droit des femmes à la contraception, notamment pour qu'elles aient accès à des cliniques de planification familiale.
Le sénateur Pépin a montré sa passion pour les questions sociales sur la scène politique fédérale à titre de députée d'Outremont de 1984 à 1988. À la Chambre des communes, elle a agi à titre de porte- parole de l'opposition en matière de condition féminine. Je me rappelle de l'admiration que j'ai éprouvée à l'égard de madame le sénateur Pépin lorsqu'elle a pris la parole devant la Commission libérale féminine de la Nouvelle-Écosse. J'étais loin de m'imaginer que j'aurais le privilège de travailler avec elle pendant des années au Sénat du Canada. Le sénateur Pépin a poursuivi ses efforts sur la Colline du Parlement lorsqu'elle été nommée au Sénat en 1997.
J'ai eu le plaisir de siéger avec le sénateur Pépin au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Au cours de cette période, le comité a entrepris deux études importantes sur le système de soins de santé du Canada et sur les politiques canadiennes en matière de santé mentale, de troubles mentaux et de toxicomanie. Ces deux études ont fait ressortir de nombreux secteurs où le Canada doit prendre des mesures pour améliorer les soins fournis aux Canadiens les plus vulnérables.
Lucie, je salue vos efforts pour soutenir les familles de nos militaires. Un nombre croissant de membres des Forces canadiennes sont déployés à divers endroits du globe et ils doivent laisser leur famille au Canada. La tâche n'est pas facile pour les conjoints de ces militaires qui souvent élèvent de jeunes enfants et déménagent fréquemment. Il est important que nous donnions tout l'appui possible aux familles de nos militaires. Votre message est important : l'appui à nos militaires passe par le soutien de leurs familles.
Sénateur Pépin, au nom de toutes les Canadiennes et des familles de nos soldats, je tiens à vous exprimer ma gratitude pour tous vos efforts et les nombreuses réalisations qui marquent votre remarquable carrière. Beaucoup de gens vous doivent une fière chandelle.
Lucie, je vous souhaite, à vous et à votre famille, mes meilleurs vœux à l'occasion de votre retraite.
L'honorable Rose-Marie Losier-Cool :
Honorables sénateurs, j'aimerais également, avec une touche personnelle et un brin d'humour, rendre hommage au sénateur Pépin.
Je me souviens très bien de ma première rencontre avec le sénateur Pépin et ce, bien avant qu'on ne se retrouve au Sénat. C'était dans ma province, dans mon coin de pays, à Tracadie-Sheila, alors que j'étais impliquée dans les Dames d'Acadie et que le sénateur Pépin présidait le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme. Lucie Pépin était venue donner une conférence. Après cette conférence, le sénateur Pépin n'a pas apprécié l'offre télévisuelle du seul motel de Tracadie-Sheila. Elle s'est fait rembourser sa chambre et est venue dormir dans ma famille — c'était dans le temps de Bleu Nuit.
Le parcours de ma collègue est certes très impressionnant, et je ne le résumerai pas, car d'autres l'ont bien fait. J'aimerais toutefois m'attarder sur trois enjeux que le sénateur Pépin et moi trouvons passionnants et défendons toutes les deux. Le premier enjeu est la santé des femmes, et notamment la planification des naissances. D'ailleurs, c'était sur le planning familial que le sénateur Pépin était venue parler aux dossiers. Merci mille fois, Lucie Pépin, de votre lutte pour défendre ces questions. Grâce à vous, les femmes d'aujourd'hui vivent mieux et sont plus libres.
Le deuxième enjeu est les droits des femmes. Vous qui avez présidé le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, sénateur Pépin, savez à quel point les femmes ont fait du progrès depuis 50 ans. Vous savez aussi à quel point il reste du chemin à parcourir pour nous. J'espère que vous poursuivrez vos efforts en ce sens. Vous pouvez compter sur moi pour vous aider.
Enfin, je lève mon chapeau devant votre ouverture d'esprit, sénateur Pépin, face aux pays en développement. Vos efforts en matière de santé ont, sans aucun doute, contribué à sauver des vies et à améliorer le sort de populations moins privilégiées que la nôtre. J'applaudis vos efforts en matière de promotion de la démocratie féminine dans certains de ces pays — et nous avons cité votre séjour au Vietnam. C'est un flambeau que porte le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie, que je préside. Je regrette que l'on n'ait pu, ensemble, être membres et travailler conjointement dans cet organisme. Vous auriez été un atout formidable.
En conclusion, chère Lucie, grande dame, belle personne, vous avez toute ma gratitude et celle de mes consœurs, parlementaires ou non, pour tout ce que vous avez fait et pour ce que je suis sûre que vous continuerez d'accomplir au cours des prochaines années.
Je vous reverrai avec un immense plaisir. Bonne retraite et bon retour avec les enfants!
L'honorable Joseph A. Day :
Honorables sénateurs, j'ai le plaisir de me joindre à mes collègues pour rendre hommage au sénateur Lucie Pépin.
Depuis mon premier jour en cette Chambre, j'ai toujours admiré sa grâce, son intelligence et son inflexible résolution quand elle travaille à des dossiers qui lui tiennent à cœur.
Bien que le sénateur Pépin ait fait siennes un très grand nombre de causes pendant son mandat ici, comme vous le savez très bien, c'est son souci pour le bien-être des familles de militaires qui m'a particulièrement marqué.
Lorsque j'ai été nommé au Sénat, je suis devenu membre du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, auquel siégeait déjà le sénateur Pépin. Elle s'était déjà forgée la réputation d'un parlementaire qui se préoccupait non seulement du sort de nos soldats à l'étranger, mais qui insistait aussi pour que nous tenions compte de l'impact de nos décisions sur les familles des militaires. En particulier, ce sont les conjointes de nos soldats qui sont aussi de véritables héroïnes, car elles nous font don de leur douce moitié pour défendre notre pays ici et à l'étranger. Bien qu'elles n'aient pas l'exclusivité, ce sont en majorité des femmes qui élèvent seules leur famille pendant que leur mari est en mission.
Le sénateur Pépin dirait à bon droit qu'il nous incombe de soutenir ces femmes quand elles en ont besoin et pas seulement quand leur conjoint est blessé ou tué au combat. Pour reprendre les paroles du sénateur Pépin, « ces femmes sont tout aussi dévouées envers les Forces canadiennes. Leurs vies sont, elles aussi, déterminées par la vie militaire. Avec ces déménagements fréquents et un style de vie complètement différent de celui des civils, ces femmes et leurs enfants vivent dans des circonstances uniques et doivent souvent affronter d'énormes défis, que ce soit sur les plans financier, professionnel, personnel ou émotionnel. »
De nombreux groupes et organismes de soutien ont vu le jour pour venir en aide aux familles de militaires. Nous devons une fière chandelle au sénateur Pépin pour avoir contribué à leur mise sur pied.
Honorables sénateurs, je sais que je parle au nom de tous en déclarant que, grâce à son leadership dans ce domaine, nous continuerons de veiller au bien-être des familles de militaires comme elles le méritent.
Honorables sénateurs, j'ai souvent parlé au sénateur Pépin de sa ville bien-aimée, Saint-Jean-sur-Richelieu, et je tiens à parler aux sénateurs de la forte présence militaire qui s'y trouve. Le sénateur Dallaire a mentionné le Collège militaire royal de Saint-Jean, mais la ville compte également une importante base aérienne; je n'ai aucun doute que l'influence de ces deux bases sur le sénateur Pépin a contribué à son dévouement indéfectible à l'égard des familles de militaires.
Nous avons invité des membres de la Force aérienne à nous rejoindre dans la salle 256-S cet après-midi, de 17 heures à 19 heures; j'espère que les honorables sénateurs auront la chance d'être des nôtres afin que les membres de la Force aérienne puissent dire adieu au sénateur Pépin.
L'honorable Joan Fraser :
Honorables sénateurs, presque tout a été dit, certainement assez pour que ceux qui liront les Débats du Sénat d'aujourd'hui comprennent à quel point nous sommes tous conscients que ce fut un très grand privilège de travailler au même endroit que madame le sénateur Lucie Pépin.
Je sais que je ne suis pas la seule à me sentir très humble lorsque je constate la longue liste des choses qu'elle a accomplies dans sa vie. Cependant, afin d'humaniser peut-être un peu le portrait qu'on lira dans les Débats du Sénat, j'aimerais ajouter deux détails que j'ai toujours trouvés enchanteurs, comme Lucie le sait.
D'abord, imaginez notre belle grande Lucie, élégante, qui a régulièrement fréquenté le Festival western de St-Tite. Imaginez-la, en chapeau et bottes de cowboy, participant avec son enthousiasme légendaire. C'est une belle image pour moi.
Ensuite, sachez que cette femme élégante et extraordinaire à la voix douce et au doux sourire est en fait pilote de voiture de rallye; ceux qui ont eu le privilège de se faire conduire par elle d'Ottawa à Montréal n'auront pas de mal à le croire.
Quand Lucie Pépin s'engage à faire quelque chose, elle fonce.
À un niveau plus personnel, je voudrais la remercier. Lorsque je suis arrivée au Sénat, le sénateur Pépin était whip adjoint de notre côté, et nous savons tous à quel point on peut être intimidé lorsqu'on arrive au Sénat. C'est nouveau, un peu étrange, et quand même assez intimidant. Pour moi — et je sais qu'il en est de même pour des douzaines d'autres sénateurs —, c'est la chaleur, la générosité et l'enthousiasme de Lucie Pépin qui ont vite fait de me faire sentir accueillie et capable de contribuer, du moins un peu, aux travaux de cette institution que Lucie a si bien servie.
Alors Lucie, merci, merci, merci!