Déclaration faite le 23 juin 2011 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, lorsque j'étais un jeune officier, on m'a fait passer devant un officier supérieur qui m'a dit en anglais que j'étais « flippant », c'est-à-dire désinvolte. Je ne comprenais pas le sens de ce mot. J'ai dû consulter un dictionnaire, parce que l'officier ne parlait pas français. Quoi qu'il en soit, j'ai deviné ce qu'il voulait dire.
Les réponses de la ministre ici sont de cette nature. Je ne lui ai rien demandé au sujet de la compétence de nos soldats, de la structure de commandement ou du fait que son gouvernement leur fournissait du matériel, et je n'ai pas non plus traité de ces questions. Je n'ai même pas formulé la moindre critique. La ministre a soulevé ces points, parce qu'il semble que ce soit sa façon de répondre à une question directe.
Honorables sénateurs, je reviens sur l'objet de ma question. Ma citation était exacte. Ce que le premier ministre a fait n'est pas conforme à la tradition militaire, qui consiste à être accompagné d'un commandant lorsqu'on s'adresse aux médias dans le cadre d'une conférence de presse officielle. Nous l'avons vu. Toutefois, madame le leader ne peut pas me dire qu'agir de la sorte avec les soldats — qui devraient plutôt se reposer, s'entraîner ou retourner sur le terrain — pour tenir une conférence de presse n'est pas du cinéma, et elle ne peut pas nier que c'est irresponsable.
Il est particulièrement irresponsable de la part du premier ministre de dire aux troupes que la mission va maintenant changer parce que nous avons gagné, au lieu de dire exactement ce qui avait été convenu par le gouvernement précédent. Nous nous retirons maintenant parce que, d'un point de vue politique, c'est le bon moment de le faire et nous allons dorénavant nous occuper de l'entraînement, au lieu de continuer à nous battre, ce que les Américains et mes collègues, les marines, continuent de faire.
Cela dit, la situation reste la même. L'an dernier, le gouvernement a demandé à tous les ministères de faire des compressions de 5 p. 100 en se servant d'une liste de faibles priorités. Ces coupes doivent être faites cette année. Il semble que la liste soit encore un document confidentiel du Cabinet, mais les compressions seront mises en œuvre. En outre, le gouvernement a annoncé dans le discours du Trône qu'un examen opérationnel serait effectué pour faire des compressions de 5 p. 100, et qu'il est même possible que celles-ci atteignent 10 p. 100.
Madame le ministre peut-elle me dire si les Forces canadiennes continueront de recevoir le financement nécessaire pour maintenir leur capacité opérationnelle de réserve ou si elles seront, elles aussi, soumises aux compressions qui seront effectuées apparemment en 2012-2013?
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