Déclaration faite le 29 septembre 2011 par le sénateur Céline Hervieux-Payette
L'honorable Céline Hervieux-Payette :
Honorables sénateurs, ma question s'adresse au leader du gouvernement au Sénat et la réponse à cette question sera d'autant plus facile à donner qu'elle sera sûrement d'accord avec moi.
Ce matin, une conférence de presse a été donnée par un groupe d'Autochtones et de parlementaires. Ces derniers venaient appuyer le Wapikoni Mobile. Wapikoni est un mot indien qui veut dire « fleur »; « mobile », car c'est une roulotte qui circule à travers le Québec. C'est un studio ambulant — en fait, il y en a trois — de formation et de création audiovisuelle et musicale qui circule depuis sept ans dans les communautés des Premières nations au Québec. En fait, il y en a trois, et maintenant, ces studios ont des échanges avec d'autres pays.
Le Wapikoni Mobile est une initiative moderne de formation qui a littéralement sauvé des vies, dans certains cas, nous disent les Autochtones eux-mêmes. Il est une voix pour les Premières nations, une voix trop souvent absente de nos réalités. Il permet l'éveil de talents artistiques, créé des emplois locaux, offre des opportunités de contrat — parfois le seul contrat de l'année dans ces collectivités. C'est une véritable pépinière qui fait émerger peu à peu une nouvelle génération de jeunes Autochtones, comme le chanteur québécois Samian, issu directement de cette démarche et devenu lui-même créateur d'autres emplois.
En plus de développer des compétences dans le domaine artistique et du multimédia, le Wapikoni Mobile facilite les échanges et la communication entre les jeunes, et contribue à leur ouverture sur leur monde. Il leur donne l'occasion de se faire connaître, de sortir de leur cadre de vie habituel et de rayonner autant dans leur milieu que dans le monde. Voilà pour le contexte de ma question.
Il n'aura pas échappé à madame le leader que les communautés des Premières nations sont parmi les plus vulnérables de notre société. Or, son gouvernement a récemment décidé de couper le financement du Wapikoni Mobile pour épargner 490 000 $ — vous allez sûrement aider le premier ministre à trouver —, soit 50 p. 100 du budget global de l'organisation. Le gouvernement a décidé de tuer cette originale et très utile initiative, car des compressions de 50 p. 100 du budget signifient que ce projet ne peut continuer.
Pourquoi le gouvernement de madame le leader a-t-il décidé de couper ce projet unique, réduisant le peu d'espoir qu'il reste aux jeunes Autochtones du Québec qui reçoivent leur formation dans leur milieu, dans leur réserve?
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