Déclaration faite le 23 novembre 2011 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, le mercredi 9 novembre, l'institut Gabriel Dumont d'études autochtones et de recherche appliquée, en collaboration avec M. Eric C. Howe, de l'Université de la Saskatchewan, a publié un rapport stupéfiant intitulé Bridging the Aboriginal Education Gap in Saskatchewan. Selon le rapport, éliminer l'écart en matière d'éducation entre les Autochtones et les non-Autochtones de la Saskatchewan pourrait générer des retombées aussi élevées que 90 milliards de dollars pour la province. M. Howe en est arrivé à ce chiffre en additionnant les avantages monétaires personnels et les diverses retombées sociétales qu'apporterait l'élimination de l'écart en matière d'éducation par Autochtone en Saskatchewan.
M. Howe a dit ce qui suit : « Les retombées sont stupéfiantes; en effet, les retombées perdues sont supérieures à toutes les ventes de potasse de l'histoire de la Saskatchewan. » Il a poursuivi en ces termes : « Bien que, pour la plupart des Saskatchewannais, la potasse soit la ressource la plus précieuse de la province, les Autochtones sont une ressource plus précieuse encore, mais c'est une ressource dont on ne tire pas parti. »
Selon le recensement de 2006, parmi les Canadiens âgés de 25 à 64 ans, 34 p. 100 des Autochtones n'avaient pas terminé leurs études secondaires, comparativement à 15 p. 100 pour le reste de la population. Seuls 8 p. 100 des Autochtones détenaient un baccalauréat, comparativement à 23 p. 100 chez les non- Autochtones. Si on hissait les Autochtones au même niveau de scolarité que les non-Autochtones, la Saskatchewan et les autres provinces pourraient susciter une croissance économique durable, plus durable que l'exploitation des ressources naturelles.
Selon le rapport, les Autochtones ont un taux de rendement financier à l'éducation supérieur aux Canadiens non autochtones. Pour les Autochtones, le fait de terminer des études secondaires entraîne des retombées de 1,9 million de dollars par élève au cours de sa vie; une formation dans une école technique, des retombées de 3,1 millions de dollars par étudiant au cours de sa vie; et une formation universitaire, des retombées de 6,2 millions de dollars par étudiant au cours de sa vie. Comme M. Howe l'a si judicieusement dit : « Plus on apprend, plus on gagne. »
L'analyse coûts-avantages montre clairement que les investissements dans l'éducation des Autochtone rapportent. J'aimerais féliciter le professeur Eric Howe et l'Institut Gabriel Dumont, qui ont publié cet important rapport. Le rapport incite non seulement la Saskatchewan, mais aussi toutes les provinces du Canada, à combler les lacunes relatives à l'éducation des Autochtones. Ce n'est pas seulement ce qu'il convient de faire; nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas investir dans ce domaine.