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Les baha'is en Iran—Interpellation

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Déclaration faite le 29 novembre 2011 par le sénateur Roméo Dallaire

L'honorable Roméo Antonius Dallaire :

Honorables sénateurs, j'appuie l'interpellation que madame le sénateur Jaffer a présentée au sujet des baha'is d'Iran. À mon avis, la situation de ce groupe se dégrade de façon catastrophique, comme j'en ferai état.

J'interviens aujourd'hui dans le cadre de l'interpellation inscrite au Feuilleton par le sénateur Jaffer. Les droits fondamentaux des baha'is d'Iran sont de plus en plus bafoués et les Canadiens ne peuvent tout simplement pas nier cette réalité. Je présenterai trois recommandations à la fin de mon intervention.

Depuis l'époque de Bahá'u'lláh, à la fin du XIXe siècle, les baha'is ont toujours été persécutés en Iran. Ce groupe religieux est ciblé parce qu'il remet en question l'orthodoxie culturelle de la classe dirigeante. Les baha'is élisent leurs dirigeants et n'ont pas de hiérarchie ecclésiastique. Ils croient notamment dans l'égalité des sexes et dans l'harmonie entre la science et la religion — principes dont d'autres nations pourraient s'inspirer. Toutefois, ce ne sont pas là les principales raisons pour lesquelles les baha'is sont persécutés en Iran. L'origine de cette persécution tient aux différences techniques entre la foi baha'ie et celle de la majorité chiite, surtout parce que les baha'is croient que Mahomet n'est pas le dernier prophète envoyé par Dieu. En Iran, cette croyance a donné aux baha'is une réputation d'hérétiques et a entraîné une persécution odieuse.

Avant la révolution iranienne de 1979, les baha'is étaient la cible d'actes de violence officieux. Les mollahs locaux incitaient des groupes entiers de fidèles à commettre des actes de violence contre les baha'is du voisinage. Les propriétés appartenant à des baha'is étaient détruites et ceux qui ne pouvaient s'enfuir étaient battus et torturés à mort.

Le pire cas répertorié est survenu en 1903 dans la ville de Yazd, où plus de 100 baha'is ont été tués par la foule lors d'une seule attaque. Ces attaques étaient informelles dans la mesure où la politique de l'État n'était pas officiellement ou systématiquement dirigée contre les baha'is. La majorité silencieuse du shah qui était au pouvoir a plutôt fermé les yeux sur les abus commis par des éléments extrémistes du clergé, mais ces abus étaient généralement sanctionnés par l'ayatollah.

La révolution de 1979 a changé la situation, malheureusement pour le pire. Les organisations antibaha'ies, comme le mouvement fanatique Hojjatieh, créé au début des années 1950 avec la bénédiction de l'ayatollah, ont eu accès aux dossiers de l'État et commencé à persécuter les baha'is un peu partout en Iran. Des bandes de truands sillonnaient les quartiers à la recherche de baha'is à massacrer. Ils brûlaient leur maison et leurs commerces et les assassinaient en toute impunité. Ils ne ménageaient même pas les morts, allant jusqu'à profaner et à démolir les cimetières.

À la même époque, entre 1979 et 1983, les pouvoirs dirigeants du pays ont mené une vaste campagne coordonnée visant à priver la communauté baha'ie de ses membres les plus respectés, les baha'is élisant leurs pairs à l'Assemblée spirituelle nationale et leurs équivalents à l'échelle locale. En 1980, tous les membres de l'Assemblée spirituelle nationale ont été arrêtés. Les nouveaux membres élus pour les remplacer ont aussi été arrêtés. Le 27 décembre de cette année-là, ils ont été exécutés sans autre forme de procès. Je le répète : ils ont été exécutés.

Au cours de cette période sombre, le Canada a su donner l'exemple en accueillant les réfugiés baha'is provenant d'Iran. Nous avons aussi défendu activement la cause de cette communauté sur la scène internationale et ouvert nos portes à ces personnes persécutées à cause de leur religion.

Il est reconnu que les pressions internationales subies par l'Iran, grâce aux efforts de pays comme le Canada et de la communauté bahaïe internationale, ont entraîné une diminution de l'usage de la violence directe sur les baha'is en Iran. Malheureusement, la répression de cette communauté ne s'est pas arrêtée, elle a seulement changé de forme.

Alors que, auparavant, la répression des baha'is était informelle — puisque, avant la révolution iranienne, il y avait une plus grande séparation entre les pouvoirs de l'État et la religion dominante chiite —, après la révolution ne fut plus le cas, puisque l'Iran est devenu une république islamique. La répression des baha'is est devenue alors plus généralisée, voire une politique.

Toutefois, l'État islamique ne devrait pas automatiquement oppresser les minorités religieuses. La Constitution iranienne de 1979 contient une liste de religions reconnues et permet à leurs membres de pratiquer leur religion librement, dans les limites de la loi islamique. Les baha'is, qui représentent la minorité religieuse la plus importante d'Iran, ne sont pas protégés par cette loi en étant exclus de cette liste, donc ciblés spécifiquement.

Si les baha'is appliquent les principes de leur foi, ils le font à leurs risques et périls. En 1991, la dénonciation implicite de la foi baha'ie, tel qu'illustré par l'exclusion prévue dans la Constitution, a été renforcée par une politique explicite de répression ciblée. Cette politique a pris la forme d'une série de directives auxquelles le Conseil culturel révolutionnaire suprême a assuré une circulation interne. L'oppression des baha'is est maintenant inscrite dans une politique. C'est une politique déclarée contre l'exercice d'un droit de la personne, soit le droit de pratiquer librement sa religion.

Voici le passage incriminant qu'a révélé un rapport publié en 1992 par le représentant spécial de la Commission des droits de l'homme du Conseil économique et social des Nations Unies :

Les relations que le gouvernement aura avec [les baha'is] se feront de manière à entraver leur progression et leur développement.

Tout Iranien qui s'identifie à la foi baha'ie se voit interdire l'accès aux études supérieures, l'obtention d'un poste dans la fonction publique ou la participation à la vie politique. Il y a une similitude indiscutable avec ce que j'ai pu observer au Rwanda, et le discours employé est, apparemment, aussi enflammé.

Toute promotion de la foi baha'ie doit être punie par des tactiques d'exclusion. Usant d'une formule contradictoire, la politique indique que les baha'is ont les mêmes droits que tout autre citoyen, mais seulement dans la mesure où l'exercice de ces droits ne les encourage pas à persister dans la pratique de leur religion. Ce groupe particulier est opprimé non pas pour son appartenance ethnique, mais bien pour des motifs religieux. Et, en fin de compte, je dirais qu'il s'agit d'éliminer ce groupe. Si vous êtes baha'is, on vous refuse les avantages normalement rattachés à la citoyenneté.

Honorables sénateurs, il existe un terme pour désigner ce type de répression systématique : le « le génocide idéologique ». Un élément essentiel du génocide idéologique est l'intention de détruire la collectivité baha'ie, totalement ou partiellement, en tant qu'entité religieuse distincte. Cette intention nécessite de toute urgence notre attention.

Comme nous habitons un pays qui valorise la liberté de religion et les droits fondamentaux de la personne, nous devons surveiller étroitement les méthodes employées par le gouvernement de l'Iran pour atteindre les objectifs de cette politique. Nous devrions employer tous les moyens politiques et diplomatiques à notre disposition pour inciter l'Iran à respecter davantage les droits de la personne et à devenir une société ouverte et démocratique. Il est absolument essentiel que nous nous prémunissions contre la possibilité bien réelle qu'ait lieu un génocide idéologique où il y aurait assassinat systématique et à grande échelle des baha'is iraniens.

« L'assassinat systématique des baha'is iraniens » : voilà des mots qui me rappellent ce dont j'ai été témoin en 1994, au Rwanda, avant le génocide.

Honorables sénateurs, c'est pour ces raisons que je vous parle aujourd'hui de la terrible situation de la communauté baha'ie d'Iran. Confronté à leur exceptionnelle résistance, le gouvernement iranien perd patience et il y a de plus en plus de signes que les répressions à l'endroit de cette communauté deviendront plus importantes.

L'honorable sénateur Jaffer a attiré notre attention sur l'arrestation de sept dirigeants baha'is locaux en 2008. Ces individus n'ont commis aucun crime, du moins pour un pays reconnaissant les droits fondamentaux de la liberté religieuse. Leur crime ne consistait en rien de plus que leur soutien envers leur communauté religieuse, mais ils ont pourtant été condamnés à 20 ans de prison. Encore une fois, les prisons du Rwanda étaient remplies de gens de l'ethnie tutsie pour des raisons pratiquement semblables, sauf qu'il s'agissait de l'ethnicité au lieu que de la religion.

Il est déjà assez déplorable que les baha'is soient forcés de composer avec l'absence de soutien de l'État, mais le fait qu'il leur soit interdit de subvenir à leurs propres besoins est inacceptable. Ils sont punis d'essayer de survivre. Rien n'est plus éloquent à cet égard que le plus récent exemple de répression des baha'is iraniens par l'État. Les directives de 1991, qui dictent encore aujourd'hui les politiques du gouvernement, interdisent aux baha'is de faire des études supérieures en vertu d'une politique conçue spécialement pour empêcher la transmission de la culture baha'ie en Iran et l'ascension sociale des baha'is iraniens.

En réaction à cette politique, les baha'is du monde entier ont travaillé sans relâche pour fournir une éducation aux baha'is iraniens. Ils ont créé l'Institut baha'i d'enseignement supérieur, fondé en 1987 et voué à l'éducation des jeunes baha'is, pour qu'ils puissent recevoir l'éducation dont les prive l'État. En dépit des nombreux obstacles, cet institut est arrivé à donner une éducation universitaire aux baha'is iraniens.

Nous pouvons dire fièrement que 63 de ses enseignants ont obtenu leur diplôme au Canada. Nous soutenons cet effort que vous jugeriez subversif si vous étiez un fonctionnaire iranien. Nous le considérons comme essentiel du fait que nous croyons à la liberté de religion.

Malheureusement, non seulement leurs diplômes universitaires ne sont-ils par reconnus en Iran, qu'ils aient été décernés par l'université baha'ie, l'Université d'Ottawa ou même l'Université Memorial ou l'Université de la Colombie-Britannique, n'importe quelle université du Canada, mais l'institution qui les a instruits est devenue la cible de violence perpétrée par l'État.

En mai 2011, la police iranienne a lancé une série de descentes coordonnées dans les maisons de personnes associées à cet institut. On leur a confisqué leurs biens et 16 personnes ont été arrêtées. Sept d'entre elles ont été condamnées à quatre à cinq ans de prison et y croupissent encore.

Ces attaques contre les dirigeants bahaïs et leurs enseignants sont déjà troublantes en tant que violations des droits humains.

Toutefois, elles sont encore plus troublantes puisqu'elles ont lieu dans un contexte de répression importante de la part de l'État envers la communauté baha'ie en entier. Le scénario est le même que celui du Rwanda, où on ne permettait pas à la minorité ethnique tutsie d'accéder à l'éducation supérieure dans leur pays. Ceux-ci devaient s'expatrier pour accéder à l'éducation supérieure.

Le taux d'incarcération des baha'is en Iran augmente à un rythme alarmant. Au cours des 18 derniers mois, on l'a vu augmenter de façon exponentielle. En 2004, ils n'étaient que quatre à être emprisonnés; en 2010, ils étaient 48. En 2011, le nombre dépasse la centaine. Plus de baha'is ont été arrêtés au cours de la dernière année qu'au cours des six dernières années combinées. De plus, les baha'is purgent des sentences disproportionnées, sans avoir le droit de verser une caution pour retrouver leur liberté. Les baha'is emprisonnés représentent une infime partie de ceux qui ont vu leur maison pillée, leurs biens confisqués et qui ont été arrêtés et détenus sans autre motif que leur religion. Ce sont les signes que la situation des baha'is en Iran se détériore rapidement. Cette situation ressemble à celle qu'on a vue au Rwanda il y a 17 ans.

J'ai en main un rapport intitulé Inciting Hatred : Iran's media campaign to demonize Bahá'ís.

Cette étude, publiée en octobre 2011, présente la propagande que l'Iran dirige, avec une hargne de plus en plus féroce, vers la communauté baha'ie. Il en allait de même au Rwanda, où on a utilisé les médias pour diaboliser l'ethnicité tutsie minoritaire.

J'en ai encore beaucoup à dire sur le sujet. Toutefois, faute de temps, je vais devoir aller directement aux recommandations que j'aimerais porter à votre attention, pour la gouverne de notre gouvernement.

Nous devons considérer les outils qui sont disponibles pour faire face à cette situation et les espaces nationaux et internationaux touchés par nos actions. Nous vivons au ralenti la répétition d'un génocide, voire la préparation d'un génocide dans un pays où la population ciblée est évidente, elle se trouve devant nous et nous en sommes pleinement conscients. Personne ne pourra affirmer ne pas être au courant que ces actes sont en train d'être commis. En 1994, nous avons fermé les yeux. Cette fois-ci, nous sommes bien au courant.

Que devrait faire notre gouvernement? Premièrement, nous devons nous assurer d’accueillir tout baha’i iranien qui demande le statut de réfugié au Canada. Nous devons nous assurer que le Canada reste un refuge pour ceux et celles qui cherchent à échapper à l’extermination religieuse. Nous l’avons fait pour les Vietnamiens et pour d’autres groupes. Voilà un groupe spécifiquement ciblé par son gouvernement en vue d’être éliminé. On reconnaît que ce gouvernement abuse massivement des droits de la personne. Cette situation correspond aux critères qui ont résulté des travaux effectués par les Nations Unies à la suite du génocide au Rwanda afin d’éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

Deuxièmement, nous devons utiliser le nouvel outil qu'est le Bureau de la liberté de religion, que le gouvernement a mis en place. Il a un rôle significatif devant la situation des baha'is en Iran. La persécution religieuse des baha'is en Iran est la première situation que ce bureau devrait considérer. Comme l'a recommandé le sénateur Segal, ce bureau devrait travailler conjointement avec les organismes semblables à l'échelle internationale afin de mettre fin à la répression des baha'is, libérer ces personnes qui ont été emprisonnées et encourager un changement politique pour la reconnaissance de cette religion et permettant à ses adhérents de jouir des mêmes droits que les autres citoyens iraniens. Ces efforts devraient être combinés à nos stratégies bilatérales et multilatérales et aux actions prises par la sous-direction des droits de l'homme du ministère des Affaires étrangères et de groupes parlementaires tels le groupe parlementaire multipartite pour la prévention des génocides et autres crimes contre l'humanité, que j'ai l'honneur de présider. Ce n'est pas la première fois que l'on soulève ce dossier devant ce comité composé des deux Chambres et de tous les partis.

Troisièmement, nous devons nous assurer que notre approche envers l'Iran dans le domaine des affaires étrangères soit constante et cohérente. La problématique du terrorisme, de la répression à l'endroit des groupes minoritaires et du conflit avec Israël doit être considérée pour avoir une vue d'ensemble de la situation.

Nous avons un autre clou à mettre contre ce pays qui non seulement opprime les gens, mais met à risque le reste du monde par son désir de se munir d'armes nucléaires. Nous devons nous assurer que notre réponse soit proportionnelle à la menace présente.

En 1994, nous avons dit que nous n’étions pas au courant et nous avons utilisé cette excuse pour ne pas agir. Cette fois-ci, nous sommes au courant de la situation. Nous n’avons donc aucune excuse. Au contraire, nous avons tous les outils nécessaires pour nous assurer de régler ce problème de manière raisonnable et responsable.

Honorables sénateurs, nous connaissons les intentions génocidaires de l'État iranien. Cet État souhaite détruire la communauté baha'ie, qui est une entité religieuse distincte. Nous avons constaté que les baha'is d'Iran sont systématiquement identifiés comme un exogroupe à persécuter et à éliminer. Les baha'is ont été exclus de la protection constitutionnelle et sont soumis à des lignes directrices discriminatoires qui leur retirent les avantages de la citoyenneté iranienne et qui constituent une véritable politique gouvernementale d'oppression contre eux.

Nous disposons de plus en plus d'éléments de preuve qui démontrent, avec force détails troublants, les attaques incessantes contre les communautés baha'ies et leurs dirigeants, la déshumanisation des adeptes de cette foi et leur exclusion de la société iranienne. L'augmentation alarmante du nombre d'incarcérations de baha'is, particulièrement de leurs dirigeants, les peines disproportionnées, les cautions déraisonnables ainsi que l'abjecte propagande qui décrit les baha'is comme une secte extrémiste participant à un complot sioniste visant à miner l'État islamique d'Iran n'ont aucun sens. Ces accusations sont fausses. Elles constituent un moyen d'excuser les gestes délibérés posés par un gouvernement qui veut faire disparaître cette religion du pays qu'il gouverne.

Ne vous trompez pas, il s'agit de plus que de simples indices de persécutions passées et présentes, ce sont des signes précurseurs d'atrocités de masse et de génocide. Nous ne devons pas assister à un nouveau génocide, maintenant que nous sommes pleinement conscients de ses conséquences.

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