Restez en contact

facebook Forum des idées youtube flickr

Rencontrez

Lillian Dyck

L La sénatrice Lillian Dyck a été nommée au Sénat en 2005 par le Premier ministre Paul Martin pour représenter la Saskatchewan. Avant de devenir sénatrice, la sénatrice Dyck était l'une des plus grandes neurochimistes du Canada et ses recherches ont beaucoup aidé à la découverte de médicaments permettant de traiter des maladies comme le Parkinson, la schizophrénie et l'Alzheimer, de même qu'à l'obtention de brevets.

Discours et débats

L'accès à l'information au Canada—Interpellation

Plus sur...

Partager

Commentaires

Lisez les commentaires sur cette page ou ajoutez-en un.
Déclaration faite le 30 novembre 2011 par le sénateur Francis Fox (retraité)

L'honorable Francis Fox :

Honorables sénateurs, c'est non sans émotion que je prends la parole aujourd'hui pour une dernière fois en tant que membre du Sénat du Canada.

Dans deux jours, je célébrerai mon 72e anniversaire et j'aurai passé, depuis mon arrivée à Ottawa en 1969 en qualité d'adjoint du très honorable Pierre Elliott Trudeau, plus de 20 ans sur la Colline du Parlement.

Le moment est maintenant venu pour moi non pas de tourner une page ou d'entreprendre un nouveau chapitre de ma vie, mais de clore une fois pour toutes ma carrière parlementaire, à compter de minuit, le 2 décembre. Au cours des années où j'ai siégé à la Chambre des communes et au Sénat, soit 12 ans comme député et six ans comme sénateur, j'ai eu le très grand privilège de participer activement à la vie politique de notre pays.

J'ai voulu accorder temps et énergie à la noble tâche d'aider à ériger en notre pays une société plus juste, plus prospère, une société que nous pourrions léguer avec fierté aux générations qui nous succéderont.

J'y ai consacré mes meilleurs efforts, en tant que député et sénateur, mais également comme membre d'une grande formation politique qui a su marquer l'histoire de notre pays. Cet engagement m'a permis, au fil des ans, de côtoyer des centaines de collègues tous partis confondus, qui, sans toujours partager les mêmes objectifs, apportaient à la vie parlementaire la même passion dans la poursuite de leurs idéaux au profit de la population de ce pays.

Grâce à eux et par eux, j'ai également appris à connaître et à apprécier les Canadiens et les Canadiennes de toutes les régions de notre grand pays. J'ai ainsi pu mieux comprendre que, quelle que soit notre région d'origine, nous partagions, règle générale, les mêmes valeurs d'entraide qui caractérisent notre pays, et les mêmes aspirations pour un avenir commun encore meilleur.

Comme plusieurs de mes contemporains, j'ai été attiré au service de notre pays en répondant à l'appel lancé par Pierre Elliott Trudeau à la fin des années 1960. Il nous conviait à bâtir une société plus juste, une société encore plus prospère, capable de faire une place meilleure à tous, quelle que soit leur origine, leur sexe ou leur âge.

Rapatriement de la Constitution, Charte des droits et libertés, bilinguisme officiel, mesures sociales, Pierre Elliott Trudeau a marqué de façon indélébile l'histoire de notre pays. Je suis fier d'avoir répondu à son appel et d'avoir apporté ma modeste contribution au travail colossal qu'il a réalisé en vue de l'amélioration du bien commun.

Tout en étant exceptionnelle, son œuvre s'inscrit dans la foulée des Macdonald, Laurier, King, Saint-Laurent, Pearson, Clark, Mulroney, Chrétien et Martin, qui ont tous su relever les défis de leur époque. Le Canada d'aujourd'hui est le produit des efforts incessants de leurs administrations successives. Par leur travail et acharnement, ils ont amélioré la condition de leurs contemporains et légué à leurs successeurs un pays qui fait toujours l'envie du monde entier, et c'est là un défi que doit continuer de relever tout gouvernement de ce pays.

Comment avoir œuvré sur la scène politique canadienne des 40 dernières années sans avoir été interpellé par le dossier du Québec?

Québécois de naissance et issu d'une famille canadienne d'origine irlando-française, j'ai intimement vécu la réalité de la dualité canadienne. J'ai été en mesure d'en apprécier la richesse mais également d'en mesurer la complexité et la fragilité. Surtout, j'ai pu reconnaître les dangers que nous font courir notre incapacité à résoudre certains différends qui continuent d'alimenter des tensions entre nos deux communautés. Le défi de l'unité nationale demeure entier. Chaque gouvernement successif en est le fiduciaire. Il revient à chaque gouvernement de veiller à créer des conditions gagnantes pour le fédéralisme et de s'assurer que chaque génération renouvelle son attachement à ce grand pays.

L'absence du Québec comme signataire de notre Constitution constitue le symbole d'un clivage profond dans l'esprit de plusieurs dont la portée ne saurait nous échapper. Depuis bientôt 30 ans, cette situation colore le paysage politique de notre pays et est invoquée par plusieurs pour freiner la mise en place d'assises nationales encore plus solides.

Les tentatives précédentes d'y trouver une solution méritent d'être saluées. Je salue plus particulièrement les tentatives de M. Brian Mulroney qui ont menées à l'accord du lac Meech. Tous, de ce côté- ci de la Chambre, ne sont pas d'accord avec moi, mais je crois que M. Mulroney est vraiment allé au bout des ses moyens pour tenter de réintégrer le Québec dans la Constitution.

On ne peut qu'espérer l'émergence de nouvelles tentatives et qu'elles soient couronnées de succès. Elles pourront alors contribuer à consolider les assises de notre pays.

Lorsque l'on s'engage en politique, c'est avant tout pour améliorer les choses. Je quitte Ottawa avec la fierté d'avoir participé à l'élaboration de politiques dans de nombreux domaines. Permettez- moi de donner quelques exemples de projets auxquels j'ai pris part : Telecom Canada, qui a eu une profonde influence sur les industries du cinéma et de la radiodiffusion, et les trois grands musées de la région, qui ont grandement contribué à faire de notre capitale nationale un endroit que les Canadiens ont le goût de visiter et dont ils sont fiers.

Je suis aussi très fier d'avoir été le ministre qui a eu le privilège de parrainer la mesure législative faisant d'Ô Canada notre hymne national. Je tire également une grande fierté d'avoir été le ministre qui a introduit la téléphonie cellulaire au Canada. Cependant, la mesure législative dont je suis le plus fier est sans doute la Loi sur l'accès à l'information, que j'avais été chargé de mener à bien.

La Loi sur l'accès à l'information, un dossier qui m'a été confié par Pierre Elliott Trudeau, est aujourd'hui une des clés de voûte de notre démocratie.

Je suis pleinement conscient que c’est grâce à la contribution de plusieurs personnes que la loi actuelle a pu être adoptée. Sans le dévouement de Jed Baldwin, qui a été le fer de lance du dossier de l’accès à l’information au Canada, et sans la mesure législative présentée par M. Clark lorsqu’il était premier ministre, elle n’aurait peut-être jamais vu le jour.

Cette loi mérite d'être constamment mise à jour et ne pourra l'être qu'avec la complicité du gouvernement en place. Ce pilier de notre démocratie exige un réengagement constant de la part des autorités pour assurer que la transparence fasse partie de notre ADN politique.

La Charte canadienne des droits et libertés nous assure une égalité en droit et nous protège contre la discrimination. La Loi sur l'accès à l'information permet aux citoyens canadiens de savoir ce que fait leur gouvernement et, ainsi, de le rendre plus imputable de ses actions.

Près de 30 ans après l'entrée en vigueur de la loi, notre système d'accès à l'information a besoin d'un souffle nouveau pour relever les défis du XXIe siècle et demeurer efficace. Les délais dans le traitement des demandes sont souvent extravagants au point où cela ressemble, parfois, à un déni de communication de l'information.

Je voudrais que le premier ministre actuel lance un message clair à toutes les composantes de l'appareil gouvernemental : la culture de divulgation proactive des documents doit primer sur la culture du secret. Rien ne pourrait mieux servir la cause de l'accès à l'information qu'un engagement ferme de la part du gouvernement, des ministres et des sous-ministres en ce sens. J'ai déjà suggéré à madame le leader du gouvernement en cette enceinte, que la performance des ministères en matière d'accès à l'information fasse partie prenante des critères d'évaluation de gestion des sous- ministres. Si nous croyons qu'il est important que le Canada aide d'autres pays à devenir plus démocratiques, il est important que le Canada maintienne les outils dont il s'est doté lui-même pour protéger sa propre démocratie.

Chacun de nous doit avoir pour objectif de contribuer à marquer la chose publique afin que nos efforts fassent une différence, quel que soit l'endroit où nous nous trouvons et peu importe d'où nous venons. Je dis à la relève que servir comme parlementaire dans une chambre des législatures provinciales, au Parlement du Canada ou dans un hôtel de ville constitue une occasion privilégiée de faire cette différence.

Je siège au Sénat depuis maintenant six ans, et laissez-moi vous dire que je crois profondément au concept d’une Chambre haute. Il y a ici un potentiel qui n’est pas utilisé pleinement, et ce, pour plusieurs raisons. Je voudrais, comme plusieurs, qu’il y ait moins de partisanerie à la Chambre haute — et j’ai écouté avec beaucoup de plaisir l’approche préconisée par le sénateur St. Germain — mais je reconnais, si je suis réaliste, que, dans le contexte actuel, ce n’est pas vraiment possible lorsqu’on traite de législation. Par ailleurs, permettez-moi de souligner que notre Loi sur l’accès à l’information, adoptée sous un régime de gouvernement majoritaire, a été considérablement améliorée par les amendements suggérés par les partis de l’opposition. Ouverture et meilleure législation vont donc de pair, car aucun parti n’a le monopole de la vérité.

Cependant, c'est au niveau des comités du Sénat en particulier que le travail me semble particulièrement prometteur. Que ce soit le Comité des transports et des communications, présidé par mon collègue, le sénateur Dawson, qui a déposé un excellent rapport sur le Canada à l'ère numérique, que ce soit les autres comités, ou celui des affaires juridiques, présidé par madame le sénateur Fraser — et j'en passe parce qu'il y en a tellement —, je suis vraiment impressionné par la qualité des travaux qui s'y font. Les idées et les échanges qui y ont lieu sont de nature à faire avancer, de façon significative, le débat public au Canada.

J'aimerais également souligner le travail, que je trouve remarquable, de nos sénateurs francophones hors Québec, qui font chaque jour la promotion du bilinguisme au pays. Vous êtes tout simplement formidables. Quant à mes collègues sénateurs du Québec, je salue leur apport capital à la promotion des intérêts de leur province. J'ai œuvré avec plusieurs d'entre eux depuis 30 ans, avec les sénateurs Joyal, De Bané, Dawson, Massicotte, Hervieux- Payette et, aujourd'hui, avec le sénateur Fraser. Je vois également quelqu'un avec qui j'ai bien servi sous le gouvernement Trudeau, le sénateur Fairbairn. Je les salue tous avec beaucoup de plaisir. Ils ont été une source de motivation et d'inspiration, et je les en remercie. Ils vont me manquer profondément. Je note également la présence, ce qui me fait vraiment plaisir, venant de l'autre endroit, de M. Denis Coderre, qui est président du caucus du Québec du Parti libéral.

J’adresse mes félicitations aux leaders au Sénat, soit au sénateur Cowan, au sénateur Tardif et à notre whip, qui font un travail exceptionnel pour nous. J’adresse également mes hommages au sénateur LeBreton, que je connais depuis plusieurs années et pour qui j’ai énormément d’estime, et au sénateur Carignan, ancien maire de la plus grande municipalité de mon ancien comté. Je me dis parfois qu’il a peut-être voté pour moi dans sa jeunesse, quand j’étais député d’Argenteuil-Deux-Montagnes, mais je n’en suis pas sûr.

En quittant cet endroit, honorables sénateurs, je salue l'ensemble de mes collègues du Sénat des deux côtés de la Chambre.

Je vous souhaite du succès dans vos délibérations et j'espère que la partisanerie excessive cédera la place à l'ouverture d'esprit et à l'établissement de consensus qui permettront de parvenir à des solutions qui survivront aux divers gouvernements qui se succéderont.

Merci également à vous, Votre Honneur, pour qui j'ai beaucoup d'admiration pour la façon dont vous dirigez les travaux de cette Chambre. Merci au greffier, à son équipe, au personnel du Sénat. Je salue également notre service de sécurité, qui est toujours aussi souriant qu'efficace.

J'aimerais maintenant remercier ma propre équipe : M. Charles Dufour, qui est dans l'assistance aujourd'hui, mon conseiller principal, qui est avec moi depuis mon arrivée au Sénat, et Mme Arlene Taillefer, mon adjointe exécutive.

Je remercie chaleureusement ma famille, dont l'empathie et le soutien m'ont permis de réaliser mes rêves. Je remercie du fond du cœur mon épouse, Viviane, qui m'a appuyé constamment au cours des années, mais qui ne pouvait être ici aujourd'hui, ainsi que mes enfants, qui ont pu se déplacer : mon fils, John, dont je suis fier de dire qu'il est l'ancien vice-président de la Toronto Community Housing Development Corporation et l'actuel PDG de la société Batawa; mon unique fille, Julianna, que j'appelle toujours « ma fille préférée », qui est conseillère juridique pour Air Canada; mon fils, Daniel, comptable agréé, qui s'est présenté sous la bannière du Parti libéral lors des dernières élections fédérales, et qui a alors fait preuve de beaucoup de courage et de dignité. Je remercie également mes sœurs, Marie-Hélène et Elizabeth, tous mes amis, ainsi que ceux qui les accompagnent ici, aujourd'hui. Merci pour tout.

Grâce à vous, j'ai vécu une vie politique enrichissante et passionnante, mais je reconnais que, après autant d'années, il est temps de passer à autre chose, de regarder l'avenir sous un nouvel angle. Cet avenir, pour moi, c'est un retour à Montréal auprès de ma famille et un retour vers d'autres défis à l'extérieur de la sphère politique.

La véritable richesse de ce pays, ce sont ses citoyens. J'ai confiance que ceux qui nous succéderont seront inspirés par la même recherche du bien commun et qu'ils sauront relever les défis de leur temps avec brio. Ils fourniront ainsi à leurs concitoyens une vision et une direction qui continueront de faire de notre pays une société où continueront de triompher justice et prospérité.

Merci et longue vie au Québec et au Canada.

Déclarations récentes des sénateurs libéraux

Projet de loi sur le contrôle par les premières nations de leurs systèmes d'éducation

10 avr., 2014 | Par la sénatrice Lillian Eva Dyck | Honorables sénateurs, j'aimerais faire quelques observations au sujet de cette motion. Je l'appuie sans réserve. L'adoption d'une loi sur l'éducation des Premières Nations est très importante pour le bien-être des Premières Nations des quatre coins du Canada, et surtout pour les jeunes Autochtones.

L'écart entre les riches et les pauvres

10 avr., 2014 | Par le sénateur Céline Hervieux-Payette | Qu'entend faire le gouvernement pour tirer les enseignements de la crise financière, réduire les inégalités de la richesse et s'inspirer d'autres juridictions qui ont commencé à mettre la pédale douce sur des rémunérations qui n'ont rien à voir avec la productivité des gens qui reçoivent le salaire moyen d'un Canadien en une demi-journée?

La transmission télévisée des travaux du Sénat

10 avr., 2014 | Par le sénateur Grant Mitchell | Quelle est l'opinion du leader à ce sujet?

Un régime national d'assurance-médicaments

10 avr., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Cette recommandation a reçu l'appui unanime du Sénat; j'en déduis donc, sénateur, que vous serez tout à fait disposé à la faire valoir auprès du gouvernement.

Un régime national d'assurance-médicaments

10 avr., 2014 | Par le sénateur James Cowan | Ma question est donc la suivante : le gouvernement fera-t-il du programme national d'assurance-médicaments une priorité?
« 1 2 3 4 5  ... »