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L'honorable Francis Fox, C.P. — Hommages

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Déclaration faite le 30 novembre 2011 par le sénateur Dennis Dawson, le sénateur James Cowan, la sénatrice Claudette Tardif, le sénateur Wilfred Moore, la sénatrice Joan Fraser et la sénatrice Mobina Jaffer

L'honorable Dennis Dawson :

Honorables sénateurs, sur la même interpellation, et si jamais j'oublie de le mentionner, vous pouvez me le rappeler un peu plus tard.

Francis, ce n'est pas la première fois que je ne t'écoute pas. Francis ne voulait pas d'hommages alors peut-être qu'on va hésiter de parler en bien de lui, mais j'aimerais lui dire ceci : je te dis merci au nom des militants du Parti libéral au Québec et au Canada, et au nom des membres du caucus de ce côté-ci ainsi que des caucus passés.

J'ai eu le plaisir, pendant les années 1970, de servir à tes côtés dans un caucus de 74 députés du Québec, qui avait été réduit à 14. De plus, on avait écrit ceci :

Le Parti libéral est mort. Ce matin, ton ami, Ian Macdonald, a écrit dans le journal The Gazette que les rumeurs prédisant la fin du Parti libéral sont très exagérées. On a plusieurs fois annoncé notre mort auparavant, et pourtant, nous sommes encore bien vivants, et nous survivrons.

J'ai de la peine, honorables sénateurs, et je songe aussi au sénateur Carignan, mais je pense qu'on va probablement retourner dans ton comté, Francis, pour aider ton fils Daniel à se faire élire.

Lorsque je suis arrivé ici il y a 35 ans, en juin 1977, j’ai eu le plaisir d’avoir accès au réseau Fox. Francis était, parmi le « French Power », l’un des piliers du caucus québécois du Parti libéral. J’ai eu la chance d’avoir immédiatement accès à son réseau parce que sa presque belle-sœur, Marie-Hélène Fox, travaillait comme adjointe à mon bureau et que je connaissais son chef de cabinet, Claude, que je vois à la tribune. Ces deux personnes avaient énormément de contacts et m’ont aidé à cheminer rapidement dès mon arrivée.

Mon admiration pour Francis m'a aussi donné l'occasion d'apprendre à travailler. Il a toujours été pour moi une inspiration dans sa volonté de défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

Francis était un membre influent du « French Power », et on l’a longtemps dénigré. Cependant, je peux vous dire que les gens du Québec lui sont sûrement reconnaissants, car ce furent certainement les meilleures années consacrées à la défense des intérêts du Québec et à la défense de la langue française au Québec au cours des 50 dernières années. Malheureusement, je crois, Francis, que nous devrons revivre cette époque.

Tu as résumé ta vie à 20 ans sur la Colline du Parlement. Permets- moi de corriger cela un peu et de parler des années où tu n'étais pas ici. Soit entre 1984, année de la défaite du Parti libéral du Canada et surtout de la raclée qu'on avait reçue au Québec, et ton assermentation au Sénat. Tu avais pris presque seul la présidence du Parti libéral du Canada, section Québec. Tu avais tenu le fort et fait un effort pour que le Parti libéral ne meure pas, comme on l'avait prédit à quelques reprises, et pour qu'il survive jusqu'au retour au pouvoir en 1993.

Tu as aussi joué un rôle de pilier dans ce retour du pouvoir du Parti libéral en recréant parti dans la province de Québec.

En plus de ces 20 années, tu as contribué bénévolement à la Ville de Montréal, à Montréal International et à la Société du Havre de Montréal. Je pourrais envoyer le CV de Francis, mais ce serait un peu long. Sa contribution ne s’est pas limitée à ses 18 années ici. Lorsqu’il ne siégeait pas à la Chambre des communes ou au Sénat, mon ami, Francis Fox — et j’aime bien dire cela —, a été un pilier pour sa famille. Je vois d’ailleurs à la tribune ses trois enfants.

Je vais raconter une anecdote. J’ai une fille qui termine son droit. Elle avait rencontré Julianna lors de l’assermentation de Francis, car lui et moi avons été assermentés le même jour, au même endroit. Ma fille avait alors demandé à Julianna si elle aimait le droit. Julianna lui a fait un « pitch » sur la common law, le droit civil et bien d’autres choses. Ma fille va terminer son stage au cours des prochaines semaines. J’espère qu’elle aura une aussi belle carrière en droit. Julianna, merci de l’avoir encouragée.

Je veux remercier aussi Francis — j'ai dit ce qu'il avait fait pour le parti sur le plan national. J'étais là lorsque Francis faisait les batailles pour faire passer la Loi sur l'accès à l'information, parce que même à l'intérieur de notre gouvernement, des gens résistaient à ces concepts, ce qui pourrait paraître banal aujourd'hui, même en ce qui a trait à l'hymne national. Ne soyez pas surpris, cela ne s'est pas fait à l'unanimité, il y avait de l'opposition à ces débats à ce moment-là. Francis tenait tête à des collègues du Cabinet, aux membres de l'opposition d'alors et persistait. Cette réalisation, je ne dirais pas qu'il est têtu, parce que ce n'est pas gentil et on est ici pour lui rendre hommage, je pense que Francis la doit à sa persévérance. Il a toujours prouvé que de contribuer à l'œuvre publique est une reconnaissance en soi.

Francis, en mon nom, et au nom du caucus de ce côté-ci et des militants du Parti libéral du Canada au Québec et au Canada, je te remercie de ta contribution.


L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :

Honorables sénateurs, j'aimerais ajouter quelques mots à ce qui a déjà été dit dans le cadre de cette interpellation.

Pendant de nombreuses années, j'ai admiré le sénateur Fox de loin et j'ai suivi sa carrière avec intérêt. Je n'ai appris à le connaître véritablement que lorsqu'il est allé travailler pour le premier ministre Martin. Par la suite, nous nous sommes évidemment côtoyés dans cette enceinte. À mesure que j'ai appris à le connaître, mon admiration à son endroit n'a fait que croître, et je sais pertinemment que ses conseils sages et sa vaste expérience manqueront énormément à tous les sénateurs, en particulier à ceux qui font partie du caucus libéral.

Il est facile de dénigrer le Sénat et les sénateurs. On a le droit de le faire, mais ce sont des gens comme Francis Fox qui font honneur à des assemblées comme celle-ci. Il est difficile de trouver quelqu'un qui fasse autant honneur à l'institution du Parlement et à l'institution du Sénat que notre collègue, le sénateur Fox.

Le sénateur Carignan — tout comme le sénateur Fox lui-même, avec la modestie qu'on lui connaît — a fait ressortir un certain nombre d'événements importants de notre histoire parlementaire et législative qui porte la marque indélébile du sénateur Fox. Sa contribution continuera de se faire sentir bien après son départ de cette enceinte.

En effet, sa contribution à la vie publique canadienne est considérable et, pour reprendre ses paroles, il a réussi à améliorer les choses. Quand nous quitterons cette enceinte, que ce soit de notre propre chef ou parce que nous aurons atteint l'âge magique de la retraite, nous aurons de quoi être très fiers si, en jetant un coup d'œil sur notre carrière parlementaire, nous pouvons prétendre avoir apporté une contribution qui se rapproche un tant soit peu de celle du sénateur Fox.

Il ne sera plus présent au Sénat, mais il continuera d'être notre ami. Il s'en va à Montréal, ce qui n'est pas très loin. Lorsque, de ce côté-ci du Sénat, nous n'agirons peut-être pas conformément aux normes élevées fixées par le sénateur Fox ou que nous passerons à côté de la cible, il va sûrement se manifester. Nous comptons sur lui pour ce faire.

Francis, votre départ nous attriste. Nous comprenons les raisons légitimes pour lesquelles vous avez pris cette décision, et nous la respectons. Vous allez nous manquer, et nous allons continuer de chérir l'amitié que nous entretenons avec vous.


L'honorable Claudette Tardif (leader adjoint de l'opposition) :

Cher collègue, c'est avec beaucoup d'émotion et de tristesse que nous te disons au revoir aujourd'hui. Plusieurs ont souligné la longue et brillante carrière parlementaire que tu as eue. On a souligné la contribution extraordinaire que tu as faite aux citoyens du Canada, à notre pays, au Parti libéral, au Sénat et à notre caucus. En effet, le Sénat s'est enrichi de ton expérience, de ta sagesse, de ton savoir- faire. Déjà, très tôt dans ta carrière, tu as été identifié comme étant un homme de talent, un homme de haut calibre et un vrai gentleman.

Personnellement, je tiens à te remercier pour le soutien que tu m'as toujours accordé, pour ton appui à la dualité linguistique de notre pays et aux francophones en situation minoritaire.

Merci. Bonne retraite Francis, à toi et à ta famille.


L'honorable Wilfred P. Moore :

Honorables sénateurs, je joins ma voix à celle de tous mes collègues qui ont parlé aujourd'hui de notre ami, le sénateur Fox.

Le sénateur Carignan a souligné votre contribution à l'établissement de Téléfilm. C'est l'une des nombreuses réalisations que vous doivent les créateurs de notre société.

Vous avez fait un travail exemplaire pour faire reconnaître les écrivains, les acteurs, les artistes et des arts de la scène. C'est avec un immense plaisir que je vous emboîtais le pas quand vous preniez en main des questions touchant ce secteur de notre société, les créateurs. Francis, vous comprenez à merveille ces héros méconnus de notre collectivité, qui reçoivent rarement la reconnaissance et l'appui qu'ils méritent.

Je tiens à vous en remercier. Je vous souhaite, à vous et à votre famille, mes meilleurs vœux pour les années à venir.


L'honorable Joan Fraser :

Honorables sénateurs, il faudrait toute la journée pour présenter toutes les réalisations de Francis Fox. C'est avec une grande éloquence qu'on en a dressé aujourd'hui une longue liste.

Toutefois, je crois qu'une chose n'a pas encore été mentionnée. La vanité et l'arrogance sont les grands défauts des politiciens, particulièrement de ceux qui deviennent très célèbres et qui réalisent de grandes choses. Lorsqu'on est journaliste, comme ce fut le cas de certains d'entre nous auparavant, on est parfois directement confronté à la vanité et à l'arrogance des politiques.

Quand j'ai rencontré Francis Fox en tant que simple citoyenne, et non à titre de membre de la presse, j'ai constaté avec étonnement que cet homme était totalement dénué de ces vilains défauts. Dieu sait que le sénateur Fox aurait de nombreux motifs de se montrer orgueilleux à l'extrême et arrogant, mais il n'a pas ces traits de caractère. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles nous sommes si profondément reconnaissants d'avoir eu la chance de collaborer et de servir avec lui et de le connaître. On utilise en quelque sorte une formule toute faite quand on dit que ce fut un honneur et un privilège de travailler avec quelqu'un, mais c'est on ne peut plus vrai quand cette personne est Francis Fox.


L'honorable Mobina S. B. Jaffer :

J'aimerais dire quelques mots au sujet de Francis Fox. Les sénateurs l'ont connu à titre de parlementaire. Moi, je l'ai connu lorsqu'il ne l'était pas encore. Lorsque j'ai commencé à travailler pour Ted Rogers, Francis travaillait déjà pour lui. Il m'a prise sous son aile et m'a montré comment composer avec Ted Rogers, si faire se peut.

Je viens de Vancouver et Francis vient de Montréal, mais celui-ci n'a jamais tenu compte de cette différence ou de ce que je représentais. Il m'a considérée comme une personne aux prises avec certaines difficultés et il m'a tendu la main et m'a aidée. Voilà une des marques que Francis laisse en héritage. Merci, Francis.

Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire plusieurs hommages pour l'honorable Francis Fox, C.P.

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