Déclaration faite le 15 décembre 2011 par le sénateur Art Eggleton
L'honorable Art Eggleton :
Honorables sénateurs, les Canadiens consomment quotidiennement plus du double de la dose de sodium recommandée, soit environ 3 400 milligrammes. Les gens associent généralement le sodium au sel. Ce qui est alarmant, c'est que, en moyenne, déjà à un an les enfants consomment quotidiennement le double de la dose recommandée.
Selon les spécialistes de la santé, le principal problème ne tient pas au fait qu'on ajoute du sel à la cuisson, car le sel n'est pas nécessairement du sodium et le sodium n'est pas nécessairement du sel. Le problème est plutôt attribuable au sodium ajouté dans les aliments transformés et emballés, comme le pain, la soupe et la vinaigrette. Environ 80 p. 100 du sodium consommé par les Canadiens se trouve dans ces produits et d'autres aliments transformés.
Cela engendre des risques importants pour la santé et coûte cher à notre système de soins de santé. Il existe d'abondantes preuves scientifiques qu'un régime alimentaire à haute teneur en sodium peut être cause d'hypertension artérielle, et ce problème est un facteur de risque dans les maladies cardiovasculaires, les AVC et les maladies rénales. On a aussi des indices qu'un tel régime pourrait être un facteur de risque dans l'ostéoporose, le cancer de l'estomac et l'asthme.
Les recherches montrent également qu'une baisse de consommation de sodium d'environ 1 800 milligrammes par jour permettrait d'éviter annuellement plus de 20 000 incidents attribuables aux maladies cardiovasculaires et engendrerait des économies directes de 1,3 milliard de dollars par année en soins de santé.
Le gouvernement a eu raison de suivre les conseils des fonctionnaires de Santé Canada et d'établir un Groupe de travail sur le sodium en 2007, qui a présenté un important rapport l'an dernier. Le groupe a recommandé qu'on procède à une réduction volontaire et structurée des niveaux de sodium dans les aliments transformés, qui serait soumise à des contrôles et à des évaluations. Il a aussi réclamé d'importantes campagnes de sensibilisation et d'éducation à l'intention des consommateurs, de l'industrie et des professionnels de la santé, parce que, comme on pouvait le lire dans un récent rapport de Santé Canada, beaucoup de Canadiens ne savent pas comment faire pour diminuer leur consommation de sodium.
Malheureusement, honorables sénateurs, le gouvernement n'a pas donné suite au rapport et a dissous le groupe de travail. Il a dépensé 1 million de dollars pour avoir un rapport qui recueille la poussière sur une tablette. Nous avons aussi appris récemment que le gouvernement n'avait pas donné suite à un plan pour lutter contre ce problème, que ses propres représentants avaient négocié avec les provinces, et ce, à une époque où les provinces disent au gouvernement fédéral qu'il faut se concentrer davantage sur la prévention des maladies au Canada, ce que les provinces ne peuvent pas faire seules.
Honorables sénateurs, il faut régler ce problème maintenant. Les preuves sont indéniables. Les plans sont prêts. Tout ce qu'il manque, c'est un gouvernement disposé à faire preuve de leadership.