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Les avantages économiques de la pêche récréative au saumon de l'Atlantique—Interpellation

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Déclaration faite le 25 avril 2012 par la sénatrice Elizabeth Hubley

L'honorable Elizabeth Hubley :

Honorables sénateurs, je tiens d'abord à remercier notre ancien collègue, le sénateur Meighen, d'avoir attiré l'attention du Sénat sur les avantages économiques de la pêche récréative au saumon de l'Atlantique au Canada. L'une des dernières contributions du sénateur Meighen au Sénat fut de présenter un merveilleux aperçu de l'état de cette industrie, expliqué en détail dans un récent rapport de la Fédération du saumon Atlantique. Je remercie le sénateur Meighen d'avoir commencé cette interpellation, et je lui souhaite une bonne retraite.

Ce rapport de la Fédération du saumon Atlantique montre clairement les avantages économiques qu'une population de saumons saine peut apporter aux Canadiens, en particuliers ceux qui vivent sur la côte Est. Selon le rapport, la valeur économique du saumon sauvage de l'Atlantique est évaluée à 255 millions de dollars, et cette ressource apporte 150 millions de dollars au produit intérieur brut, ou PIB. L'équivalent d'environ 4 000 emplois à temps plein dépendent de cette ressource. En fait, le véritable nombre d'emplois est probablement beaucoup plus élevé, en raison de la nature saisonnière de cette industrie. La plus grande partie de la contribution de 150 millions de dollars au PIB, soit environ 128 millions de dollars, est directement liée à la pêche récréative.

Les résultats d'un sondage publiés récemment confirment de façon officielle ce que nous savons tous. Le poids démographique et l'activité économique du pays se déplacent vers les provinces de l'Ouest. Bien que cela représente un incroyable potentiel de croissance pour ces provinces, les possibilités économiques sont beaucoup plus limitées dans des régions comme le Canada atlantique, en particulier dans les régions rurales. C'est justement la région du pays qui profite le plus de l'industrie du saumon atlantique. Les 150 millions de dollars de contribution au PIB qui sont directement liés à cette industrie ne se concentrent pas dans nos villes, mais dans les régions rurales de ces provinces, des régions où les gens ont peu de perspectives d'emploi, sauf lorsqu'ils déménagent ailleurs au pays, avec leur famille.

Honorables sénateurs, c'est précisément la raison pour laquelle nous devons protéger cette industrie. La population de saumon sauvage de l'Atlantique est évaluée actuellement à moins de 20 p. 100 de ce qu'elle était historiquement. C'est une espèce que nous devons protéger par un règlement si nous voulons qu'elle survive et que l'industrie qui s'y rapporte prospère.

Il y a 10 ans seulement, la population de saumon sauvage de l'Atlantique, alors estimée à 418 000, a atteint son niveau le plus bas. Ce nombre peut sembler relativement élevé, mais en 1973, soit à peine quelques années plus tôt, le nombre de poissons de cette espèce était d'environ 1,8 million. En 2010, il était passé à 600 000.

Qu'avons-nous vu, au fil de ces fluctuations? Ces dernières années, alors que la population de saumon commençait à se rétablir un peu, le nombre de pêcheurs à la ligne a augmenté, et la valeur économique de l'espèce également. Entre 2005 et 2010, alors que le nombre de poissons commençait à croître, le nombre de pêcheurs à la ligne, dans le secteur de la pêche récréative, est passé de 41 000 à 58 000. Rappelez-vous que ces pêcheurs procurent un avantage économique direct précisément aux régions de la côte Est où les possibilités sont limitées et où la pêche récréative est ce qui contribue le plus à la valeur de cette industrie.

Cependant, même s'ils augmentent, les stocks de saumon ne sont pas encore florissants. Ils ne représentent encore qu'une fraction de ce qu'ils étaient jadis. Le gouvernement fédéral a la responsabilité d'assurer la protection et la conservation de cette ressource, surtout par l'intermédiaire du ministère des Pêches et des Océans, tant en raison de notre responsabilité morale à l'égard de l'environnement que par souci de maintenir le moyen de subsistance des régions qui dépendent de cette pêche.

Nous nous souvenons très bien d'exemples de mauvaise gestion des pêches qui ont entraîné des coûts pour nos collectivités, en particulier sur la côte Est. Nous devons veiller à ce que cela ne se reproduise pas. Comme l'indique le rapport de la Fédération du saumon Atlantique, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a recommandé que le saumon sauvage de l'Atlantique soit déclaré espèce en péril ou menacée dans de nombreuses régions de la côte atlantique.

Honorables sénateurs, si les stocks de saumon sauvage de l'Atlantique s'effondrent, nous perdrons une industrie qui rapporte des millions de dollars et soutient des zones rurales de la côte atlantique. La pêche récréative au saumon sauvage doit être gérée selon des données scientifiques afin d'assurer la survie de cette espèce. Le ministère des Pêches et des Océans a d'ailleurs établi une politique pour la conservation du saumon atlantique sauvage qui a pour but de rétablir et de maintenir en bon état de santé et de diversité les populations de saumon et leurs habitats, pour le bénéfice et le plaisir perpétuels des citoyens du Canada.

Pourtant, malgré le rôle crucial que joue cette industrie dans certaines des régions canadiennes les plus vulnérables sur le plan économique, les sommes que le ministère des Pêches et des Océans consacre au saumon atlantique ont diminué de 75 p. 100 depuis 1985. De plus, le budget de ce ministère, qui a déjà encore subi des coupes dans le budget de 2011, devrait, d'après les médias, subir d'autres réductions lors du prochain budget fédéral.

Dans son rapport, la Fédération du saumon Atlantique recommande d'augmenter de 15 millions de dollars par année le budget fédéral consacré au saumon atlantique sauvage. Ces fonds financeraient des programmes de conservation, de rétablissement des stocks et d'éducation. Grâce à cet investissement, le gouvernement fédéral pourrait véritablement contribuer à l'expansion de cette industrie. Selon le rapport, cet investissement procurerait un taux de rendement de 18 p. 100 environ, et ce, compte tenu seulement des dépenses des pêcheurs à la ligne, lesquelles augmenteraient en fonction de l'expansion de cette industrie — et il faudrait six ans pour atteindre le seuil d'équilibre, et c'est sans compter que le recours aux autres formes d'aide gouvernementale diminuerait, puisque cette industrie touche principalement des zones rurales où les possibilités d'emploi sont limitées.

Le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire du ministère des Pêches et des Océans, est le principal organisme qui possède le mandat, l'expertise et le pouvoir de protéger le saumon atlantique sauvage. Nous avons atteint un point critique. Les stocks de saumon atlantique sauvage ont commencé à se rétablir, mais ils sont encore menacés ou en péril dans plusieurs secteurs. Lorsque le nombre de saumons augmente, l'activité économique et les avantages connexes augmentent aussi.

Ce n'est pas le temps de diminuer davantage la contribution du gouvernement fédéral. C'est plutôt le moment d'investir davantage. Cette industrie a un bon potentiel de croissance, mais celui-ci ne pourra être exploité que si le gouvernement fédéral joue le rôle qui lui incombe. Des investissements supplémentaires sont nécessaires pour permettre à cette industrie de croître, appuyer nos collectivités rurales et protéger le saumon sauvage de l'Atlantique.

J'exhorte le gouvernement fédéral à appuyer cette importante activité du secteur des pêches et à la protéger pour les générations à venir.

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