Déclaration faite le 26 avril 2012 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, comme il se fait tard, je commencerai par une anecdote, divertissante avant de dire quelques mots à propos de mon interpellation puis de demander que le reste soit reporté à la semaine prochaine.
Je reviens encore à mon livre préféré sur l'humour décapant de Winston Churchill. J'aimerais vous raconter une anecdote. En 1900, alors qu'il venait tout juste d'être élu à la Chambre des communes, le jeune Winston Churchill s'est dit qu'une moustache pourrait ajouter une touche de dignité et de maturité à ses traits encore jeunes. Je suis tout à fait d'accord avec lui. Peu après, une femme s'est approchée de lui et lui a déclaré sans détour : « Deux choses me déplaisent chez vous, monsieur Churchill : votre orientation politique et votre moustache ». Il avait déjà la répartie facile à l'époque, puisqu'il lui a rétorqué : « Soyez tranquille, ma chère dame. Vous n'aurez sûrement aucun contact ni avec l'une, ni avec l'autre. »
Le sujet sur lequel j'aimerais maintenant attirer votre attention n'a rien d'humoristique, puisqu'il s'agit de la prévention des atrocités de masse. Je m'attarderai surtout sur la proposition du secrétaire national des Nations Unies, qui a recommandé que 2012 soit désignée l'année de la prévention des atrocités de masse. Nous avons appris aujourd'hui que Charles Taylor avait été reconnu coupable de crimes contre l'humanité commis pendant la guerre en Sierra Leone.
Dans l'interpellation que je ferai à la prochaine séance, je vous donnerai des précisions sur le rôle que le Canada, à mon avis, peut et devrait jouer pour prévenir les atrocités de masse et participer activement à leur prévention plutôt que de se contenter d'intervenir en cas de catastrophe. Nous pourrions alors assumer le rôle de leader, ce qui plairait à nos voisins du Sud. Ce n'est pas toujours de ce côté-là que je m'attends à voir du leadership ou un exemple dans ce domaine, mais on peut dire que le président Obama et son gouvernement ont réussi, ces derniers jours, à faire avancer considérablement quelques positions de principe bien mûries et certaines mesures qui mettront le gouvernement américain et ses institutions en bonne voie de pouvoir intervenir proactivement dans les événements catastrophiques qui se déroulent encore dans certains pays, par exemple au Darfour, en Syrie, où se déroule un conflit que nous connaissons bien, et au Congo, d'où je rentre.
Je vous demande, honorables sénateurs, la permission d'utiliser le temps de parole qu'il me reste à la prochaine séance.